Ces travailleurs s’illustrent au quotidien dans la métropole économique par des comportements très souvent guidés par l’instinct grégaire.
C’est désormais une activité bien connue dans la capitale économique, comme dans bien d’autres villes du pays. Et c’est un parcours du combattant pour les uns et les autres. Une prédisposition qui entraîne des regroupements sporadique, et même permanents dans certaines zones de la capitale économique. Mais loin d’être des regroupements de loisirs, explique Emmanuel Djeufack, conducteur de moto dans l’arrondissement de Douala Ier, «ces points d’attroupements sont des lieux d’échanges sur les difficultés rencontrées au quotidien». Ses collègues et lui se retrouvent souvent en groupes, toutes activités cessantes, au niveau de certains carrefours de la ville.
En saison sèche, le travail semble mieux organisé et les travailleurs sont plus mobiles. «Même s’il faut dire que le stationnement, à un lieu précis, est parfois obligatoire. Dans la mesure où, tout dépend des heures de pointe. Nous nous retrouvons à des endroits précis, à des heures précises. Vous observerez plus d’affluence dans les carrefours entre 10 heures et 15 heures. La saison des pluies est particulièrement difficile à vivre pour nous», affirme Emile Monkam, un autre conducteur de moto taxi.
Un tour de ville permet de les rencontrer agglutinés devant les kiosques à journaux, se laissant à toutes sortes de commentaires sur les titres de la presse. Akwa, Ndokoti, Rond point Deido, Maképè, les stations services et même au niveau de certains (Central, Mboppi,) sont quelques unes de ces zones recensées. La curiosité, les défis, paris, et accidents contribuent à les regrouper davantage. «Tout conducteur de moto qui fait le transport à Douala, est tout de suite emporté par l’élan de curiosité qui nous anime. Au moindre regroupement, on s’arrête pour observer ce qui se passe. Et devant les kiosques à journaux, ce sont les unes qui nous attirent le plus souvent. Car, c’est à partir de ces titres là que nous entamons les discussions», précise Richard Kamdem, conducteur de moto rencontré au niveau du lieu dit «Mobil Bonakouamouang».
Selon lui, ces discussions découlent parfois sur des paris. Le «Rond point Pays Petit» à Maképè, est un de ces points de rencontres qui servent de lieu de paris. Cet endroit est très couru par les conducteurs de motos taxis de cette zone. Moyennant la somme de 100 Fcfa, et regroupés par petits groupes de deux à quatre personnes, ces conducteurs de motos se lancent dans une séance de tirs aux buts sur un terrain situé à ce Rond point.
A cet endroit, et à des heures précises (autour de 12h), un important regroupement de ces personnes attire la foule. Et si les riverains de Maképè semblent s’être accommodés à ces séquences de distractions organisées par les conducteurs de motos taxis, une autre curiosité semble aussi s’organiser autour d’eaux. C’est l’affluence observée dans certains tournedos de la ville. A certains endroits, les longues files d’attente annoncent qu’il est midi. «C’est toujours la curiosité qui nous amène vers ces endroits là . Pendant que nous discutons, si l’un de nous connaît un tournedos qui fait bien à manger, et à moindre coût. Nous nous dirigeons tous vers ces lieux», soutient Jacques Bouma.
Aristide Ekambi. Mutations











