Après l’incendie de son domicile, le vice-doyen de faculté de sciences juridiques et politiques de l’université de Douala s’interroge sur les mobiles de cet acte criminel.[...] Des inconnus dont j’ignore le nombre, avaient au préalable fait le tour de la maison et aspergé de l’essence dans les chambres. C’est en le faisant qu’ils ont réveillé mon garçon. Ils ne voulaient pas faire de bruit. Ils ont simplement été surpris par le réveil de mon fils et certainement par le mien.
Rappelez-nous les circonstances dans lesquelles votre maison a été incendiée ?
Il est environ 2h du matin dans la nuit de samedi à dimanche 4 janvier 2009. Je suis réveillé par des bruits qui viennent de la véranda. J’ouvre les vitres pour voir s’il y a quelqu’un dehors. Rien. Je vais au salon et là trouve l’un de mes enfants qui me dit que la maison est encerclée par des bandits. Je rentre dans ma chambre je prends mon téléphone et une machette. J’appelle un contact utile, un deuxième. A ce moment précis le feu se déclenche. Toute la maison est en flamme. Nous étouffons. Des inconnus dont j’ignore le nombre, avaient au préalable fait le tour de la maison et aspergé de l’essence dans les chambres. C’est en le faisant qu’ils ont réveillé mon garçon. Ils ne voulaient pas faire de bruit. Ils ont simplement été surpris par le réveil de mon fils et certainement par le mien. Quand mon fils s’est levé, ils lui ont braqué la lumière d’une torche dans les yeux. Et lui ont dit de leur donner son téléphone portable et tout ce qu’il avait.
On peut donc penser à un cambriolage…
Manifestement ce ne sont pas ces objets qu’ils cherchaient. Ils auraient demandé à voir le maitre des lieux, ou se seraient glissés dans la maison. Leur coup était prémédité. On ne cambriole pas une maison avec des bidons d’essence. Ces gens en voulaient à ma vie et à celle de ma famille. La maison était complément en flamme et c’est dans un sursaut que j’ai pu ouvrir la porte arrière pour faire sortir ma famille. Les flammes s’élevaient à une grande hauteur et ont réveillé tout le quartier. Les voisins ont accouru pour nous aider à éteindre le feu avec du sable et de l’eau. Mais, rien n’y a fait. Les sapeurs pompiers sont arrivés peu de temps après. Mais on n’a rien pu sauver.
Ce n’est pas la première fois que vous êtes victime d’agression, qui en veut donc à votre vie à ce point ?
Si je le savais, j’aurais pris des dispositions. Le 29 août 2008, je n’étais pas là. Je me trouvais dans mon village. Ils ont violenté mes enfants et ont pris mon ordinateur portable et de nombreux objets de valeurs. J’ai du emmener certains de mes enfants à l’hôpital. Je ne peux pas savoir qui en veut à ma vie. Je n’ai jamais reçu des menaces de mort. Je suis en bons termes avec tout le monde, dans mon quartier, au campus, dans ma vie je ne compte que des amis. Je laisse le soin aux forces de l’ordre de faire des investigations et de trouver.
Dans quel état d’esprit êtes-vous ? Est-ce que vous avec peur désormais ?
Oui bien sûr. Quand on sort d’une horreur comme celle-là, on ne peut qu’avoir peur. Si ce n’est pas pour soi, tout au moins pour sa progéniture. On a aussi peur pour le corps enseignant. Nous avons eu des collègues qui ont déjà été assassinés. Est-ce qu’on en veut à l’enseignant ou la personne d’Albert Mandjack ? J’ai déposé plainte. Je fais confiance à la justice et aux forces de l’ordre de mon pays. En ce moment je dors à la belle étoile avec mes enfants. Nous avons tout perdu. De temps en temps, nous nous abritons sur une véranda chez des voisins. Ma famille ne se remettra pas de si tôt de ce traumatisme. Je cherche une maison.
© Quotidien Le Jour : Propos receuillis par Patient Ebwele











