Beaucoup de solennités, jeudi 18 mars 2010, à la salle des banquets des services du gouverneur de la région du Littoral. Des drapeaux de la Suisse, de la Norvège et de la Principauté de Monaco flottent au vent. Trois colonnes de tapis rouge pour embellir le décor. Pas de commodités de la conversation. Tout le monde est debout. C’est que la cérémonie de remise de exequatur aux Consuls honoraires de Suisse, Erwin Ehrsam, de la Norvège, Christophe Pujalte et de la Principauté de Monaco, André Siaka, s’est déroulée dans la pure tradition de exigences diplomatiques. Maxwell Jing, ministre plénipotentiaire, chef d’antenne protocolaire et consulaire, veillait au grain. L’officiant principal est le gouverneur de la région du Littoral, Francis Faï Yengo représentant du chef de l’Etat.
C’est du moins ce qui transpire de l’éclairage du diplomate Mebouogue Donancure de l’antenne du ministère des Relations extérieures (MINREX) à Douala, qui par ailleurs, définit les contours sémantiques de l’exequatur. Pour le diplomate, l’exequatur est «l’équivalent des lettres de créances chez les ambassadeurs. C’est un document signé par le chef de l’Etat résident et délivré à un consul afin de lui permettre d’exercer officiellement ses missions dans sa juridiction de compétence. La remise de ce document se fait par le gouverneur des régions au nom du chef de l’Etat. A l’issue de cette cérémonie, le consul honoraire est présenté aux autorités locales afin de lui permettre d’exercer ses fonctions», a-t-il indiqué.
Dans cette optique, les trois consuls honoraires n’ont pas le même espace de compétence juridictionnelle. Ceux de la Suisse et de la Norvège couvrent trois régions à savoir le Littoral, le Sud-Ouest et le Nord-Ouest. Seul André Siaka a une compétence juridictionnelle qui s’étend sur l’ensemble du triangle national. De ce fait, pour beaucoup, le Consul honoraire de la principauté de Monaco au Cameroun devrait être sollicité par bon nombre de candidats à l’émigration, dans le cadre des visas à délivrer. Que non ! André Siaka précise que «la principauté de Monaco a signé des accords avec la France. Tout ce qui a trait aux questions d’émigration est traité par l’Ambassade de France ou le consulat de France à Douala».
Sur les missions qui attendent l’actuel directeur général de la Société anonyme des brasseries du Cameroun (SABC), par ailleurs Consul honoraire, l’on convoque la convention de Viennes de 1961 dans son chapitre consacré aux relations consulaires. Ainsi, le consul honoraire a pour mission « de protéger et de défendre les intérêts des ressortissants de l’Etat d’envoi (principauté de Monaco) dans l’Etat d’accueil (Cameroun). En outre, il défend les intérêts économique et commercial de l’Etat d’envoi dans le pays d’accueil. D’autres missions peuvent lui être confiées». Sans surprise, Francis Faï Yengo a prescrit à André Siaka d’œuvrer sans relâche pour «le renforcement des relations d’amitié entre la principauté de Monaco et le Cameroun».
Une prescription qui n’est point tombée dans les oreilles de sourd puisque l’intéressé a une idée précise des chantiers qui l’attendent dans sa nouvelle fonction. «Nous devons mettre en mouvement des actions qui permettent de développer la collaboration dans divers domaines tels que l’environnement, la santé, les échanges commerciaux, le social avec des aides aux couches de la population dite défavorisées». Autant dire que monsieur le Consul honoraire André Siaka, puisqu’il faut désormais l’appeler ainsi, aura du grain à moudre.
Par Alain NJIPOU | Le Messager











