L’Archevêque de Yaoundé a rencontré la presse vendredi dernier pour indiquer le niveau des préparatifs et l’apport de l’Eglise.
Il a tenu à faire toutes les clarifications nécessaires à la suite de la polémique suscitée au sein de l’opinion, il y a quelques semaines par une lettre adressée à certains fidèles de l’archidiocèse de Yaoundé sur le financement de la visite du Pape Benoît XVI dans notre pays du 17 au 20 mars prochain. Mgr Simon Victor Tonyè Bakot, archevêque de Yaoundé et président de la Conférence épiscopale nationale du Cameroun (Cenc), a donc tenu à rappeler, au cours de la conférence de presse qu’il a donnée vendredi dernier aux côtés de Nosseigneurs Samuel Kleda et Joseph Akonga Essomba, respectivement archevêque coadjuteur de Douala, vice président de la Cenc et secrétaire général de ladite structure, qu’à travers cette action dans laquelle il invitait les fidèles catholiques et même au-delà, à mettre la main à la poche pour contribuer au succès de la visite papale au Cameroun, il ne faisait rien d’illégal : ” Lors du séminaire de janvier dernier à Maroua, les évêques ont décidé de lever des cotisations par diocèse et de les verser à la caisse de la Conférence épiscopale. Ils le font en demandant à leurs fidèles … de faire preuve de générosité afin d’assurer un plein succès à cet événement… Ce que chaque évêque fait dans son diocèse, l’Archevêque de Yaoundé le fait aussi dans le sien… “.
” L’Archevêque a déjà effectué plusieurs versements de près de 9 millions de francs auprès de Mgr Jean Marie Benoît Bala, évêque de Bafia, en charge des finances à la Cenc “. Une somme que le président du comité d’organisation de ce voyage papal, côté église catholique, espère voir atteindre les 15 millions attendus de sa province ecclésiale. Et pourquoi pas aller au-delà.
L’Archevêque de Yaoundé indique qu’en raison du fait que le Souverain Pontife vient au Cameroun à l’initiative conjointe de l’Etat du Cameroun et de l’Eglise catholique, ” Invitation conjointe, financement conjoint. L’Etat s’implique, l’église aussi “, indique-t-il, bien qu’il reconnaisse que ” l’Etat en assume une grande charge ” qui va notamment de l’aménagement des sites des manifestations (Stade omnisports, Basilique, Centre des handicapés d’Etoug Ebé…), l’hébergement et la restauration de certains hôtes de marque, la communication et la sécurité…
Sur l’apport financier de l’Eglise catholique, il devrait concerner selon Mgr Tonyè Bakot l’hébergement et la restauration des 120 cardinaux, archevêques et évêques qui feront le déplacement de Yaoundé, ou encore la confection de tenues pour ces dignitaires de l’Eglise, ou encore la prise en charge du transport et de la restauration des 700 choristes qui animeront la messe du 19 mars au stade Omnisports… Le tout pour un coût qui ne devra pas excéder les quarante (40) millions de francs.
Sur les enjeux pastoraux de la visite de Benoît XVI au Cameroun, la première du successeur de Jean Paul II en Afrique, l’Archevêque de Yaoundé a rappelé qu’il vient remettre le document qui servira de base de travail pour le 2ème synode pour l’Afrique qui se tiendra à Rome en Italie en octobre prochain. Une rencontre qui selon lui devra donner ” une nouvelle impulsion à l’évangélisation, à la consolidation, à la croissance de l’Eglise, à la promotion de la réconciliation, de la paix sur le continent africain “.
Sur l’accueil du Pape lors de son séjour au Cameroun dans les jours qui viennent, Mgr Victor Tonyè Bakot a tenu à préciser que tout le monde ne pourra pas être à l’aéroport de Nsimalen, ni sur les différents sites prévus pour l’accueil de Benoît XVI. Pour ce qui est de la messe solennelle du 19 mars au stade Omnisports, ne pourront y assister que ” les fidèles de tous nos diocèses et d’ailleurs qui se seront préalablement inscrits dans leur paroisse et qui se seront fait livrer des billets gratuits “…
Selon l’Archevêque de Yaoundé, tout semble donc aller pour le mieux du côté de l’Eglise catholique pour la préparation du 3ème voyage d’un Pape au Cameroun en 24 ans. Un voyage dont l’importance n’est pas é démontrer, pas seulement pour les chrétiens catholiques africains, mais aussi pour les autorités camerounaises qui tiennent à en tirer le plus grand bénéfice au plan politique. On peut d’ailleurs le comprendre à travers l’absence, au sein de la délégation qui accompagne en ce moment le chef de l’Etat en Europe, du directeur du Cabinet civil. Principal artisan de la préparation de cet événement avec le secrétaire général de la présidence de la République, Jean Baptiste Beleoken est en effet resté à Yaoundé pour la coordination des derniers détails de ce voyage.
Jean Francis Belibi. Mutations











