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Cameroun,Adamou Ndam Njoya : Etre président au-delà du Noun

Ecrit Par le 18 Apr 2011
Publié dans la categorie: Actualités, Politique

Le président national de l’Udc espère dépasser la barrière psychologique du confinement régional de son implantation. Il est de tous les combats politiques depuis qu’il a créé, en 1991, l’Union démocratique du Cameroun (Udc). Les militants de ce parti, qu’il dirige depuis lors, ne semblent jurer que par lui et ne voient pas l’avenir du pays sans leur leader.Véritable dieu vivant dans sa contrée d’origine, le Noun (région de l’Ouest), Adamou Ndam Njoya fait en effet partie de cette catégorie de politiciens qui font presque l’unanimité dans leur bastion naturel. La preuve, son parti compte 4 des 5 députés actuels du département. L’Udc contrôle également 8 des 9 mairies que compte le Noun. Lors de l’élection présidentielle d’octobre 2004, Adamou Ndam Njoya a cependant obtenu une moisson égale à 4,47% «seulement» des suffrages valablement exprimés. Loin derrière le vainqueur du scrutin, Paul Biya (70,9%) et même de son principal rival dans l’opposition, John Fru Ndi (17,4%). Sur le plan national, l’ancien ministre de l’Education nationale (1977-1980) apparaît donc encore, pour ainsi dire, comme un lilliputien. La conséquence, affirment les critiques, du caractère régional particulièrement marqué de sa formation politique.

Adamou Ndam Njoya

Adamou Ndam Njoya

N’empêche, Adamou Ndam Njoya ne semble pas prêt de baisser les bras. Pour l’élection présidentielle prévue cette année, il n’a pas encore officiellement annoncé qu’il sera de la course. Toutefois, parce qu’il est considéré par ses «frères» comme le «candidat naturel» de l’Udc, il ne fait aucun doute que cet homme de 69 ans, actuellement maire de la commune de Foumban, tentera de nouveau sa chance malgré le contexte général que d’aucuns estiment totalement défavorable à toute alternance au sommet de l’Etat. C’est, disent ses détracteurs, sa seule raison d’exister politiquement. La position du parti est en effet claire. L’Udc conteste par exemple la crédibilité de Elections Cameroon (Elecam) parce que, explique son leader, l’institution désormais chargée d’organiser le scrutin est assujettie au régime en place. Les dés, à en croire Adamou Ndam Njoya, semblent donc pipés d’avance. Dans un marché de dupes manifeste, pourquoi donc choisir quand même d’y aller faire ses emplettes ?

A la question, de nombreux militants de l’Udc disent considérer sa simple «présence» comme une sorte de victoire sur l’histoire. Pas de doute, donc. Même au sein de l’Udc, on a, semble-t-il, l’intime conviction que le combat est perdu d’avance ; que, pour sa troisième tentative après 1997 et 2004, Adamou Ndam Njoya ne sera pas non plus élu président de la République en 2011. En terme de valeur intrinsèque, le maire de Foumban en a pourtant à revendre. Il a, comme on le dit habituellement, le profil de l’emploi. Après des études primaires et secondaires au Cameroun, il a en effet poursuivi son cursus supérieur en France, où il obtient un doctorat de 3e cycle et un doctorat d’État en droit public international et en sciences politiques.
Étudiant à l’Institut international d’administration publique (Iiap), il a suivi tour à tour des stages au ministère des Affaires étrangères, à l’ambassade de France à Londres et dans des organisations internationales, avant de retourner au Cameroun en 1969.

Adamou Ndam Njoya fut brièvement salarié du ministère des Affaires étrangères (1960-1970), avant d’être nommé par Ahmadou Ahidjo au ministère de l’Éducation nationale en 1977. En 1980, il devient ministre délégué à la présidence en charge de l’Inspection générale de l’État et des Réformes administratives. Un poste qu’il occupe jusqu’en janvier 1982, lorsqu’il est remercié par le premier chef de l’Etat du Cameroun. Qui démissionne lui-même de ses fonctions quelques mois plus tard. Adamou Ndam Njoya consacrera dès lors son temps à l’enseignement. On entendra de nouveau parler de lui en politique à la faveur de l’avènement du multipartisme au Cameroun, période à laquelle naît l’Udc avec, en ligne de mire, la décentralisation du gouvernement et le respect des droits des minorités. Aujourd’hui, la lutte contre la corruption s’est ajoutée à la liste de ses priorités.
© Source : Mutations 02/11