Le délégué du gouvernement leur accorde six mois supplémentaires pour peaufiner tous les travaux qui permettront la mise en oeuvre de la mesure répressive. Quartier Akwa à Douala, mardi 2 novembre 2010, il est 10 heures. A quelques mètres du magasin Idéal Dallas, une vingtaine de conducteurs de moto taxi sont regroupés.
La performance de l’équipe nationale à la Can alimente les causeries. Dans ce groupe en émoi, chacun arbore un vieux jeans et un tee-shirt. Quelques-uns portent des chapeaux noircis par la sueur. Dans ce groupe, le port du casque n’est pas encore une habitude. Pourtant, un décret du Premier ministre portant sur la réglementation de ce secteur d’activité exige le port du casque. Près de six mois après la signature de ce décret, les choses n’ont toujours pas évolué.
A Douala, plusieurs conducteurs de moto ne sont toujours pas en règle. Le port de la chasuble, le permis de conduire, la visite technique et autres pièces exigées sont aux oubliettes. Plusieurs « bendskineurs » rencontrés hier ont affirmé qu’ils continueront à rouler dans l’informel tant qu’ils ne seront pas inquiétés par les autorités. En effet, les mesures répressives contre les récalcitrants qui tardent à se conformer devaient entrer en vigueur depuis le 31 janvier dernier. Dans les rues de la capitale économique, il n’y a pas encore l’ombre d’un contrôleur. Certains responsables des syndicats de conducteurs de moto se réjouissent déjà et pensent que leurs mouvements de protestation à l’annonce du décret ont dû intimider les autorités.
Mais qu’est-ce qui bloque l’application de ce décret à Douala ? Bernard Okalia Bilaï, préfet du Wouri explique : « Les instructions ont été données aux magistrats municipaux. C’est donc à eux de se mettre au travail ». Joint au téléphone, Fritz Ntonè Ntonè, délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Douala a indiqué que l’application de ce décret reste encore un « long processus ». Le délégué explique qu’aucun changement n’est possible tant que les problèmes de signalisation, de parking, de délimitation des rues ne sont pas encore résolus. « Avant de délimiter les zones de circulation des motos taxis, il faut s’assurer que les autres zones seront couvertes par d’autres modes alternatifs de transport », pense-t-il.
Toutefois, le délégué a confié qu’une équipe technique travaille actuellement sur le problème. Le Jour a appris auprès du délégué que l’équipe a un délai de six mois pour faciliter la mise en place de la réglementation du Pm. Plusieurs assises ont également été convoquées par le préfet du Wouri. A l’issue des dernières assises, le choix des couleurs des « bendskineurs » avait été fait par arrondissement. Pour l’arrondissement de Douala 1er par exemple, les magistrats municipaux avaient choisi la couleur verte. Jusqu’à présent aucun conducteur de moto taxi ne s’est conformé à cette exigence.
Christelle Kouétcha. Le Jour











