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Affaire Olanguena: La défense met le témoin de l’accusation dos au mur

Le Messager

Ecrit Par le 27 Jul 2012 Publié dans la categorie: Actualités, Opération épervier, Société


La salle d’audience du tribunal de grande instance du Mfoundi était assez calme, cet après-midi du 25 juillet 2012, après les remous de la veille. Pourtant, le procès qui se poursuit ce jour n’est pas des moindres. Il s’agit de l’affaire Olanguena Awono, poursuivi avec d’autres personnes par l’Etat du Cameroun et le ministère de la Santé publique pour détournements de deniers publics. Le témoin à charge, l’inspecteur d’Etat Gilbert Tonyè Tonyè Bayoï, a réitéré une fois de plus les conclusions du rapport de la mission du Contrôle supérieur de l’Etat (Consupe). Ce sont ces conclusions qui avaient conduit aux deux chefs d’accusation pour lesquels l’ancien ministre de la Santé publique, Urbain Olanguena Awono, est poursuivi aujourd’hui. A savoir : détournement présumé de 11,79 millions Fcfa au moyen de la production d’un livre sur le Vih/Sida intitulé « Sida en terre d’Afrique : l’audace des ruptures » dont l’auteur est Olanguena Awono ; et détournement présumé de 80,864 millions Fcfa pour la fourniture de moustiquaires imprégnées.

Au cours de son interrogatoire par le procureur de la République, Gilbert Bayoï a réaffirmé que l’ex ministre de la Santé publique s’était servi de l’argent destiné à la lutte contre le Vih/Sida pour financer la production de son livre. « Le livre avait été entièrement financé par les fonds alloués au programme national de lutte contre le Sida », a-t-il affirmé. Insistant au passage que la mission qu’il conduisait n’avait eu aucune traçabilité sur les recettes des 3 000 exemplaires vendus par le Comité national de lutte contre le Sida (Cnls). Par ailleurs, il a également insisté sur le marché relatif à la livraison des moustiquaires imprégnées. Se basant sur le rapport cité plus haut, l’inspecteur d’Etat explique que, selon les procédures au Cameroun, la passation dudit marché avait été « régulière ». Seulement, les moustiquaires n’avaient pas été livrées, le marché n’avait donc pas été exécuté.

Mais, ce qui aura plus retenu l’attention de l’assistance, c’est le contre-interrogatoire du témoin par la défense. Lorsque Me Assamba, suivi des deux avocats d’Olanguena Awono, sonnent la charge. D’abord, en poussant Gilbert Bayoï à faire une distinction entre « acquisition » et « production ». Puis, petit à petit, ils démontent les accusations au sujet du financement de la production du livre. A travers d’abord le contrat d’auteur signé entre Urbain Olanguena Awono et les éditions Privat dans lequel il est stipulé que l’éditeur s’engage à ses frais, ses risques et périls, à la production dudit ouvrage. Puis, à travers la convention entre le Cnls et la maison d’édition qui parle bien d’une acquisition de 3 000 exemplaires dudit livre. Acculé, le témoin à charge commence petit à petit à se retrancher derrière le rapport lorsqu’il affirme par exemple : « Ce qui nous préoccupait, ce n’était pas la sémantique. Mais, plutôt l’utilisation de ces fonds alloués au programme national de lutte contre le Sida pour l’acquisition ou la production du livre d’un individu qui aurait pu financer cela lui-même ». Avant de conclure : « Je serai peut-être figé à ce rapport malgré de nouveaux éléments car c’est ce rapport qui m’amène ici. C’est son contenu que je suis venu défendre ».

Sentant le personnage sans grand argument, Urbain Olanguena Awono va porter l’estocade. Lorsqu’il révèle que le livre avait été édité en octobre 2006 et que le contrat d’acquisition avait été signé en janvier 2007. Puis il va entamer une série d’interrogations. « Quelle est la source de financement de cette acquisition ? ». Réponse : « Dans mon rapport, il n’y a aucune précision sur cette source ». Et Olanguena de relancer : « En quoi cette acquisition était-elle irrégulière ? » Réponse du témoin à charge : « Parce qu’il y a eu recours aux ressources du programme ».

A partir de cet instant, le témoin de l’accusation va s’en remettre entièrement à une « réponse constante », s’en remettant au rapport. Retranchement lorsqu’on lui pose la question de savoir s’il avait vérifié que le programme de lutte contre le Sida avait des autorisations budgétaires précises pour acquisition ou pour soutenir des publications en rapport avec le Sida. Même retranchement lorsqu’Urbain Olanguena lui fait savoir qu’avant son livre, le même programme avait subventionné et acquis d’autres ouvrages. Au final, l’inspecteur d’Etat a peiné à démontrer que ce sont les fonds du programme national de lutte contre le Sida qui ont aidé à produire le livre d’Olanguena Awono.

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