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Au Tribunal – Affaire de l’Avion Présidentiel: Meva’a M’Eboutou décharge Marafa. Marafa n’a pas donné l’ordre de décaisser l’argent

Le Messager

Ecrit Par le 28 Jul 2012 Publié dans la categorie: Actualités, Opération épervier, Société


L’accusé a même prouvé, documents à l’appui, que cet ordre venait plutôt du témoin.

C’est dans un climat de haute sécurité que s’est déroulée, jeudi 26 juillet 2012, la cinquième audience de l’affaire ministère public et Etat du Cameroun contre Marafa Hamidou Yaya, Yves Michel Fotso, et compagnie.

Michel Meva'a Meboutou

Arrivés à 15h50, les deux premiers accusés ne sont pas accueillis cette fois-ci avec des youyous et des cris d’encouragement. L’accès au palais de justice ayant été très filtré. Dans la salle d’audience, qui est pleine à craquer, l’on s’impatientait déjà. Mais, avec l’arrivée des accusés, l’audience va aller très vite.

A 16h pile, le collège des juges fait son entrée dans la salle. Le juge Gilbert Schlick annonce tout de go qu’après les premières audiences et les deux parties s’étant imprégnées du dossier, l’on peut démarrer les débats. Ce jour, le procureur de la République a fait venir deux de ses quatorze témoins. Il s’agit de Michel Meva’a Meboutou, ancien ministre de l’Economie et des finances, et M. Medi Meko, représentant de la Société nationale des hydrocarbures (Snh). Et c’est le premier que l’accusation appelle à la barre.

31 millions de dollars en 72 heures

Son audition par le procureur de la République va durer exactement une heure. Temps durant lequel il relate de manière chronologique les faits qui l’on conduit autour de ce dossier Minefi de l’époque. Il est convoqué à la présidence de la République par le secrétaire général de cette instance, Marafa Hamidou Yaya. Réunion à laquelle assistaient des personnalités comme Yves Michel Fotso (alors administrateur directeur général de la Cameroun Airlines) et qui avait pour objet l’acquisition d’un avion pour les déplacements du chef de l’Etat.

L’ancien Minefi dit avoir assisté à une seconde réunion, au cours de laquelle le Sgpr leur annonçait une aubaine, un avion pourtant achevé n’avait finalement pas été payé par le commanditaire. Mais, pour l’avoir, le Cameroun devait débourser l’argent dans un délai de 72 heures, au regard de la concurrence. Un déposit de 2 millions de dollars Us avait été assuré par la Commercial Bank of Cameroon (Cbc) et il fallait que l’Etat du Cameroun verse 29 millions de dollars, comme acompte, pour acquérir cet avion, toujours dans ces délais. Se tournant vers l’administrateur directeur général de la Snh, le Minefi de l’époque s’assure que ce paiement est possible et l’effectue.

Pas d’instruction du Sgpr

Mais, seulement, lorsque la défense a pris la parole ce jeudi, il n’a pas pu dire clairement qui lui avait donné l’ordre de virer cet argent. Prenant la parole avant ses conseils, Marafa Hamidou Yaya va longuement insister sur sa responsabilité à lui dans le décaissement de cet argent par les pouvoirs publics camerounais. A la question de savoir si le Sgpr pouvait donner des instructions pour une dépense publique, le ministre Meva’a Meboutou va répondre laconiquement: «il avait été décidé d’acquérir un avion. Le processus avait été lancé et je ne pouvais m’y opposer». Insistant au passage, suite à une autre question de Marafa dans ce sens, que si ces instructions avaient été données, ils les auraient exécutées.

Revenant sous un autre angle, l’accusé demande au témoin si le secrétaire général de la présidence de la République a qualité d’engager une dépense publique non inscrite dans le budget de l’Etat. Et c’est à ce moment que le témoin de l’accusation se referme comme une huître en refusant de répondre à la question. En somme, et comme l’a demandé l’accusé, le tribunal a retenu qu’il n’existe aucun document qui établit que c’est le secrétaire général de la présidence de la République de l’époque, donc Marafa Hamidou Yaya, qui a ordonné que l’argent soit viré dans un compte logé dans une banque aux Etats-Unis, via Gia international.

Tout au contraire, la suite de l’audition par la défense a plutôt eu tendance à jeter le discrédit sur le témoin à charge. Puisque, toutes proportions gardées, ce serait le ministre de l’Economie et des finances, Michel Meva’a Meboutou, qui aurait ordonné le paiement de cette somme pour l’acquisition de l’avion présidentiel. De plus, la défense a poussé ce témoin à avouer que le Cameroun avait utilisé des voies de «contournement» pour échapper à ses bailleurs de fonds et acquérir cet avion. L’avion avait en effet été acheté sous l’égide de la Camair, car le pays étant sous ajustement structurel, il ne pouvait pas engager des dépenses sans en référer au Fmi et à la Banque mondiale. En tout cas, cette affaire promet déjà des révélations croustillantes.

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