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03 mai 2012 – Journée de la liberté de la presse: Au Mincom, comme au cirque

Mutations Publié par May 11th, 2012 et classé dans Actualités, Media, Société. Suivre toutes les réponses pour cet article par le flux RSS 2.0. Vous pouvez laisser une réponse via le formulaire ci-dessous ou par un trackback de cet article sur votre site

Tout ce qui brille n’est pas or, dit l’adage. Le faste apparent du 03 mai, au ministère de la Communication, n’aura finalement été que du bluff. Tapageuse à souhait, l’écurie de Issa Tchiroma se sera révélée peu efficace autour de cet événement phare de son département ministériel. La Journée mondiale de la liberté de la presse célébrée le 03 mai 2012 a donc vécu. Mais les tares qui ont entouré ses festivités, à Yaoundé, continuent d’alimenter les conversations de salon.

Il y a d’abord cette fameuse exposition photos sur l’histoire de la presse camerounaise d’avant l’indépendance jusqu’à nos jours. Vraiment pas de quoi s’attarder outre mesure. Les arguments visuels et archivistiques n’ont pas permis d’attirer un public nombreux et intéressé. Les sarcasmes s’échangeaient sous cape dans le hall d’exposition, avant même le tour du propriétaire. «C’est pauvre ! Il n’y a pas grand-chose à regarder, et ce qui est exposé est de très mauvaise qualité. Les archives de la tutelle de la communication sont apparemment négligées», lâche le rédacteur en chef d’un hebdomadaire de la place.

Il y a ensuite la plaquette de circonstance. Annoncée en grandes pompes, la dédicace de cette publication, qu’on souhaitait illustrée, n’a pas eu lieu. «Sa confection n’a pas abouti. Pourtant, à ma connaissance, tous les éléments rédactionnels et pécuniaires avaient été réunis», révèle une source interne. Placé sous la responsabilité d’un conseiller technique du Mincom, généralement présenté comme un «docteur en édition» (!), on est à ce jour sans nouvelles dudit document. Incompétence ou rapine?

Pour la mémoire, et en dehors de quelques articles de presse, l’édition 2012 de la Journée internationale de la liberté de la presse pourrait ne laisser aucune trace dans ce département. Ce qui serait étonnant, pour une maison de la… communication. Pourtant, tout à côté, des ministères comme la Défense ou les Affaires sociales, par exemple, consignent la mémoire de leurs événements à travers la production de dossiers de presse ou des plaquettes.

Il y a enfin la soirée de gala dînatoire au palais des Congrès de Yaoundé, où les rangs étaient clairsemés. «Même les journalistes du Hilton, qu’on sait envahissants en pareille circonstance, étaient aussi rares qu’une larme de chien», ironise un confrère. Mets et vins ont désespérément attendu preneurs, bien que les commensaux dans la salle n’aient pas semblé bouder les plaisirs de table. Là aussi, l’on indexe le fameux «docteur en édition» qui, aux dires d’une collaboratrice, a laissé sa pingrerie légendaire prendre le dessus sur la solennité requise en pareille circonstance. «Docta» a ainsi cru devoir conserver, dans son bureau, une grande partie des billets destinés aux invités. A quel dessein?

Sabitou

Tout ceci serait-il symptomatique du climat malsain qui, de source introduite, s’est aggravé au ministère de la Communication depuis l’arrivée de Issa Tchiroma Bakary à la tête de ce département ? Ceux qui s’étaient en effet trop tôt réjouis, au Mincom, du départ de Jean Pierre Biyiti bi Essam, en 2009, ont pour la plupart aujourd’hui déchanté. Certains autres, comme des caméléons, ont retourné la veste pour leur survie. Cette catégorie est surtout constituée d’enseignants du secondaire et du supérieur, échoués au Mincom par les miracles de l’administration publique et qui sont passés maîtres dans les salamalecs. «Mais la grande masse, constituée de journalistes notamment, subit le zèle des favoris de l’écurie, qui se font passer pour des «sabitous». Ils se mêlent de tout, avec l’aval du «yerima Issa», témoigne discrètement un chef de service.

«Un haut responsable de niveau doctoral qui joue, sans gêne, les impresario lors d’une cérémonie officielle. Une dame de rang directorial qui joue, sans pudeur, la petite hôtesse aguicheuse. Un secrétaire particulier qui bouscule les frontières de ses obligations, limitées aux seules affaires réservées du ministre, pour marcher sur les plates-bandes de hauts responsables. Un directeur de niveau central que le ministre jette en pâture au profit d’une employée subalterne insolente. Tout cela est devenu banal, an ministère de la Communication à l’ère de Tchiroma», renchérit un collègue. Les prétentions des larbins de service ciblent déjà les postes de responsabilité n’ayant aucun lien avec leur profil de formation.

Dans ses projets de nominations éventrés par la presse en avril dernier, et dans une maison où fourmillent des journalistes principaux pour une bonne brochette, M. Tchiroma a pressenti une conseillère d’orientation, qu’on dit très proche, au poste très technique de directeur de la communication publique et de la promotion de l’action gouvernementale. Pas moins ! Poste jusque-là occupé par un journaliste principal de classe exceptionnelle. «Si monsieur Tchiroma veut dératiser la profession de journaliste, comme il le clame à qui veut l’entendre, qu’il commence par nettoyer son écurie et sa manière de la gérer, qui est aux antipodes de l’orthodoxie administrative en vigueur à la fonction publique», assène un personnel courroucé.

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