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France - Cameroun: Brice Hortefeux dit non à l’expulsion d’une Camerounaise

Victorine Dikobo est une jeune fille originaire du Cameroun. Elle avait un titre de séjour comme mère d’un enfant français qu’elle a perdu après le décès de son bébé quelques mois après sa naissance. La préfecture des Hauts de Seine, le fief des Sarkozy, a décidé d’expulser cette Camerounaise. Son cas a ému la France et suscité une grande mobilisation. Ce matin, Brice Hortefeux a dû s’expliquer devant la presse et renoncé à cette décision ignoble.

Le ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire, a confirmé ce matin que la jeune Camerounaise Victorine Dikobo, menacée d’expulsion après la mort de son enfant français, ne serait finalement pas expulsée. Pour justifier ce volte-face, le chef des expulsions explique qu’”il n’y avait pas d’éléments nouveaux” dans ce dossier. “J’ai décidé de confirmer l’autorisation de séjour de l’intéressée”, affirme Hortefeux.

Victorine Dikobo est arrivée en France en 2001. Le Ministère de l’Immigration précise qu’elle est entrée sur le sol français “sans visa”. Elle tombe enceinte et accouche le 31 janvier 2004 du petit Victor, dont le père est de nationalité française , ce qui permet à la mère de régulariser sa situation. L’enfant décèdera quelques mois seulement après sa naissance.

Le titre de séjour comme mère d’un enfant français a été retiré par la préfecture et Victorine a reçu un ordre de quitter le territoire français. “J’ai la haine, c’est tellement injuste et inhumain”, déplore la jeune Africaine sur RTL.

Victorine travaille et paie ses impôts comme tout les citoyens de bonne moralité. Son cas choque les militants du Réseau Education Sans Frontières.

“Le cas de Victorine Dikobo est intolérable, monstrueux, une fois de plus la politique d’immigration créé un drame”, s’est indigné Richard Moyon, de RESF.

Pas un cas exceptionnel

Le cas de Victorine Dikobo est loin d’être une exception. Que dire du cas d’Elisabeth Guerin, une jeune Béninoise de 38 ans, entrée légalement en France le 16 octobre 2005 pour se marier, et qui menait depuis deux ans une vie heureuse et tranquille. Le 3 octobre 2007, Claude, son conjoint français, meurt d’un cancer. Le second choc survient à peine un mois plus tard, avec l’envoi par la préfecture d’un courrier qui lui refuse le renouvellement de sa carte de séjour et lui donne un mois pour quitter la France.

“Nous nous connaissions depuis des années, avec Claude. Il venait très souvent au Bénin, et puis un jour il m’a demandée en mariage. Amoureuse, j’ai abandonné les deux salons de coiffure que j’avais, pour faire ma vie avec lui ici”, raconte Elisabeth, qui ne comprend toujours pas l’enchaînement des malheurs qui l’accablent.

C’est en toute confiance qu’en septembre 2007 Mme Guerin, titulaire d’un titre de séjour temporaire, car elle n’avait pas encore trois ans de mariage, commence les démarches nécessaires pour le renouvellement de sa carte.

“Claude était alors encore vivant. Mais j’ai dit à la préfecture que, malade, il ne pouvait plus se déplacer pour signer le dossier. Et après son décès, je suis allée les en informer. Je suis une femme honnête”, explique-t-elle. A toutes ses raisons d’être traumatisée s’en est ajoutée une autre : une brève interpellation.

Mardi 1er avril, Elisabeth Guerin a été interpellée à son domicile et conduite en centre de rétention à Tours. Jeudi, le juge des libertés et de la détention (JLD) l’a libérée en l’assignant à résidence et en lui ordonnant de se présenter chaque jour à la gendarmerie de sa commune. “Je n’ai plus désormais le droit de travailler, s’inquiète-t-elle, salariée d’une entreprise d’aide à la personne.

Le tribunal administratif ayant rejeté le 6 mars le recours qu’elle avait déposé contre la décision du préfet, Elisabeth Guerin attend le jugement de la cour d’appel, qu’elle a saisi. Mais depuis, elle vit cette attente avec d’autant plus d’angoisse. “Elle est très insérée dans la commune, elle travaille, a un appartement, des amis”, insiste Reine Gasque, une voisine, directrice d’une des écoles maternelles de la commune où s’est constitué un collectif de soutien. “Voilà à quoi conduit la précarisation du séjour ! On n’a pas arrêté de repousser le moment où les conjoints de Français peuvent avoir une carte de résident”, dénonce Nicolas Ferran du mouvement Les Amoureux au banc public, qui défend le droit à une vie normale pour les couples mixtes. Depuis la loi de 2006, les conjoints de Français doivent attendre trois ans pour faire la demande d’une carte de résident. Avant cela, un titre de séjour temporaire leur est délivré de plein droit, mais “à condition que la communauté de vie n’ait pas cessé”.

Le titre est de la rédaction de Camer.be

© Continentalnews.fr,

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