Le Commissaire Ngollè et sept policiers se sont introduits par effraction, lundi dernier, au domicile de l’ex-Minefi, en l’absence de la maîtresse des lieux.
En l’absence de Mme Abah Abah, sept policiers ayant à leur tête le commissaire Ngollè, “se sont introduits par effraction”, ce lundi 1er mars 2010, au domicile de l’ex-Minefi sis au quartier Odza à Yaoundé. La perquisition devait être menée dans le cadre d’une commission rogatoire créée par le juge David Donhou, en charge de l’instruction dans l’affaire ministère public contre Lydienne Yen Eyoum, Henri Engoulou, Abah Abah Polycarpe et autres.
“Une fois constatée l’absence de la maîtresse des lieux”, explique Me Nouga, membre du collectif pour la défense de l’ex-Minefi, les enquêteurs de la police judiciaire auraient, “au lieu de rebrousser chemin, entrepris de menacer les personnes chargées d’assurer la garde des lieux et qui entendaient s’interposer”.
Les policiers auraient par la suite, rapporte l’avocat, forcé l’entrée sous la menace de leurs armes. Une fois dans l’enceinte de la concession, ils se sont installés dans un boukarou et exigé du personnel de maison la présentation de leurs pièces d’identité et les informations contenues relevées. Dans l’impossibilité d’accéder à l’intérieur de la maison, la police entreprendra de faire le tour de la concession et aurait, rapporte le même avocat, contraint un membre de la famille à dévoiler le numéro de téléphone de Mme Abah. Cette dernière, qui ne se trouvait pas en ville, aurait immédiatement été jointe au téléphone.
Interrogé sur le sens à donner à cette autre perquisition, l’avocat de l’ex-Minefi croit savoir que la démarche vise à “recenser l’ensemble des biens meubles et immeubles appartenant à Polycarpe Abah Abah.” D’autant que, tient-il à rappeler, la perquisition de lundi dernier se situe dans la mouvance de celle effectuée, début février 2010, au sein des “tours jumelles” de Douala et dont on a tôt fait d’attribuer, sans preuve, la propriété à l’ex-ministre. Et c’est avec stupéfaction que la véritable propriétaire des immeubles en question verra débarquer la meute des policiers venus perquisitionner.
Commentant la perquisition de ce lundi 1er mars 2010 au domicile de Abah Abah, Me Nko’o, un autre avocat, membre du collectif, parle d’un “braquage qui ne dit pas son nom.
Aucun mandat de perquisition, poursuit-il, n’a été présenté par les enquêteurs de la Pj. Pas plus que nous n’avons été informés de l’objet même de ladite commission rogatoire. Nous comptons porter plainte contre ce que nous considérons comme un abus de fonction, assorti d’une violation de domicile et de menaces simples”. Renvoyé devant le Tgi du Mfoundi le 02 février 2010 dernier pour répondre du détournement de 4,9 milliards Fcfa dans l’affaire Ministère public et Crédit foncier du Cameroun contre Polycarpe Abah Abah et autres, l’ex-Minefi est écroué à la prison centrale de Kondengui voici bientôt 24 mois. Une autre inculpation lui a été notifiée le 21 janvier 2010 par le juge d’instruction David Donhou, dans le cadre d’une nouvelle affaire, objet de la perquisition de lundi dernier.
Justin Blaise Akono. Mutations











