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Cameroun : Le budget pour la décentralisation ne reflète pas les attentes des collectivités territoriales


Ecrit Par le 19 Apr 2018 Publié dans la categorie: A La Une, Actualités, Cameroun, Finance


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Alors que le secteur charrie de nombreux enjeux pour le pays, le nouveau ministère de tutelle vient d’être doté d’un financement jugé insuffisant pour les problèmes y relatifs.

Elaborer le suivi, la mise en œuvre, l’évaluation du programme gouvernemental en matière de décentralisation, promouvoir le développement local, élaborer la législation en la matière, la réglementation et le contrôle des collectivités territoriales décentralisées (CTD), de la bonne gouvernance locale, du développement socioéconomique, de la tutelle sur les établissements publics à vocation de décentralisation tels le Fonds spécial d’équipement et d’intervention intercommunale (Feicom), le Centre de formation pour l’administration territoriale (Cefam), et le Bureau national de l’état civil (Bunec), sont les missions assignées au ministère de la Décentralisation et du Développement local.

Pour les implémenter, l’ordonnance  présidentielle du 9 avril 2018 dote ce département ministériel créé le 2 mars 2018, d’un budget de 11,477 milliards de FCFA. Il s’agit de lui permettre d’accélérer le processus de décentralisation à hauteur de 7,6 milliards FCFA, d’accompagner et évaluer l’action des CTD en matière de développement local pour 1,108 milliards de FCFA et de rendre opérationnels les services dudit ministère à hauteur de 2,708 milliards de FCFA.

Si dans cette allocation faite à la décentralisation, l’on peut se satisfaire de ce que  des financements sont  alloués aux maires en vue de leur permettre de réaliser des projets identifiés comme prioritaires par les populations à la base (eau potable, électrification, infrastructures routières, éducation, santé… ), l’expert en décentralisation, Dissiombi Langa déplore un fait : « Au regard de l’ampleur des problèmes dont les mairies sont saisies, ces ressources, mises à disposition sous forme d’inscription budgétaire, sont inégalement réparties et leur affectation décidée à Yaoundé, au gré des humeurs des chefs de départements ministériels et de leurs intérêts politiques, sans que les projets financés correspondent aux priorités des collectivités territoriales, ou même à leurs plans de développement. »

Autonomie financière des CTD

On le voit, en dépit des nombreux espoirs que suscite la décentralisation au Cameroun, la dotation financière à elle reversée par le pouvoir central reste perçue comme insuffisante. Notamment lorsqu’on observe les nombreuses compétences transférées aux CTD dont : créer, aménager et entretenir des sites touristiques, construire, équiper, gérer et entretenir des marchés, des gares routières et des abattoirs, suivre et contrôler la gestion des déchets industriels, ainsi que les ordures ménagères, promouvoir et appuyer les micro-projets générateurs de revenus et créateurs d’emplois, créer, équiper, gérer et entretenir les centres de santé, créer et gérer les stades municipaux, les piscines, les parcours sportifs, les aires de jeux et les arènes…

Ceci pose le problème de l’autonomie financière des CTD, présentée par des spécialistes comme le moyen le plus efficace pour parvenir à une véritable décentralisation. Dans son mémoire intitulé : « La problématique du financement de la décentralisation territoriale au Cameroun », l’expert en administration urbaine,  Jean Raoul Nkoudou Bengono, estime que « l’autonomie financière pour les municipalités est une voie à privilégier pour l’amélioration de l’efficacité locale. » Selon lui,  elle a plusieurs avantages puisqu’elle «responsabilise et incite à la transparence dans la gestion. Cela peut aussi motiver les autorités municipales à faire un effort pour élargir l’assiette et améliorer le recouvrement des impôts et taxes. Elle permet également de réduire la dépendance par rapport à des Etats aux prises avec les difficultés de trésorerie. Ce qui engendre des délais dans le versement des transferts et des taxes perçues au nom des collectivités locales. Il arrive même que ces versements soient reportés indéfiniment. Autrement dit, il s’agit d’une véritable décentralisation financière, après transfert des pouvoirs, aux CTD. »  En outre, le mémoire indique qu’« il s’agit pour l’Etat, de définir un champ de ressources propres aux CTD, de définir de manière claire le champ de ressources partagées entre l’Etat et les collectivités et enfin de définir les mécanismes de transfert des ressources du budget de l’Etat à celui des CTD. »

Thierry Christophe Yamb

 

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