La demande de liberté provisoire du journaliste a été rejetée en audience de flagrant délit devant le Tpi de Yaoundé.
Le directeur de la publication de l’hebdomadaire Germinal a été inculpé, hier, mercredi 16 décembre 2009, d’outrage au chef de l’Etat par le procureur de la République devant qui il avait été présenté en fin de matinée. Jean Bosco Talla a été immédiatement renvoyé devant la barre du Tpi de Yaoundé centre administratif statuant en audience de flagrant délit, pour y répondre des faits sus-évoqués. Des faits pour lesquels le prévenu plaide non coupable.
Dans son acte d’accusation, le procureur de la République accuse : « il est fait grief à Jean Bosco Talla, Dp du journal Germinal, d’avoir, dans sa livraison n° 046 du 08 décembre 2009, présenté le chef de l’Etat comme étant un personnage rancunier, lié avec son prédécesseur par un pacte secret sur fond de connexion sectaire, se concrétisant par la pratique de l’homosexualité. Il a, assène le procureur, reproduit dans son journal les écrits qu’il attribue à Eballe Angounou en page 08 de cette publication. Bien plus, à la Une de son journal, réitère-t-il, le prévenu a, dans un style emprunt d’insinuation et dans la volonté d’insulter, présenté le chef de l’Etat comme un homme à la rancune tenace ».
Dans son interprétation des faits de la cause, le représentant du ministère public estime ensuite que, « traiter un homme d’homosexuel, qui plus est chef de l’Etat, lié par des pactes, est constitutif d’outrage. Evoquant l’article 152(1)Cpp, le procureur de la République soutient que ces déclarations grotesques, étalées dans un journal mis en vente, étaient destinées à outrager. Et, appliquées au président de la République, elles sont punies par l’article 153Cpp. Et le procureur de relever que le prévenu a assumé la paternité de ces propos, outrageant en sa qualité de directeur de publication. Il est passible, en tant que tel de la totalité de la peine requise. Et de conclure qu’il existe, au vu du Pv d’enquête préliminaire du Service central de recherche judiciaire et de l’exemplaire dudit journal – deux pièces versées dans le dossier de procédure -, suffisamment d’éléments pour que le prévenu puisse présenter sa défense ».
Répliquant à l’accusation, le conseil de Jean Bosco Talla note l’absence du représentant de la partie civile. Et Me Nouga de se demander si les extraits produits du livre de Eballe Angounou sont inconnus de l’accusation. « Nous apporterons, promet-il, des éléments prouvant que nous ne sommes pas l’auteur de ces informations. Par conséquent, nous sollicitons un renvoi de la cause pour nous permettre de produire des pièces. Par ailleurs, conformément à la loi qui stipule que, lorsque le dossier n’est pas en état d’être jugé le juge peut accorder la liberté provisoire au prévenu, nous demandons la mise en liberté de notre client. Lequel, soutien l’avocat, bénéficie de toutes les garanties de représentation suffisantes, en sa qualité d’enseignant occupant le logement J 30 au camp sic Mendong. Au besoin, réitère Me Nouga, soumettez cette liberté provisoire à un cautionnement.
Mais le procureur de la République s’oppose avec véhémence à la demande de libération ainsi formulée, en même temps qu’elle essuie un rejet de la part du président du tribunal, Ibrahima Ba, statuant sur le siège. Motif invoqué par le représentant de l’accusation, l’absence d’une preuve de l’état de fonctionnaire du prévenu et d’un certificat de domicile. Jean Bosco Talla embarque à destination de la prison centrale de Kondengui. Le tribunal renvoie la cause et les parties au lundi 21 décembre 2009 pour l’ouverture des débats.
Evariste Menounga. Le Jour











