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Cameroun : Le gouvernement esquive les problèmes qui plombent la filière du Tourisme


Ecrit Par le 15 Apr 2018 Publié dans la categorie: Actualités, Cameroun


tourisme-camerounais

Alors que les acteurs du secteur sollicitent une suppression de la taxe de séjour et une subvention pour ceux exerçant dans les zones touchées par l’insécurité, les pouvoirs publics tablent sur des projets qui seront probablement mis en œuvre dans dix ans.

L’un des points saillants de la 17è session du Conseil national du Tourisme (CNT) tenue le 3 avril 2018 à Yaoundé est le projet touristique « Grand Yaoundé ». Selon le délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Yaoundé,  Gilbert Tsimi Evouna, dans une dizaine d’années, les localités de Mfou, Mbankomo, Mbalmayo et Soa, vont constituer avec la capitale Yaoundé, une sorte d’agglomération urbaine gigantesque de plusieurs millions d’habitants. Il envisage ainsi d’entreprendre des aménagements qui vont faire de cette mégapole, une cité attrayante.

Une initiative louable en somme. Mais, un projet de plus, si ce n’est de trop. Si tant est qu’en dépit du potentiel touristique dont regorge le Cameroun, la contribution de la filière au PIB atteint péniblement 5%. D’ailleurs à deux ans de l’échéance du Document de stratégie pour la croissance et l’emploi (DSCE), les objectifs assignés à cette filière peinent à être atteints. Entre autres, parvenir à attirer un million de touristes internationaux, six millions de touristes nationaux et créer de nombreux emplois d’ici 2020. Ainsi, au lieu d’entrevoir comment capitaliser les atouts dont dispose actuellement le pays pour booster le secteur et partant l’économie nationale, la 17è session du CNT dont le thème était : « Le tourisme durable, un atout pour le Cameroun » a essentiellement planché sur des sujets distants des préoccupations des acteurs du secteur. Notamment ceux opérant dans les industries d’hôtellerie.

En effet, dans un contexte de crise sécuritaire (Extrême-Nord, Nord-Ouest, Sud-Ouest et Est) où les chancelleries occidentales recommandent à leurs ressortissants d’éviter la destination Cameroun, depuis 2017 la loi a institué une taxe de séjour.  Celle-ci est appliquée aux établissements hôteliers.  Cet impôt va de 1000 FCFA à 5000 FCFA (en fonction des  catégories d’hôtel) pour une nuitée.

Aussi, regroupés au sein du Syndicat patronal des industries hôtelières et du Tourisme (Spiht), les acteurs ont l’an dernier émis le vœu qu’ « en exécution des dispositions contenues  dans la circulaire du 1er janvier 2017 précisant les modalités d’application des dispositions fiscales pour l’exercice 2017 intitulé : mesures de promotion des zones économiques sinistrées, une subvention soit accordée aux opérateurs des Régions de l’Extrême-Nord, du Nord-Ouest, du Sud-Ouest et de l’Est. »

Le Spiht pensait vraisemblablement que la mise en pratique de cette loi, remotiverait les promoteurs du secteur hôtelier exerçant dans les zones économiquement sinistrées. Et qu’elle inciterait les efforts de rénovation de l’existant et permettrait aux entreprises hôtelières d’être un vecteur d’emplois. Etant entendu que d’après le classement de compétitivité du Forum économique mondial, sur les 145000 emplois créés en 2016, l’industrie de l’hôtellerie a créé plus de 100 000.

Apparemment, ces doléances ne rentrent pas dans les préoccupations des décideurs. Puisque ni cette année, ni l’année dernière, elles n’ont été adressées.

Thierry Christophe YAMB

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