Le bassiste, chanteur, arrangeur et producteur camerounais vient de boucler une tournée internationale après la sortie de son dernier album.
Vous avez exclu le Cameroun d’une tournée internationale que vous venez de bouclez. Qu’est-ce qui explique un tel choix ?
Depuis la sortie de mon dernier album, ” Massoma “, en juin 2008, je suis effectivement en tournée internationale. J’ai fais une série des spectacles en France, en Hollande, aux Etats-Unis, Espagne, au Brésil, et partout où j’ai pleins de spectacles. Mais le plus grandiose c’était le 19 juin 2009 au New Morning, une mythique salle de jazz à Paris où des noms connus comme Miles Davis, Marcus Miller, Earl Klug, Alain Caron, etc y sont déjà passés. Ce dernier était d’ailleurs dans cette mythique salle une semaine avant moi. C’est avec plaisir que je comptais revenir au Cameroun pour faire un grand concert inédit puisque vous savez qu’en dehors des cabarets, je n’ai jamais fait un concert grand public pour les Camerounais. J’ai même été contacté par des promoteurs culturels pour des spectacles à Yaoundé et Douala ensuite pour l’événement Yafe (Yaoundé en fête). Mais, à quelques jours du rendez-vous l’organisateur a annulé les rendez-vous. Je crois que c’est reporté pour l’année prochaine. Il ya des pleins de gens qui ont une certaine image de moi, comme quoi, je suis un musicien qui coute très cher alors qu’il y a des musiciens de mon gabarit qui ont déjà fait des spectacles au Cameroun. C’est vrai que pour déplacer les artistes qui vivent en Europe, il faut le billet d’avion, les frais d’hôtels, le cachet, etc. C’est l’argument que brandissent certains opérateurs économiques culturels. Or, il n’en est rien de tout ça. Ma musique n’est pas seulement pour les riches comme certains sont tentés de le dire. Tout le monde y trouve son compte.
Vous confirmez l’adage que nul n’est prophète chez soit ? Vous faites dans le monde entier et des organisateurs de spectacles n’arrivent pas à vous à vous organiser un concert au Cameroun…
Ce que je sais faire, c’est composer les musiques, les arranger et chanter. Le métier d’organisateur de spectacle, c’est quelque chose d’autre. Et si jamais je mets à organiser les spectacles, et s’il ya des loupées, vous serez les premiers à décrier. C’est vrai que beaucoup de personnes se plaignent que je n’ai fait de spectacle au Cameroun, c’est vrai, mais je préfère que toutes les conditions soient réunies pour un spectacle digne d’un standard international que de bricoler un truc tropical. J’ai beaucoup du respect pour mes fans pour les servir n’importe quoi. Si tout est organisé, je suis prêt à venir au Cameroun avec mon groupe, le ” Kool bass band “.
Après deux albums concepts, qu’est-ce qui vous a finalement motivé à finalement sortir un album solo ?
J’ai effectivement fais un premier album concept en 2001 baptisé “Cameroun fusion “. Un album autour duquel j’ai réunit de gros noms du makossa comme Douleur, Ben Decca qui chantait ” la rue de la joie “, Dina Bell qui a fait un duo avec Charlotte Mbango, Henri Njoh, et plusieurs autres noms. Après, j’ai fais un autre album concept baptisé ” love story “, Afro-caraïben, avec beaucoup d’artistes tels que Victor Martinez, Daniel st val, et des artistes musiciens africains tels que Meiway, Monique Seka, Lokua kanza, Epée et Koum, Stéphane Dayas du Cameroun. En 2008, j’ai décidé de faire un album solo où je me suis fais entouré de musiciens de renoms. Je cite Mario Canonje, Thierry Vaton (claviers), Louis Winsberg (guitare), Stéphane Gueri, Yves Njog, Etienne Mbappé (guitare), Olivier Mbouyem, alain Debiossat, Nicolas Gueret (saxophone), Francis Lassus (batterie), Manuel Wandji (percussion), Queen Eteme, Guillaume eyango (chœurs) et moi-même à la bass. Vous constatez ce sont tous des musiciens talentueux qui m’ont apporté leur expertise dans ce troisième entièrement jazz, afro, latino. Vous comprenez aussi pourquoi les mélomanes de tous les coins de la terre trouvent leur compte.
Propos recueillis par Eric Roland Kongou, Mutations











