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Environnement : Le Cameroun préoccupé par ses zones humides

Publié par Feb 4th, 2010 et classé dans Actualités, Societe. Suivre toutes les réponses pour cet article par le flux RSS 2.0. Les réponses sont actuellement fermées, mais vous pouvez effectuer un trackback depuis votre propre site.

La 13ème journée mondiale y relative a été célébrée le 02 février 2010, à Yaoundé. La 13ème journée mondiale des zones humides instituée en 1997 a été célébrée avant-hier au Cameroun, de concert avec la communauté internationale sous le thème : « Les zones humides, la biodiversité et les changements climatiques ».

Et c’est le ministre de l’Environnement et de la Protection de la nature, Helé Pierre, qui a donné le ton des festivités au palais des Congrès de Yaoundé. En présence des responsables de la défense et de la protection de l’environnement, du personnel de son ministère ainsi que des étudiants qui ont reçu de nombreux lots après un quizz.
Occasion pour le ministre Helé Pierre de rappeler à l’assistance l’opportunité pour le Cameroun de prendre une part active dans la protection de ses zones humides (des zones où l’élément déterminant est l’eau). A ce jour, le pays compte plus de 200 zones humides. Quatre d’entre elles ont été classées ” patrimoine de l’humanité”, dont la plaine de Waza qui, contrairement à ce qu’on pourrait penser, présente toutes les caractéristiques d’une zone humide. Ce qui, d’après les responsables en charge de l’environnement, revêt une importance capitale pour l’humanité. On sait par exemple que le Cameroun a ratifié la convention de Ramsar.

Cependant, les effets liés aux changements climatiques constituent toujours une menace pour les zones humides du Cameroun. Hier, par exemple, un film documentaire intitulé « un trésor en péril» a été projeté. Le documentaire réalisé dans la région de l’Extrême-Nord Cameroun, aux environs de Waza, présente les incidences des activités des hommes sur la biodiversité. Il avait également pour but de montrer comment la pêche et la chasse abusives contribuent à la dégradation de la biodiversité et par conséquent, à la disparition des zones humides.

Serge Hervé Ondoa : « La partie camerounaise du lac Tchad vient d’être classée zone humide »

Les précisions du directeur des Etudes, des Projets et de la coopération au ministère de l’Environnement et de la Protection de la nature.

Qu’est-ce qu’une zone humide ?
Une zone humide est une zone où l’élément déterminant est l’eau. Un lac, par exemple, un fleuve, mais la différence c’est qu’une zone à marée basse ne doit pas excéder 6 mètres pour qu’elle soit considérée comme une zone humide. Prenons le cas des mayos : La spécificité des mayos, c’est qu’en saison sèche, ces zones tarissent, mais quand la pluie revient, la mare se remplit à nouveau d’eau.

Combien de zones humides compte le Cameroun ?
Les zones humides d’importance internationale sont un patrimoine de l’humanité. Actuellement, il y en a quatre au Cameroun. Il y a la plaine de Waza Logone, le lac de cratère de Barombi, la partie camerounaise du fleuve la Sangha, et aujourd’hui, on a classé la partie camerounaise du lac Tchad. Il existe environ 200 zones humides d’importance nationale.

N’y a-t-il pas une crainte que ces zones disparaissent ?
C’est en effet ce qui justifie la thématique de la journée. On parle aujourd’hui de zone humide, de biodiversité et de changement climatique. Ce sont les trois conventions de Rio. On demande que les trois conventions soient mises en synergie avec la convention de Ramsar signée en Iran. Il faut sensibiliser les populations. Il faut éduquer tout le monde. C’est pour cela que nous disons aux populations d’adopter de bonnes pratiques de la protection de notre environnement.

Concrètement, que faut-il faire pour que ces zones ne disparaissent pas ?
Nous disons qu’il est interdit de cultiver tout autour des zones humides. Eviter d’utiliser les engrais dans les champs maraîchers cultivés dans les zones humides. Eviter de jeter les ordures en amont et en aval des fleuves parce qu’à long terme, ces ordures obstruent le passage de l’eau et par conséquent, assèchent ces cours d’eau. Les canaux de pêches creusés dans les mayos, par exemple, sont des pratiques interdites. Il faut une gestion intégrée de ces ressources. Ceci veut dire que le ministère de l’Elevage, des Pêches et des Industries animales et le ministère de l’Agriculture sont mis en avant. Dans ces zones humides, les périodes de pêche doivent être bien calibrées. On peut également faire des projets alternatifs, c’est-à-dire élever le poisson en quantité à ce qu’il puisse suffire à toute la population. La communauté internationale a pris à bras le corps le problème de conservation des zones humides. Au Cameroun, nous sommes en train d’élaborer la stratégie nationale de la gestion des zones humides. Un inventaire a été fait. Reste à adopter une politique de gestion et de conservation de ces zones humides.

Irène Gaouda. Le Jour

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