Les fonctionnaires et contractuels accusent Bernadette Mbarga, la directrice générale, de vouloir régler des comptes à certains d’entre eux.
Après la session du conseil d’administration du Bureau central des recensements et des études de population (Bucrep), présidée par Jean Fabien Monkam Nitcheu le 27 mai dernier, l’une des résolutions a été de «mettre fin aux activités de certains personnels contractuels du Bucrep et la remise à leur administration d’origine de certains fonctionnaires en service au Bucrep». Par cette décision, huit fonctionnaires et 30 agents contractuels, qui ont tous pris part au troisième recensement général de la population et de l’habitat en 2005, sont licenciés de cette structure, qui n’a toujours pas publié les résultats du dernier recensement.
«Cette résolution est injuste, car nous n’avons jamais été consultés. Les méthodes de licenciement utilisées ressemblent à un règlement de comptes. Comment comprendre que le conseil d’administration décide de licencier certains cadres en service au Bucrep depuis huit ans pour laisser d’autres venus il y a quelques années en service », s’indigne l’un des cadres contractuels licenciés, qui a requis l’anonymat.
Pour l’un des fonctionnaires, ce licenciement pose d’autres problèmes : « Nous n’avons pas été consultés avant la prise de cette décision et ce n’est que sur un babillard que nous l’avons apprise», confie Victor Momha. Pour un de ses collègues, « c’est encore plus lamentable qu’un conseil d’administration prenne sur lui de mettre de côté un personnel qui a travaillé pour le dernier recensement ; il peut arriver que nous décidions de ne plus donner aucune information au Bucrep pour ce qui est de la publication des résultats, puisque chacun de nous a une part responsabilité. Je crois que dans les normes, notre ministère de tutelle devrait être au courant de cette situation, mais je ne suis pas sûr que ce soit le cas».
Comme stipule l’article 2 de la résolution n°14 D / Bucrep / Ca / Se / 02 du 27 mai dernier, qui met fin aux activités de tout ce personnel, ils devraient percevoir leurs droits. Une provision de 171 millions Fcfa a été mise à leur disposition au ministère des Finances pour la liquidation de leurs droits. Sauf que des doutes sont émis quant à la répartition normale de cet argent. « A ce jour, personne d’entre nous ne sais combien il percevra, ni comment les calculs ont été faits. Je ne serai pas étonné que des gens se retrouvent avec moins de ce qu’ils devraient percevoir», confie l’un des cadres licenciés.
Dans les locaux du Bucrep au quartier Mfandena à Yaoundé, toutes les visites sont filtrées par deux agents de sécurité et un militaire en faction à l’entrée. « Monsieur qui êtes vous et où allez-vous ? Vous ne pouvez pas consulter la liste, elle est confidentielle et réservée à ceux qu’elle concerne », déclarait mercredi l’un des vigiles à un visiteur qui semblait soucieux de consulter la liste des personnes licenciées pourtant affichée sur le mur du premier des trois bâtiments. Le sujet est presque tabou, ceux qui acceptent d’en parler souhaitent tous le faire hors des locaux de la structure. « Nous sommes tous gênés par cette note, car nous savons que d’un jour à l’autre, le même sort peut nous être réservé », confie l’un des 87 agents encore en service au Bucrep. Pour Achille Zam, le chargé de la Communication du Bucrep, « on ne saurait parler de licenciement ». « Je souhaite que nous parlions de plan social, parce que notre budget a diminué de 50 % ; nous sommes partis de 800 millions de Fcfa à 400 millions de Fcfa. Avec une masse salariale qui absorbe 50% de ce budget par an, nous avons décidé de revoir notre organigramme et ne retenir que des personnes qui correspondent au profil scientifique utile à la structure. Tous ceux qui sont partis sont ceux dont les diplômes ne correspondent pas exactement au profil de l’entreprise et qui devaient être utilisés pour un temps précis », confie Achille Zam.
Ateba Biwolé. Le Jour











