Le principal témoin à charge est attendu pour plus d’éclairage au collège des juges dirigé par Mme Nomo Zanga.
La 7e audience du procès Etat du Cameroun contre Urbain Olanguena Awono et ses coaccusés, se tient ce 28 juillet 2010 au tribunal de grande instance du Mfoundi (Tgi) à Yaoundé. A l’occasion, le principal témoin à charge, Gilbert Bayoï est très attendu aussi bien par le collège que dirige Mme Marie Nomo Zanga que les accusés face à qui il a été confronté le 23 juin 2010. Pour cette deuxième comparution consécutive donc, il répondra une fois de plus aux questions des avocats de l’ancien ministre de la Santé publique.
Le 23 juin dernier déjà , le chef de la mission du Contrôle supérieur de l’Etat dont le rapport accusateur est à l’origine des poursuites judiciaires a été confronté à l’interrogatoire des avocats de la défense. A l’occasion, M. Bayoï avait usé d’esquives pour ne pas donner de véritable réponse aux différentes questions posées. Sans argument, l’orateur trahissait l’absence de preuves. Tant son principal développement aura été de ne rien savoir du tout. Ce qui a fait conclure pour plus d’un observateur, à la faiblesse de toute l’accusation. Surtout que pour ce témoin qui ne sait rien, il n’a surtout pas vu les documents produits au tribunal.
Les débats ouverts le mois dernier ont tourné autour du détournement de 260 millions de Fcfa dans le cadre de la convention avec l’Agence camerounaise de marketing social (Acms), l’utilisation des fonds alloués à la lutte contre le Sida pour le financement de la production d’un ouvrage personnel: «Sida en terre d’Afrique, l’Audace des ruptures». Il est en outre reproché à l’ancien Minsanté, dans ce chapitre, le non-respect de la procédure de passation de marchés publics dans le cadre de subventions accordées aux Ong pour la lutte contre le paludisme, le paiement sans livraison de moustiquaires imprégnées à la société Vision Sarl pour un montant de 80 millions de Fcfa.
Ce 28 juillet, au moment où la parole reviendra au principal accusé Urbain Olanguena Awono, il poursuivra son interrogatoire commencé le mois dernier. L’échange promet, ce d’autant plus que le témoin à charge a reconnu lui-même au cours d’une précédente audience que l’ex-ministre de la Santé publique, alors inspecteur d’Etat, est le «parrain qui lui a mis le pied à l’écrier en tant que jeune auditeur stagiaire».
Les conseils de Urbain Olanguena soutiennent de toutes les façons qu’il «s’agit d’une étape décisive de ce procès dans la mesure où les questions à poser au témoin vont se focaliser sur les chefs d’accusation retenus dans le réquisitoire définitif du procureur de la République. C’est pour cela qu’il est important, poursuivent-ils, que le collège des juges joue le jeu de la loi en respectant les droits de la défense». L’audience de ce mercredi s’annonce donc comme un moment capital de clarification avec le point de presse qui suivra, pour les accusés incarcérés à la prison centrale de Yaoundé depuis 27 mois.
Léger Ntiga. Mutations











