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Monique Seka, la plus Camerounaise des Ivoiriennes

Publié par Dec 10th, 2009 et classé dans Célébrités. Suivre toutes les réponses pour cet article par le flux RSS 2.0. Les réponses sont actuellement fermées, mais vous pouvez effectuer un trackback depuis votre propre site.

moniques-sekaAu regard des succès et des distinctions par elle glanés sur la scène continentale, mondiale et même de son parcours musical, l’on en vient tout simplement à conclure que Monique Séka, la reine de l’Afro Zouk, était prédestinée à une belle carrière. Née dans une famille de musiciens, l’une des plus belles voix d’Afrique qui vit aujourd’hui en France a été très tôt mordue par le virus de la musique. Elle avait à peine sept ans qu’elle fredonnait des airs de musique de Bébé Manga du Cameroun par exemple. Son apprentissage, elle le doit à sa famille. D’abord aux côtés de son père Okoi Seka Athanase, chanteur très populaire en Côte d’Ivoire dans les années d’après indépendance, et ensuite aux côtés de ses grandes tantes connues sous le nom du très mythique groupe dénommé « Les sœurs Comoé ». Auprès de celles-ci, celle qui aujourd’hui est une grande dame de la musique africaine et qui s’apprête à souffler sur la 25ème bougie de sa carrière d’artiste va prendre ses premiers cours de musique. Après avoir fourbi ses armes, elle va rejoindre l’orchestre de la Radio télévision nationale ivoirienne. « Nous sommes en 1981 », confie l’artiste.

Elle y passe plusieurs années comme choriste. Tout se passe plutôt bien pour la jeune artiste qui met à profit cette expérience pour travailler davantage sa voix. Entre temps, celle qui, à travers sa voix envoûtante, suscite la curiosité et force l’admiration, est submergée de sollicitations. C’est alors qu’elle se voit sollicitée par de grosses pointures qui souhaitent voir « la nouvelle étoile montante de la chanson ivoirienne » les accompagner en studio pour l’enregistrement de leurs albums. Influencée par des artistes telles Bebey Manga, Mpongo Love et bien d’autres encore, Monique Séka qui pense avoir suffisamment appris pendant ce temps qu’elle qualifie de « longue période d’apprentissage » se lance dans une carrière solo. Elle sait d’office que le chemin qu’elle va emprunter est plein d’embûches mais, elle va s’y aventurer avec l’onction de ses parents qui croient dur comme fer que leur progéniture a des atouts pour réussir. « J’ai beaucoup appris auprès de tous ceux avec qui j’ai travaillé et j’avais pensé qu’il était vraiment temps de me lancer dans une carrière solo. Au départ, j’avais beaucoup d’appréhensions et je savais bien que les choses n’allaient pas se passer comme sur des roulettes. Avant d’entreprendre toute carrière, il faut bien se dire que ce ne sera pas facile. Le plus important c’est de croire en ses capacités. C’est ce que j’ai fait », révèle l’artiste.

Avec cinq albums (Anthologie en 2000, Yelelé en 1999, Adeba en 1997, Okaman en 1995, Missouwa en 1989), même si d’aucuns trouvent que c’est très insuffisant en 25 ans de carrière, Monique Séka a tout de même le mérite d’avoir conquis les cœurs des mélomanes les plus irréductibles. « En Afrique, on veut tout faire et on mélange tous les genres musicaux. Ce qui n’est malheureusement pas le cas en Europe où chacun sait ce qu’il a à faire. Quand un album est bien je me lance. Je pense que le fait de sortir des albums à temps et à contre temps frise le gaspillage. Je suis de ces artistes qui prennent du temps pour composer les chansons. Un album n’est pas une mince affaire. Il est vrai que depuis bien longtemps je n’ai pas sorti d’album mais je puis vous dire que cela ne pourrait tarder. Car pour l’instant, j’en suis à préparer mon prochain album qui sortira l’année prochaine », tient à préciser la reine de l’Afro Zouk.

Artiste pluridimensionnelle

Artiste représentant la troisième génération d’une dynastie, Monique Seka, mère de deux garçons et d’une fille est une observatrice avertie de la scène musicale et footballistique .. Sur la piraterie elle a d’ailleurs sa petite idée : « Vous savez que partout en Afrique la piraterie existe. Mais il faut dire qu’en Côte d’Ivoire mon pays, le gouvernement semble avoir pris à bras le corps ce mal que représente toujours la piraterie. C’est dans l’optique d’y apporter des solutions que le chef de l’Etat a cédé le bureau des droits d’auteurs. Et avec l’installation de Gadji Céli au poste de président du conseil d’administration, tout semble véritablement rentrer dans l’ordre. Nous nous plaignons de moins en moins mais cela ne voudrait pour autant pas dire que nous avons atteint le degré zéro de la piraterie. Les gouvernements et notamment les ministères en charge de la Culture devraient mettre les bouchées doubles sinon les artistes seront toujours considérés comme ils le sont aujourd’hui dans certains pays ». Et Monique Séka de poursuivre : « Je suis très sollicitée par des associations pour la construction d’une maternité dans un village de mon pays. Le projet avance considérablement et pour l’instant, permettez que je vous dise que nous sommes à la phase de la recherche des financements et des partenaires. Ce projet ne va pas seulement se limiter en Côte d’Ivoire. Nous entendons nous installer aussi bien au Togo qu’au Cameroun parce que vous savez que chaque fois que je suis au Cameroun, je me sens chez moi. Ici, tous ceux que je rencontre sont très accueillant et je raffole tous les mets du pays de Manu Dibango ».

Le football constitue également l’une de ses passions. « Je suis très contente de la récente qualification de la Côte d’Ivoire pour le mondial 2010 en Afrique du Sud. Je sais que ce sera difficile pour mon pays qui devra rencontrer le Brésil qui est une grande nation de football. Je reste optimiste tout de même quand à la qualification des Eléphants pour le second tour», déclare-t-elle, non sans se réjouir de ce que les Lions Indomptables du Cameroun aient pu eux aussi se qualifier alors que certains observateurs de la scène footballistique ne les donnaient plus favoris.

Artiste pluridimensionnelle, Monique Séka est de cette frange qui a su porter la musique africaine sur les fonts baptismaux. En 1981 lorsque démarre une carrière qui l’aura permis de faire le tour du monde et de chanter pour tous les âges avec les plus grands noms de la musique mondiale, elle est encore adolescente. Elle est alors animée par l’ambition de se faire un nom. Aujourd’hui, c’est pari gagné. La starlette d’hier a suffisamment fait du chemin même si elle avoue que tout n’a pas été rose pendant 25 ans. « La musique africaine a bien évolué en si peu de temps. Aujourd’hui, l’Afrique peut se targuer d’avoir eu de grandes artistes. Sur la scène européenne, ils font la pluie et le beau temps. Parmi ces artistes pour qui j’ai du respect se trouvent Manu Dibango, Gadji Céli, Pierrette Adam’s et j’en oublie certainement. Donc vous constatez de vous-même que la musique africaine a décollé. Les artistes font ce qu’ils peuvent, ce qui est authentique. Il reste qu’ils ont besoin d’être soutenus » argue t-elle.

Par lemessager | Le Messager

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