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Bibliographie / Biographie. Qui est Nelson Mandela ?

AfricaPresse.com

Ecrit Par le 21 Feb 2009 Publié dans la categorie: Biographie


nelson-mandela2Nelson Rolihlahla Mandela, dit Nelson Mandela, est né le 18 juillet 1918 à Mvezo, un petit village du Transkei (actuel Cap-Oriental, Afrique du Sud). Son père Ngubengcuka, chef de la tribu Xhosa et membre de la maison royale des Thembus, part bientôt vivre avec sa famille dans un autre petit village situé à quelques km de Mvezo, Qunu, où Rolihlahla passera toute sa prime enfance. À l’âge de sept ans il entre à l’école méthodiste de Healdtown, où son professeur lui donne le prénom anglais de Nelson, pratique habituelle à l’époque lorsqu’un noir africain entamait des études. Après le décès de son père en 1927, Nelson Mandela est confié par sa mère au régent du peuple Thembu, Jongintaba Dalindyebo, qui devient son tuteur. Il vit dès lors dans la résidence royale de Mqhekezweni, capitale provisoire du Thembuland.

À seize ans, Nelson Mandela est initié pour devenir un homme selon la coutume Xhosa. Il part ensuite poursuivre ses études dans un établissement anglais renommé, le Clarkebury Institute. Élève doué, il obtient son brevet scolaire en deux ans au lieu de trois. En 1937, il intègre le lycée de Fort Beaufort puis l’année suivante la très élitiste université anglaise de Fort Hare, sorte de Cambridge local destiné à former les futurs cadres administratifs d’Afrique du Sud. C’est ici que Nelson Mandela prend véritablement conscience de la situation faite aux noirs dans leur propre pays. Désigné représentant du Conseil des étudiants, il y commence ses premiers combats contre l’administration blanche toute puissante, ce qui lui vaut d’être exclu de l’université. Son tuteur le fait revenir à Mqhekezweni pour un mariage arrangé mais Nelson Mandela s’enfuit avec son frère Justice. Retrouvé, il est envoyé chez un agent immobilier, Walter Sisulu, qui le fait engager comme stagiaire au bureau de l’avocat Lazar Sidelsky. Nelson Mandela y travaillera tout en poursuivant ses études à l’université de Witwatersrand jusqu’à l’obtention d’une Licence de Droit en 1942. Pendant cette période, il fait la connaissance de deux militants du Congrès National Africain (ANC, membre de l’Internationale Socialiste) et du Parti Communiste Sud-Africain (SACP), Gaur Radebe et Nat Bregman, qui l’introduisent dans la mouvance anti-apartheid.

Nelson Mandela ne cessera dès lors de lutter pour la libération de son peuple. En 1943, il participe à sa première manifestation, puis adhère à l’ANC et co-fonde en 1944 la Ligue de la Jeunesse de l’ANC en compagnie de Walter Sisulu, Oliver Tambo et Anton Lembede. La même année, il épouse aussi Evelyn Mase, qui lui donnera un fils (Madiba Thembekile) et une fille (Makaziwedem), et déménage à Soweto. En 1948, le Parti National Afrikaner remporte les élections. Daniel Malan, nommé premier ministre, s’engage dans une intense politique d’apartheid. L’ANC risposte et se transforme en grande organisation politique. Walter Sisulu est élu secrétaire général, Oliver Tambo et Nelson Mandela deviennent membres de la direction nationale. Après le vote d’une loi interdisant le communisme, l’ANC et le SACP feront alliance, modifiant ainsi le rapport des forces politiques en Afrique du Sud. En 1952, la campagne de désobéissance civile incitant les noirs à ne pas respecter les lois racistes connaît un grand succès. Nelson Mandela, devenu avocat des Noirs en butte à l’injustice des règles administratives, est arrêté par la police le 30 juillet 1952 et condamné à neuf mois de travaux forcés, mais la sentence reste suspendue. En 1955, il participe à la rédaction de la Charte de la liberté dont l’objectif est de lutter contre la ségrégation raciale et l’apartheid. Il voyage en Afrique et au Royaume-Uni. En décembre 1956, il est arrêté avec 150 militants de l’ANC et accusé de trahison mais tous seront acquités après un long procès en 1961. Entre-temps, Nelson Mandela a divorcé et épousé en 1958 “Winnie”, qui lui donnera deux filles.

Après le massacre de Sharpeville en 1960 qui voit la police sud-africaine tirer sur la foule et tuer 69 manifestants, le Congrès National Africain est officiellement interdit en Afrique du Sud. Nelson Mandela crée alors un mouvement armé clandestin baptisé “Umkhonto we Sizwe” (Lance de la Nation), dont il devient le commandant en chef. Il est arrêté en 1962 et condamné à cinq ans de prison pour avoir quitté le territoire sans autorisation et incité à la grève. L’année suivante, il est inculpé de sabotage et haute trahison, condamné en 1964 avec sept autres militants à la prison à perpétuité et incarcéré sur l’îlot-bagne de Robben Island, au large du Cap. Le détenu numéro 46664 croupit en prison pendant 26 ans, jusqu’en février 1990, après avoir toutefois bénéficié d’un régime de résidence surveillée à partir de 1988. Il devient au fil des ans le prisonnier politique le plus célèbre du monde. À sa libération, il prend la tête de l’ANC (redevenu en 1990 parti politique autorisé) et entreprend des négociations avec le gouvernement blanc de Frederik de Klerk qui aboutissent à la fin de la politique d’apartheid et à des élections générales au suffrage universel. Ce travail commun contre le racisme et pour l’établissement de la démocratie dans le pays, malgré les oppositions et les violences, vaudra au deux hommes le Prix Nobel de la Paix 1993.

Nelson Mandela est élu en avril 1994, après la victoire de l’ANC qui obtient 62,65% des voix. Il devient le premier président noir d’Afrique du Sud, fonction qu’il occupe jusqu’en 1999 avec deux vice-présidents à ses côtés, le noir Thabo Mbeki et le blanc Frederik de Klerk, et un gouvernement d’union nationale composé de l’ANC, du Parti National Afrikaner et du parti zoulou Inkhata. Son but est de bâtir une “nation arc-en-ciel en paix avec elle-même et le monde”. Il divorce de Winnie en 1996 et épouse en 1998 Graça Machel, veuve de l’ancien président mozambicain Samora Machel. En 1999, il ne se représente pas pour un second mandat et Thabo Mbeki, déjà président de l’ANC depuis 1997, lui succède à la présidence de l’Afrique du Sud.
Il crée à Johannesburg la Fondation Nelson Mandela afin de continuer le combat pour les valeurs qui lui tiennent à coeur mais abandonne la vie politique, se contentant d’être médiateur dans diverses négociations internationales de paix. Personnalité écoutée, notamment par les chefs d’Etat africains, il se consacre également à la lutte contre le Sida. En 2003, il prend toutefois publiquement et fermement position contre la guerre en Irak menée par les Etats-Unis et s’en prend sévèrement à George W. Bush qu’il accuse de vouloir “plonger le monde dans l’holocauste”. Retiré de la vie publique depuis 2004, Nelson Mandela est aujourd’hui devenu comme le Mahatma Gandhi ou Martin Luther King une conscience universelle et une icône mondiale de la liberté et de la paix. Son autobiographie, Un long chemin vers la liberté, publiée en 1995, raconte tout son parcours, de son enfance à son accession au pouvoir.

La République des Lettres,