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Affaire Edzoa Titus: Le Tgi du Mfoundi rend son verdict le 18 juillet 2012


Ecrit Par le 5 Jul 2012 Publié dans la categorie: Actualités, Société


C’est le 18 juillet 2012 que Edzoa Titus et ses trois coaccusés que sont Atangana Thierry, Dieudonné Mapouna et Isaac Njiemoun seront définitivement fixés sur leur sort. C’est en effet ce jour là que la collégialité de la présidente Nomo Zanga a promis de vider son délibéré. Dans leurs plaidoiries, les quatre conseils de l’ex-président du Copisur ont réitéré la demande d’acquittement de leur client.

Prenant la parole en troisième position, Me Tchoungang se veut sentencieux : « le dossier est truffé de faux et de nombreux éléments de mensonge. C’est un procès de la dénonciation de la part de Ambassa Zang en fuite et Mapouna ». Il ya une personnalité centrale et incontournable dans ce dossier, c’est le président de la république, dont il rappelle au passage les prérogatives constitutionnelles et le sort que la justice réserve aux actes qu’il pose en se référant aux articles 10 et 53 de la Loi fondamentale. Et l’avocat de s’en prendre au ministère public et à son représentant qui a cru devoir soumettre à la compétence du tribunal les actes du chef de l’Etat. « La personne qui a exercé l’opportunité des poursuites dans ce dossier, accuse-t-il, s’est lourdement trompée, parce qu’on ne peut pas débattre des actes du chef de l’Etat posés via ses mandataires, dans le cadre du Copisur et de l’organisation du sommet de l’Oua, notamment. On a violé, poursuit-il, les droits les plus élémentaires de Atangana Thierry.» Et l’avocat de se demander comment, dans une procédure où il y a en amont un acte du chef de l’Etat et en aval un autre acte, peut-on parler de détournement de deniers publics ?

Résumant cette véritable cabale judiciaire menée contre son client en quelques chiffres, l’avocat parle de : 52 jours de garde à vue pour cause de grand banditisme en 1997 lors de son interpellation ; 4050 jours de détention préventive ; 11années d’instruction du dossier avant sa transmission au juge d’instruction ; 15 années de prison purgées et 278,514 milliards Fcfa, montant de la dette que l’Etat doit au consortium des entreprises du CAC 40 du Groupe Jean Lefèvre. «Le mensonge, le faux, la manipulation, accuse l’avocat, ont fini par détruire l’honneur d’un homme. Il a subi les assauts de l’Etat parce qu’il s’est retrouvé là. Il ya eu mensonge d’Etat. Dans ce procès, prophétise-il, la vérité va finir par tordre le cou au mensonge. Mon client a eu le tort de s’être retrouvé au mauvais endroit, au mauvais moment, pris dans un combat de gladiateurs dans un combat féroce pour le contrôle du pouvoir.»

Votre dossier, lance-t-il à l’endroit du procureur de la république, « est mal monté, truffé d’incohérences ». C’est comme on poursuivrait un fonctionnaire de détournement de deniers publics pour son salaire qu’il a touché. « Il faut, lâche-t-il, cesser d’instrumentaliser le Code de procédure pénale. Il faut que les juristes aient en devoir de combattre les instructions des politiques dans les prétoires. Les scellés ont disparu, vous avez fait disparaître le corps du délit et l’arme du crime. Conséquence : il n’y a plus d’infraction. Il y a longtemps que les poursuites auraient dû s’arrêter. C’est choquant et effrayant que dans un procès criminel les scellés viennent à disparaître. Je n’ai jamais vu ça tout au long de mes longues années de pratique.»

Parachevant son propos, Me Tchoungang remercie tous ceux qui ont soutenu son client à l’instar de l’ambassadeur de France Bruno Gain, du SG du ministère de la Justice et notamment du Sed, Jean Baptiste Bokam, pour s’être déplacé s’enquérir de l’état de santé de Thierry Atangana en prison. Un geste qui, espère l’avocat, est de bonne augure pour la suite des évènements. « 15 ans + 1 jour, c’est un jour de trop ; il ne faut pas, suggère l’avocat aux juges, ajouter à la souffrance l’erreur judiciaire. Que cette démarche cavalière et diabolique s’arrête. Les intolérants ont pris 15 ans de leur vie ; ils faisaient l’objet d’une cabale inacceptable. En 2012, soyez les cavaliers de la nouvelle justice. Vous n’êtes pas là pour exécuter les ordres. Ce procès ressemble étrangement à celui du capitaine Dreyfus. Ne répétez pas l’erreur judiciaire du procès du capitaine Dreyfus. J’accuse le procureur de la république pour avoir caché les scellés ; les trois experts pour faux témoignage, ainsi que l’accusé Mapouna.» Atangana Thierry, rappelle Me Tchoungang, a perdu sa mère, sa sœur sans avoir la possibilité d’assister à leur enterrement à Mvolyé,. Il aussi perdu son épouse qui est allée nourrir de sombres desseins contre lui en Europe. « L’histoire de ce procès, indique-t-il, entrera dans les arcanes de notre justice. En dehors de mon client, il y a d’autres intérêts. C’est une affaire de gros sous entre la France et le Cameroun. Il faut que l’on sorte des prétoires pour résoudre ce dossier entre Etats. Ce dossier ne sera jamais classé, finit-il par lâcher, s’il n’est pas réglé.»

Pour soutenir sa demande de relaxe de son client, Me Njogo s’est prévalu de l’argument selon lequel l’accusation ne disposait d’aucune preuve étayant ses allégations. Il parle de « gangstérisme administratif, de dirigisme policier et de terrorisme judiciaire ».

Intervenant à son tour le deuxième conseil stigmatise le caractère haineux et rancunier des différentes dépositions faites par les témoins de l’accusation, notamment celles de Ambassa Zang et de l’expert judiciaire Njock. Pour l’avocat, Atangana Thierry a mérité de la haute confiance du chef de l’Etat et par respect des institutions de la république, cette confiance doit être plutôt saluée. Une confiance qui, soutient-il, n’a jamais été retirée à son client qui n’a jamais été démis de ses fonctions de président du Copisur par un acte parallèle du chef de l’Etat. « Je requiers, respectueusement du tribunal, l’acquittement de mon client pour lui restituer son honorabilité.»

C’est par les derniers mots des accusés que l’audience est suspendue pour reprise le 18 juillet 2012, jour de verdict.

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