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BIP 2015 : Célestine Ketcha prise en flagrant délit

AfricaPresse.com

Ecrit Par le 12 Jan 2016 Publié dans la categorie: Actualités, Faits Divers, Société


Celestine-Ketcha
La mairesse de Bangangté qui prétend être dans la short-List des « 14 maires les plus puissants du monde », a été prise main dans le sac quand elle tentait de déjouer le mode de fonctionnement du paquet minimum qui relève de la compétence transférée aux communes par l’Etat dans le domaine de l’Education de Base.

Chaque année, le Gouvernement à travers son ministère de l’Education de Base, met à la disposition des collectivités territoriales décentralisées du Cameroun, le paquet minimum pour sereinement préparer la rentrée scolaire. A travers ces batteries de mesures, le Gouvernement veut bien respecter les promesses faites par S.E Paul Biya, président de la République concernant la gratuité effective de l’école primaire.

A la différence de la plupart des communes du Cameroun, celle de Bangangté que dirige Mme Ketcha Courtés, n’aurait pas utilisé à bon escient ce précieux sésame. En effet, comment expliquer que le carton soit retourné à Yaoundé, autrement dit est-il compréhensible que le paquet minimum soit entré dans le clos ? C’est bien ce qui s’apparente à un adage populaire, « donner le repas au chien dans une assiette, il le dépose lui-même au sol avant de le manger».

Les faits sont têtus…

« Quand le carton est arrivé à la mairie et au moment indiqué, le maire aurait écrit à Yaoundé pour demander le gré à gré, ceci dans le seul espoir de choisir son propre adjudicataire et lui imposer de danser sa musique », indique notre source sous cape. Contre toute attente, Yaoundé aurait désavouée la mairesse. Désarçonnée et surtout déçue par la rigueur du Gouvernement, elle a préféré laisser tomber l’affaire à partir du moment où une autre occasion de contrôler les billets de banque qu’elle affectionne, lui échappait. Sinon, quel argumentaire à développer qu’après plusieurs mois de la rentrée scolaire, seuls les établissements de la commune de Bangangté n’aient toujours pas reçus leur paquet minimum alors que partout dans le Ndé, (pour ne prendre que ce cas) les écoles du primaire et de la maternelle sont déjà toutes entrées en possession de ces paquets ? On peut se défendre en disant qu’il n’y a pas de lien entre le refus du gré à gré par le département ministériel concerné et l’inaction de la mairesse, mais personne ne nous démentirait qu’une telle situation a des conséquences pour le moins fâcheuses sur la qualité de jeunesse qu’on prétend pourtant défendre. Ces jeunes du primaire et de la maternelle de la

commune dont elle est à la tête, se sont vus sacrifiés par celle qu’ils appellent affectueusement « Madame le maire ». A quoi peut-on assimiler de tels actes ? Seule Célestine Ketcha Courtés peut y répondre. Toujours est-il que son activisme improductif, sa volonté de puissance autocratique et son narcissisme légendaire qui sont bien connus dans la région et même au-delà permettent de vérifier l’adage populaire selon lequel, « pas d’intérêt, pas d’action ».

Les faits qui sont têtus, montrent que des mois sont passés après la rentrée scolaire 2015- 2016. Il fallait pour la commune de Bangangté 640 cahiers de 300 pages, des rames de format A4 pour la préparation des cours, près de 2000 boites de craies, 360 cahiers d’appel et bien d’autres consommables pour démarrer la rentrée. Ce package de matériels didactiques n’est jamais arrivé et on se demande comment les enseignants font-ils pour pallier les difficultés inhérentes à ce manque ? Le rideau s’est déjà refermé sur le 1er trimestre, peut-on avoir une idée sur les conditions éminemment difficiles des formateurs dans cette partie du territoire ? Où est passé le paquet minimum de la commune de Bangangté ? Tous ces questionnements ne peuvent trouver de réponses qu’aux lèvres de Célestine Ketcha, maire de Bangangté par ailleurs maitre d’ouvrage du Budget d'investissement public incriminé.

Il est clair que ce sont des parents qui payent les pots cassés et les scandales causés par la maire. Autrement dit, les parents doivent saigner un peu plus pour faire admettre leurs progénitures dans les salles de classes où les instituteurs, parfois contre leur gré, deviennent des maitres chanteurs, donnent de la hauteur à la corruption, gonflent le montant de l’APEE à payer, usent du trafic d’influence, etc., autant de maux dont souffrent les parents de la Commune dont Célestine Ketcha clame dans tous ses discours, « commune de bonnes pratiques de développement local».

Aucun crime n’est parfait

Dans une réunion de comité départemental de suivi et d’évaluation mi-parcours du BIP 2015 à la délégation départementale du Minepat, le représentant du maire au retour, avait dû alerter Célestine Ketcha de son énième scandale. Le « 16 octobre 2015 », Mme le maire a écrit au départemental du Minmap dont l’objet cité était « Transmission de devis confidentiel de l’Inspecteur de l’Education de Base pour paquet minimum BIP 2015 ». Bien évidement, elle n’avait pas prospéré pour le simple fait du retard gravement accusé pour le dépôt de ce document. Plus grave, c’est le « 16 novembre 2015 » que le courrier arrive à la délégation du Minmap. Pour se dédouaner, le minmap crie aux fausses manœuvres. En fait la date du 15 ou du 16 octobre mentionnée ne correspondrait pas avec la date de réception du courrier. Sinon comment comprendre que les locaux de la mairie étant situés à un jet de pierre de la minmap, le courrier passe un mois en route avant d’arriver au minmap ? Dans tous les cas, le minmap a répondu au maire le « 31 décembre 2015 pour : impossibilité de poursuivre la procédure d’acquisition du paquet minimum de la commune de Bangangté », avant de consigner dans la même lettre « Le contrôleur financier auprès de votre commune nous a retourné les lettres commandes sans opposer son visa, ce qui est un préalable de la non disponibilité de l’autorisation d’engagement et de paiement de cette commande publique ».

La suite de l’affaire

M Ntienang Giscard, responsable de l’Ets Nouisi-Cam, attributaire du marché après le lancement et la publication du marché sur le plan national, aurait bel et bien rempli son cahier de charge et serait prêt à la livraison. « J’ai écris au maire quand le contrôleur financier a parlé du non disponibilité l’autorisation

d’engagement et de paiement de la commande publique. De côté de mon entreprise, toutes les dispositions ont été déjà prises. Le paquet minimum a été acheté et stocké. Nous n’attendons que la lettre commande et la note de service du maire. Nous sommes encore dans les délais, car nous n’avons été notifiés à cet effet », déclare M Ntienang. Pour l’heure, le responsable de l’Ets Nouisi-Cam, très connu dans les prestations du genre, crie déjà au manque à gagner. Et si d’aventure, le maire lui écrivait pour exprimer sa désolation, il écrirait à son tour « à qui de droit. Dans tous les cas, j’attends la réponse à ma lettre », prévient-il. Il est vrai que d’autres voix s’élèvent pour stigmatiser l’empressement de l’attributaire. Selon ces personnes avisées, il aurait dû être d’abord notifié avant de se lancer dans sa démarche d&rsqursquo;achat du matériel consigné dans le devis transmis par l’inspection d’arrondissement de l’éducation de base de Bangangté. Pour ces gens, c’est encore un chantage monté maladroitement par « la puissante maire de Bangangté » qui ne veut pas une fois de plus reconnaitre son échec.

Prise dans ses propres trappes…

Le 6 janvier 2016, le comité départemental de suivi du BIP a tenu une réunion au minepat pour évaluer les projets de l’exercice passé. Une recommandation saillante a été formulée : les membres des commissions doivent signer les procès verbaux de réceptions provisoires ou définitives des marchés réalisés sur le terrain et non au bureau comme le fait d’habitude Célestine Ketcha. Les participants ont compris, il s’agira de barrer la voie à ce « stratagème monté par Célestine Ketcha Courtés qui promeut la corruption ». Pour le paquet minimum qui continue à faire les gorges chaudes dans la commune de Bangangté, l’annonce a été faite séance tenante que le maire entend utiliser les recettes propres de la commune pour résoudre le problème. Il va donc falloir débourser 9 274 253 Fcfa pour libérer M Ntienang qui n’a plus la tête sur les épaules. Là encore, ce serait plus que grave car le budget de 2015 a déjà été consommé ou tout au moins bouclé, il y avait aucune ligne prévue à cet effet, mieux, l’argent donné gracieusement par l’Etat, est une recette certaine qui ne demandait qu’à être consommée, une manière de participer à l’effort de guerre pour l’éducation de base enclin aux multiples goulots d’étranglements. « Le mieux à faire c’est d’entrer dans ses poches, si non il y a rien d’autre à faire », suggère un participant à la dernière réunion du BIP 2015.

Le sectoriel de l’inspection d’ arrondissement représenté par un cadre et interpellé au cours de cette réunion, a lui aussi jeté le tord à la Commune et n’a pas voulu s’étendre sur la question.

La situation dans laquelle Célestine Ketcha est plongée aujourd’hui, est un cas d’école de mauvaise gouvernance., D’ailleurs, « c’est une pratique très courue des maires parachutés », même si ce fonctionnaire du minmap en service à Yaoundé, joint par téléphone, semble maitriser ce fonctionnement contre nature, il faut bien dire stop avec grand S à ces pratiques qui maintiennent le pays de Paul Biya dans son inconfortable position d’un des pays les plus corrompus du monde. Du côté de l’Etat, des mesures coercitives et correctives devraient dont être prises pour mettre les maires délinquants aux pas et essayer de sauver ce qui reste à sauver.

In fine, Célestine Ketcha qui fredonne à longueur de journée les bienfaits de la décentralisation, démontre par là sa capacité de duperie. Combien devrait-elle gagner dans cette sale opération ? Est-elle à cela prête ? La question est posée.

Alain NDANGA

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