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Chantal Ayissi “Il faut confier la gestion des sociétés de droit d’auteurs à la société reconnue par la loi”

Publié par Jun 20th, 2009 et classé dans Célébrités. Suivre toutes les réponses pour cet article par le flux RSS 2.0. Les réponses sont actuellement fermées, mais vous pouvez effectuer un trackback depuis votre propre site.

chantal-ayissiL’artiste, la diva de la musique camerounaise, de passage à Bruxelles le week-end dernier pour un concert parle, de la discorde pour la gestion du droit d’auteurs, des jeunes camerounais, de la richesse culturelle du Cameroun. S’agissant du phénomène de la piraterie des œuvres musicales, Chantal Ayissi puisqu’il s’agit d’elle pense qu’il faut que le président de la république tape le poing sur la table, pour mettre un terme à cela. Rencontre

Bonjour Chantal Ayissi, ravi de recevoir l’équipe de Camer.be. Tout d’abord, où vit Chantal aujourd’hui?

Bonjour à vous et merci. Je vis à Paris en France où je suis installée depuis 9 ans.

Depuis 9 ans vous vivez en France, est ce que vous retournez de temps en temps au Cameroun ?

J’y vais mais pas constamment car, je travaille plus à l’extérieur qu’au Cameroun

Chantal, comment fais-tu pour rester toujours aussi belle après tant d’années ?

Chantal soigne toujours son image. Quand on dit qu’on est une star, on doit faire rêver ses fans. Ceci veut également dire que la star prend soin d’elle, de son corps tout en respectant sa famille, son public.

Parlant justement de votre famille, la famille Ayissi. Avez-vous pensé un seul instant à faire un album commun avec Ayissi le Duc et Imane Ayissi ?

Nous avons toujours été ensemble, nous avons commencé ensemble et nous continuons dans le même sens. Il est aussi bien vrai que chacun évolue seul mais, dans la tête et la pensée, nous sommes toujours unis. Sortir un album ensemble, c’est un peu difficile car, Imane Ayissi est beaucoup plus styliste et actuellement fait carrière dans la mode. Ayissi le Duc et moi n’avons toujours pas les mêmes calendriers de spectacles.

Nous allons maintenant parler de votre dernier album intitulé « Miroirs ». Pourquoi miroirs ?

Mon dernier album porte le titre de Miroirs parce que la femme est comme le miroir. Si on n’a pas une femme à la maison, ceci voudrait bien dire qu’on a une maison froide.

Nous avons également constaté que dans cet album, vous avez invité une pléiade d’artistes. Qu’est ce qui se cache derrière cette initiative ?

J’ai travaillé avec plusieurs artistes parce qu’une œuvre bien faite devra s’entourer de toutes les expériences. Aussi, je tiens à souligner qu’en travaillant avec des artistes, je voudrais faire œuvre de l’unité car, notre pays a besoin de cette unité. Les camerounais doivent comprendre qu’un bon travail doit se faire à l’unisson, qu’on parle tous le « Vert-rouge-jaune, Ndlr , couleurs du drapeau du Cameroun ». L’unité est nécessaire pour nous. A mon niveau, j’essaie de travailler avec plusieurs artistes dans le but de refléter cette pluralité de cultures que nous avons au Cameroun.

Est-ce la raison pour laquelle dans votre dernier album vous chantez également en plusieurs langues ?

J’ai toujours chanté en plusieurs langues. N’oubliez pas que j’ai commencé ma carrière artistique par le groupe intitulé Le Balai national. Quand on parle du Balai national, on sous entend que l’on représente le Cameroun comme les Lions Indomptables d’avant.

Parlant de l’actualité musicale au niveau du Cameroun, certaines critiques affirment que la tendance actuelle au Cameroun est de faire la chanson du « bas ventre », en d’autres termes, la musique orientée vers le sexe. Que pensez vous de ce constat ?

Je suis vraiment désolé de faire également le même constat. Ce n’est plus le Cameroun d’avant où l’on respectait les valeurs. Je pense pour ma part que nous avons une culture très riche et diversifiée pouvant servir de champ d’inspiration à plusieurs artistes.

Qu’est ce que Chantal pense de la musique camerounaise ?

Le Cameroun est riche en culture. J’ai beaucoup voyagé et au regard de ce que j’ai vu ailleurs, sans toutefois prendre le risque de me tromper, le Cameroun à des valeurs à préserver. Regardez par exemple le Bikutsi, il est très fort mais, il faut relever son image pour ne pas se limiter uniquement au sexe. Nous avons le Mangambeu, le Ben Skin, le Makossa, l’Ambass Bey, l’Assiko etc. que nous pouvons imposer dans le champ musical partout où nous pouvons nous retrouver.

Actuellement au Cameroun, la question des sociétés de gestion des droits d’auteurs est une fois encore sur la sellette. Quel sentiment cette situation vous donne ?

Nous sommes dans un pays désorganisé. On ne respecte pas la loi chez nous, chacun est patron. On ne respecte personne. Certains pensent que parce qu’ils ont de l’argent qu’ils se permettent de tout. Le problème relatif à la société de gestion des droits d’auteurs au Cameroun trouve sa source dans le non respect de la loi. Cette affaire de la gestion des droits d’auteurs regarde le politique qui doit trancher. Mais, je crois qu’il faut confier la gérance des sociétés de droit d’auteurs à la société reconnue par la loi.

Question personnelle Chantal, est ce que vous vivez de votre art ?

Chantal Ayissi vit de son art. Je voyage beaucoup, je fais des concerts, et je suis bien payée. Chaque semaine, je suis toujours partante.

Que pensez vous de ceux qui disent que plusieurs artistes camerounais ne vivent plus de leur art à cause de la piraterie ?

Parlant justement de ce phénomène de la piraterie, il faut que le président Biya se lève un jour et décide de mettre un terme à cela. Il parait qu’au Cameroun, les hauts placés sont tous mouillés dans la piraterie. Mon album intitulé « La femme aujourd’hui » a été piraté au Cameroun.. Il n’y a que le président de la république pour susciter la fin de ce phénomène.

Que diriez-vous à des personnes qui voudraient se lancer dans une carrière musicale ?

En dehors de la musique, je pense qu’il devient de plus en plus urgent de rééduquer la jeunesse camerounaise qui croit que tout est facile et qui ne respecte personne. Celui qui voudrait faire carrière dans la musique doit s’entourer des aînés, travailler dur, éviter de tricher et croire en ce qu’il fait.

Vous parlez beaucoup de la jeunesse, avez-vous d’autre griefs envers cette dernière ?

Comme je l’ai déjà mentionné, la jeunesse camerounaise ne respecte pas les aînés. Regardez ce qui se passe sur Internet. Cet outil a été crée pour stimuler la connaissance, se cultiver. La jeunesse camerounaise utilise Internet pour insulter, critiquer sans construction. Il faut que ces jeunes qui ont la passion d’insulter sur Internet comprenne que ces insultes nous concernent tous. C’est le Cameroun tout entier qui est insulté.

Un dernier mot à l’intention de nos lecteurs ?

Je remercie Camer.be de me donner l’opportunité de m’exprimer dans ses colonnes. L’Afrique va mal et c’est à nous de travailler ensemble pour la reconstruire. Les journalistes se doivent aussi de travailler dans ce sens. Il y a de plus en plus de faux journalistes, qui ne diffusent que du négatif, on se demande souvent où on va. Chacun devra travailler durement pour le développement de nos pays.

Camerbe : Propos recueillis par Hugues SEUMO

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