En réponse à ceux qui doutent des chances de l’Afrique, oui elle gagnera cette coupe du monde. Elle l’a même déjà gagné. Nous africains sommes fiers de ce que l’Afrique du Sud, voir l’Afrique tout entière est entrain d’accomplir pour le succès de l’événement le plus médiatisé au monde. Voir Nelson Mandela, une des figures emblématiques de son temps, dans ce stade à l’ouverture du Mondial est une victoire pour l’Afrique et pour le football Mondial. Cette édition 2010 de la Coupe du monde de la FIFA qui se déroule pour la première fois sur le continent africain, comprendtous les précédents vainqueurs de la Coupe du monde.
L’Afrique peut-elle gagner le Mondial ?
Poser cette question comme le font nos confrères de sport24 pourrait, à première vue, laisser planer un doute sur la possibilité que l’Afrique gagne cette coupe du Monde. Pourtant quand on voit la composition de certaines équipes comme la France avec sept africains, à savoir Steve Mandanda (RD Congo), Djibril Cissé et Abou Diaby (Côte d’Ivoire), Alou Diarra (Mali), Sidney Govou (Bénin), Patrice Evra et Bacary Sagna (Sénégal), on peut se demander de quelle Afrique parle-t-on. Ainsi dans la question de sport24, s’agit-il d’une équipe Africaine, d’un pays africain ou d’une équipe composé de joueurs africains.
Il faut reconnaître que cette question est tout à fait légitime et devrait nous diriger plutôt vers les embûches que pourraient rencontrer les équipes africaines.
Depuis la création de la Coupe du Monde en 1930, jusqu’en 2002, elle se jouait et s’alternait entre deux continents. Le trophée suivait la même logique. Soit entre l’Europe et l’Amérique.
C’est ainsi que dans presque tous les cas, sauf lors de l’édition de 1958, organisée par la Suède et remportée par la Brésil, le trophée avait toujours été conservé par le continent qui l’organisait. Qui plus est, il était rare que le pays organisateur sorte avant les ¼. À l’époque il était donc légitime d’entendre dire que l’Europe ou l’Amérique a gagné. Cette rivalité sans merci observée lors de la finale de 1986 au Mexique où l’Argentine affrontait l’Allemagne en finale remportée par l’Argentine et quatre ans après, celle de 1990 en Italie où l’Argentine affrontait l’Allemagne, remportée par l’Allemagne sont des finales écoles de la démonstration de ce combat souterrain.
Ce n’est que vraiment au cours du Mondial asiatique de 2002 que cette loi, non écrite, d’alternance intercontinentale va tomber. Aucun pays asiatique, même les deux co-organisateurs, à savoir Japon et Corée de Sud, n’ayant pu attendre la finale. Le Brésil remporte alors son titre des temps modernes hors d’Amérique.
Les équipes africaines victimes souvent d’un arbitrage douteux
Les équipes Africaines, plus souvent qu’autrement doivent se battre contre un 12ème joueur. Il faut dire que certaines décisions arbitrales, parfois unidirectionnelles, n’ont pas toujours été en faveurs des équipes Africaines. On se souvient du célèbre match Cameroun Argentine du premier tour en 1990, au cours duquel le temps additionnel de la 2ème mi temps avait frôlé les 10 minutes, loin des 5 minutes initialement indiquées. Tout cela alors que le Cameroun menait et a fini par battre l’Argentine un but à zéro bien que jouant neuf contre 11 joueurs pour l’Argentine de Maradona. Un record de temps additionnel venait d’être battu. Un certain Cameroun Angleterre en quart de finale reste aussi gravé dans les annales du football.
Certains cas d’arbitrages douteux et punitifs en défaveurs des équipes du continent noir sont légions. Lors du dernier Mondial en Allemagne, l’attribution de certains cartons était très controversée et discutable. Notamment le carton qui prive Michael Essien d’un huitième de finale contre le Brésil ou encore ces coups francs en défaveurs de la Côte d’Ivoire qui affronte l’Argentine et la Hollande. Est-ce une conspiration ou une mauvaise appréciation du style de jeu des africains?
Difficile de démontrer sans reprise vidéo. Seule une recherche basée sur une étude scientifique sur le comportement des arbitres pourrait nous approcher de la vérité. Toujours est-il que pour les fans, il y aurait conspiration pour éliminer l’Afrique qui, selon certains, ne drainerait pas avec elle de gros commanditaires ou des supporteurs qui sont aujourd’hui la raison d’être d’un football orienté business. Mais voilà que l’édition 2010 se joue en Afrique.
Une autre approche voudrait que les arbitres très souvent tombent facilement dans le piège des adversaires des équipes africaines. En effet, il est rare qu’un joueur africain triche quand il joue. Il ne se roule pas par terre quand il tombe, ne crie pas de douleur, n’enlève pas ses godasses sur le terrain. Bref il ne tue pas le match. Au contraire il se donne à fond. Et rare sont les fois qu’il va se tordre de douleur. Aussitôt tombé, aussitôt debout. Ce qui fait croire qu’ils sont les plus susceptibles de causer des fautes par leur jeu dur.
D’entrée de jeu, on les traites de joueurs physiques. D’ailleurs cela ne surprend personne, car dans les championnats où ils évoluent en Europe, les entraîneurs ont toujours tendance à les reculer pour faire d’eux des défenseurs, ou des milieux de terrain plus défensifs qu’offensifs. Vous pouvez être un bon attaquant, mais finir défenseur dans certains championnats européens.
On ne peut ne pas parler également des prédictions. Avant chaque Mondial, les faiseurs des finalistes imposent au monde entier les deux équipes idéales pour la finale. C’est ainsi que pour ce Mondial en terre Africaine, ces marabouts du football voient très bien une finale Brésil Espagne. Derrière cette finale idéale supposée se cacheraient le marketing de la coupe du Monde, n’oublions pas que le football est un gros business. On pourrait même se demander si cette prédiction ne complique pas la tâche des arbitres?
Derrière cette prédiction se cache également cette guerre souterraine et très féroce que se livrent les équipementiers, notamment Adidas et Nike. Selon notre confrère Le Figaro, cette confrontation qui dure maintenant depuis une quinzaine d’années devient, à chaque Coupe du Monde, un peu plus serrée. « Ce qui est en jeu ? Rien de moins que le titre de premier équipementier mondial du foot, sur un marché estimé à 8,4 milliards d’euros ». Peut-on lire dans un article paru dans Le Figaro en ligne de cette semaine. Difficile de dire jusqu’à quel point cette lutte peut influencer l’arbitrage.
De plus, il y a encore et surtout, et il ne faut pas se le cacher, cette guerre de suprématie du football entre l’Europe et l’Amérique Latine actualisée dans ce mondial par le souhait d’une finale Brésil Espagne. Ce qui pousse ces manitous, dans leur analyse, à ne pas voir comment une équipe Africaine pourrait soulever le trophée. Qui plus est, on entendait déjà certains pays Européens souhaiter aller le plus loin possible dans la compétition, question de booster leur économie. Pour eux, voir un pays Africain en finale serait une surprise.
Ainsi donc, ce mondial, quoi qu’on dise, doit être une occasion d’être fier de ce qu’on est. De ce qu’on peut faire et une occasion pour montrer au monde entier où nous allons. Un évènement comme la coupe du monde est un tremplin. Et l’Afrique a saisi pour afficher le « oui nous sommes prêts ».
Bonne coupe du Monde frères et sœurs et bonne chance aux équipes africaines et surtout à celle qui vous tient particulièrement à cœur.
Je ne saurai terminer sans dire merci à Mandela pour ces temps de joie, de bonheur et de fierté qu’il procure à tout un continent. Il est un guide. Disons merci à la nouvelle Afrique.
© www.icicemac.com : Martin Stéphane Fongang











