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Adolph Claude Moundi (Petit Pays) : « J’ai été à la tête de tous les hits parades africains »

petit-pays2Adolf Claude Moundi est plus connu sous son nom de scène Petit Pays. Vedette incontestée de la musique camerounaise et même africaine depuis près de 20 ans, il ne laisse personne indifférent notamment en raison de sa propension à provoquer. Il a bien voulu se confier récemment lors de l’émission ENTRETIEN AVEC…diffusée tous les jeudis à 22 heures sur STV2.

Le 05 juin dernier, vous avez célébré votre 44e anniversaire. Comment doit on vous appelez : Turbo, Oméga, Rabba Rabbi ou Adolf ?
Cela dépend de tout un chacun.Chaque personne ressent un feeling en m’appelant. Il y en a qui préfèrent Rabbi, d’autres Maitre, Oméga ou Turbo…

Si on, parlait de vos parents. Dans votre premier album vous chantez que votre père était haoussa, l’était il réellement ?
Vous savez, on est beaucoup plus sûr de l’origine de sa maman que de celle de son père. Je ne peux pas vous apprendre cela. Mon père était camerounais. Un Camerounais connu. Mais il n’est plus et moi je suis la continuité de mon père. Ce qui est sensé est que je suis camerounais à cent pour cent.

Peut on dire que votre mère vous a élevé entièrement ?
J’ai vécu dans une ambiance familiale normale, c’est-à-dire ma mère, les frères et les sÅ“urs de ma mère, ses parents, ses oncles et ses tantes. Donc, j’ai grandi dans cette chaleur familiale. Des grands frères comme Aimé Ndjombi m’encadraient. J’étais gâté et très aimé de tous. C’est moi l’aîné de la famille, j’ai deux frères et une sÅ“ur.

Dans quelles conditions avez-vous été élevé ? Votre famille était elle aisée ?
ImageNous étions une famille qui ne se plaignait pas, digneintérieurement, une famille autosuffisante, qui craint Dieu. Et vous savez que là où l’on croit en Dieu il n’y a pas de faim

Quel type d’enfant étiez-vous : turbulent, calme ?
J’ai vécu tout près d’ici, à Bonédjang, ou encore Bonakouamouang. J’ai toujours été un enfant très taquin, je donnais des surnoms à la plupart des aînés ; ce qui amusait les gens au quartier et cela ne plaisait pas à certaines personnes et jusqu’ aujourd’hui, je continue à le faire.

Il parait que l’on vous a également surnommé Roger Milla…
Oui ! Car, je me débrouillais, comme tous les jeunes, au football.

Quel type d’études avez-vous suivies?
Après mes études primaires, je continue au centre pratique de formation ouvrière CEPEFO à Bonapriso, chez le feu Soppo Priso.

Est-ce vrai que c’est un centre qui accueillait les élèves récalcitrants ?
Nous, à l’époque, on voulait juste apprendre un métier. Moi, je m’initiais un peu dans le dessin en bâtiment et, en troisième année, on faisait aussi des concerts interscolaires et j’étais déjà l’un des meilleurs chanteurs. Je n’étais pas trop études, mais beaucoup plus musique et sport. J’y allais juste parce qu’il fallait aller à l’école, puisque chez nous ici c’est l’école qui domine. Plus tard, je suis allé en France, j’ai suivi deux années de droit à Assas, pas loin du Panthéon. Mais j’avais quelque chose en moi qui m’animait : le génie musical.

Vous vous êtes rendu en France en 1985. Pourquoi vous a-t-on rapatrié ?
(Surpris par la question). On m’a rapatrié parce que je n’avais pas de papiers…

Vous partez avec un visa de touriste pour poursuivre vos études. Pourquoi ne pas avoir demandé un visa étudiant ?
Je n’avais pas les moyens d’aller avec un visa d’étudiant. Ma famille en France a voulu que j’y aille avec un visa de touriste. Je me suis rendu un jour à la préfecture de police, et on m’a retenu, on m’a conduit dans un commissariat et le pire c’est que je n’ai pas été soutenu par les miens.

Pourquoi dites-vous que votre famille vous a lâché ?
En Europe, si vous avez une adresse pour justifier votre lieu de résidence cela est suffisant pour qu’un avocat vous défende et vous restez sur le territoire .C’est gênant de le dire, mais ma famille m’avait lâché en France.

Vous avez dû avoir honte de rentrer au Cameroun comme un malpropre ?
Une fois arrivé ici c’était un peu la honte mais à l’époque, je n’étais pas encore populaire personne ne me connaissait. Mais seulement c’était honteux car, partir c’était un peu une réussite. Alors à peine parti un an plus tôt, et que l’on vous rapatrie ce n’est pas facile à accepter. Donc, je passais mes journées à dormir et les nuits je me baladais dans les cabarets et les boites de nuit, où j’essayais d’interpréter quelques chansons. Ce qui n’était pas évident, car des gens comme Kotto Bass étaient déjà bien installés, contrairement à moi qui n’avais encore rien prouvé. Heureusement, des grands frères comme Aimé Ndjombi m’ont soutenu ; quand il venait en Vacances au pays il m’emmenait partout, ce qui m’a encouragé.

Mais comment faites vous pour repartir en France ?
Je repars, car il y a eu, comme on dit, « l’Ange Gabriel » qui est venu. Ma mère gérait les biens de la famille. Il y a eu une dame qui est arrivée avec une somme d’argent afin de prendre un appartement en location. Elle a remis de l’argent à ma maman : six mois d’avance et elle n’est plus jamais revenue intégrer la maison. Ma mère m’a remis cette somme et je me suis acheté un billet d’avion pour repartir.
N’étiez vous pas fiché par la police française ?
Non, puisqu’il n’y avait pas de motif en tant que tel. Il n’y avait pas un cachet sur mon passeport .Je pars, une fois de plus, avec un visa touriste.
Comment avez-vous donc réussi à vivre à Paris ?
J’ai commencé à travailler, j’étais plongeur dans des grands restaurants. Mais, il y avait aussi, dans ces restaurants, des vices, car ces blancs voulaient souvent aller avec moi. J’attirais beaucoup d’hommes. (Retirant subitement son chapeau) Il parait que c’est parce que je ressemble à ma mère. Mais, j’avais un peu d’argent qui me permettait de vivre, je dormais un peu partout, chez des amis, etc. Souvent, je me retrouvais en compagnie de jeunes dames plus âgées, parce que je voulais dormir.
Est-ce à ce moment que vous rencontrez votre future femme Maria ?
J’ai rencontré Maria durant cette période. Elle n’avait qu’un ou deux ans de plus que moi et je ne m’attendais pas à avoir une femme pareille : taille mannequin, juriste de carrière, docteur en Energie…

Comment l’avez-vous rencontrée ?
J’étais ami avec un Français qui travaillait dans une banque et, un jour, il me propose de l’accompagner à une fête chez des amis à lui. J’ai accepté. Mais, j’étais un peu retranché, car ils parlaient d’école, de littérature et moi…J’ai donc rencontré Maria, on a sympathisé et j’ai demandé son numéro de téléphone. Elle a répondu que cela n’était pas possible. J’habitais à l’époque chez Alain Njockè. j’ai donc glissé mon numéro sur un bout de papier que je lui ai ensuite remis. Puis, une semaine plus tard, j’avais presque oublié cette rencontre, elle laisse un message qui me demandait de la retrouver quelque part sur les Champs Elysées. Il y a donc eu quelque chose entre nous et, finalement, on s’est marié.

En 1987 vous sortez votre premier album « ça fait mal ». Qu’est ce qui fait mal, Petit pays ?
Ce sont des chansons qui parlent un peu de mon parcours. J’ai rencontré un grand frère là-bas, qu’on appelle Eyabè Kwedi. Un grand producteur, amoureux de musique, qui m’a donné la chance de ma vie et m’a permis d’entrer en studio avec des gens comme Toto Guillaume pour les arrangements. Un album qui a connu un vrai succès. J’ai fait les deux premiers albums. Je n’avais pas d’argent, mais je mangeais chez Eyabè Kwedi tous les jours et j’avais le minimum pour vivre…

Il vous exploitait, n’est-ce pas ?
J’étais plus dans une phase d’apprentissage et le minimum que l’on me donnait me suffisait. Le quatrième album a été réalisé par Manu Lima, avec ce titre phare « ça ne va pas », qui m’a propulsé dans toute l’Afrique. J’ai été en tête de tous les hits parades africains : au Gabon, au Niger, en Côte d’Ivoire et même aux Antilles. C’est donc à ce moment, à travers des concerts, des tournées, que j’ai commencé à gagner de l’argent…

A partir du cinquième album, « Avant goût », vous vous auto-proclamé Turbo d’Afrique. Au sixième album, « le meilleur des meilleurs », avec le célèbre titre « Niocser » Pourquoi ce titre ?
Vous savez ces mots je ne les ai pas inventés. Maintenant, il y a des intonations différentes dans chaque pays du monde ou d’Afrique. Au Cameroun, cela veut dire ce que cela veut dire.

Cela veut donc dire quoi ?
Moi, j’ai pensé, comme un garçon qui aime faire de l’ambiance, pour dire que « ça danse », je dis « ça niocse ». Maintenant, chacun est libre de l’interpréter à sa manière.

En mai 1996, un double album , « classe F classe M » avec plus de 50.000 cassettes vendues au Cameroun…
(Il coupe et ajoute rapidement) 50.000 cassettes vendues en un jour….

Oui, mais parce que vous avez osé poser nu sur l’affiche. Qui vous propose de le faire ?
C’est moi-même qui en ai eu l’idée. Je l’ai fait parce que je voulais rentrer dans l’histoire. Vous savez, même en Europe, tout le monde n’a pas accès à l’histoire française .Donc, moi je voulais rentrer dans l’histoire de l’Afrique en m’exprimant autrement .Ce métier n’est pas reconnu chez nous. Il y a 15 ans, par exemple, les footballeurs étaient considérés comme des ratés, mais de nos jours, beaucoup de parents sont même prêts à vendre leur maison pour que leurs enfants jouent au football. La musique n’a pas pu exploiter ce genre de force, car les aînés n’ont pas travaillé dans ce sens là. Ils ont pensé à eux-mêmes, ils venaient en vacances s’amuser, puis ils rentraient dormir à Paris. Personne avant moi n’a osé.

Comment avez eu cette idée ?
Cela m’est arrivé spontanément. C’est-à-dire, je suis arrivé dans le studio de photo à Paris et j’ai improvisé. La dame qui était chargée de me photographier était très surprise, mais je lui ai demandé de supporter, car je voulais rentrer dans l’histoire de l’Afrique.

Mais pourquoi êtes vous parti du Cameroun par la suite ? Est-ce que la police vous a recherché, parce que vous avez osé poser nu ?
J’ai entendu ce bruit. Mais le fait de poser nu, est-ce une raison pour arrêter une star ? Je sais que lors de mes voyages à Yaoundé, certains policiers m’interpellaient en me disant que je suis recherché mais ils n’avaient pas de motifs.

Mais il y a t il eu des réactions : des gens qui ont apprécié et d’autres pas ?
Oui bien sur ! Même dans ma famille, il y en a eu.

Qu’est ce que votre mère, par exemple, a pensé ?
Ma maman n’a jamais été d’accord avec ce genre de choses, puisque c’est une croyante, mais elle m’a mis au monde et l’enfant a son génie, même si c’est un génie qui choque. L’album s’est très bien vendu et cela m’a permis d’aller partout.

En septembre 1997, vous sortez votre deuxième double album « Evangile tome 1 et 2 ». A l’époque, on dit que vous auriez marché nu et que vous étiez attaché chez un marabout à Kribi, parce que vous déliriez. Est-ce que cela est vrai ?
Il m’est effectivement arrivé d’aller à Kribi…

Je ne vous demande pas si vous êtes déjà allé à Kribi. Mais plutôt si vous y avez été lié chez un marabout ?
(Surpris). Qui m’a vu nu et attaché quelque part ? J’étais à Kribi et j’ai vu des gens que tout le monde voit. De bonnes et de mauvaises. Des choses qui existent avant l’être humain et celles qui ont été créees après nous. (L’air mystérieux). Des choses visibles et invisibles.
Pourquoi êtes-vous allé voir les choses dont vous parlez. Aviez vous des problèmes ?
Je suis un être humain et il fallait que je découvre le monde. Je pense qu’avant nous le Dieu du ciel a d’abord crée des choses invisibles. Pourquoi chez un homme par exemple qui a plus de quarante ans, la vue commence à diminuer ? Parce qu’il y a une limite. Ce qui veut dire qu’il y a des choses qu’on ne voit pas, mais qui existent, comme le vent…

Plus récemment, certains journaux ont fait état d’un de vos disciples dans les Sans Visas : le marquis de petit pays. On dit qu’on l’a retrouvé sur le pont du Wouri en train de marcher nu à trois heures du matin. Est-ce vrai ?
Je n’étais pas là, mais j’ai également entendu cela…

L’avez-vous vu depuis lors ?
Je ne l’ai pas vu de puis. J’attends de pouvoir le voir pour pouvoir en parler.
Vous apprenez des choses graves sur son compte et vous ne le cherchez pas ?
J’estime que c’est un grand garçon et il sait ce qu’il fait. Peut être voulait-il nager ou peut être avait-il chaud…

Il vous est arrivé de venir à certains de vos concerts dans un cercueil. Pourquoi le faites vous ?
Cela fait partie de l’homme, du show business et du coté mystérieux de Petit Pays. Je ne fais pas cela pour faire parler les gens.

Plus tard, vous vous déguisez en femme. Pourquoi ce titre « La Monako » ?
Je voulais ressembler à une femme, parce que j’adore les femmes et, à mon avis il n’ y a rien de plus beau sur terre qu’une femme. Ma mère se plaint de cela elle me demande de me méfier des femmes, mais moi je les aime. Le jour où j’ai fait cette photo, je me suis rendu déguisé au studio à Paris. Les Français qui m’ont vu, m’ont traité de tous les noms, mais j’étais sur mes talons et j’étais à l’aise.

Voulez vous nous dire que vous êtes sorti de chez vous déjà habillé en femme pour le studio de photo ?
Oui, il fallait le faire. Je voulais déjà m’imprégner de la photo.

Quelle a été la réaction au Cameroun ?
Toujours la même : vous critiquez toujours Petit Pays et je ne vous en veux pas de le faire, parce que vous n’avez pas tort.

Peut être qu’on le fait parce qu’on ne comprend pas assez votre philosophie.
Est-ce que c’est une philosophie ?

C’est quoi alors, une avance sur le commun des mortels ?
Est-ce que c’est une avance ?

Qu’est ce que c’est alors ?
C’est le génie qui fait son travail. Mais un génie qui plait à certains et déplait à d’autres. C’est mon esprit qui me demande de le faire…

Faites-vous tout ce que votre esprit vous recommande de faire ?
Non, pas tout, sinon je n’en serais pas là aujourd’hui.

Est-ce que l’on ne peut pas dire à présent que vous faites de la musique facile lors vous chantez le même mot du début à la fin, comme « Fiko, Fiko ». Au fait, qu’est ce que cela veut même dire?
A votre avis ?

Je ne sais pas c’est pour cela que je vous pose la question…
C’est un mot que j’ai inventé. Moi, je peux l’interpréter à ma façon. Quand le public camerounais ne comprend pas, alors on déduit que Petit pays chante des bêtises. Vous savez, quand on fait de la musique, il faut souvent tenir compte du fait qu’il y a certaines personnes qui ont d’autres préoccupations et ne veulent pas entendre la musique qui fait réfléchir. Ils veulent plutôt de l’ambiance. Donc, il faut pouvoir tenir compte de cela dans un album. Hélas, ce n’est pas le cas de la plupart des Camerounais. Je pense à tout le monde, raison pour laquelle, quand j’arrive, il y a un public qui m’attend.

Votre dernier album controversé « Frotambo », il y a le titre Pédés. Pourquoi chanter sur ce thème ? Etes vous bisexuel?
Je suis un homme et cela se voit. Maintenant, je respecte le plaisir, il m’est arrivé de voyager et de voir comment les gens se comportent dans le monde entier. Dans la chanson pédés, le thème quand, on le comprend bien, a un sens. Je n’encourage pas cette pratique mais, en même temps, je ne la condamne pas. Aujourd’hui, plusieurs jeunes font attention, grâce à cette chanson…

Vous dites dans la chanson :« J’aime mon gars, j’adore mon gars ». Avez-vous un gars ?
(Silence) Pourquoi ne pas aimer un gars ?

Souhaitez-vous qu’on dépénalise la pratique de l’homosexualité au Cameroun ?
(Hésitations). Je ne sais pas. Je n’ai pas envie de me prononcer là-dessus. Mais je pense que le plaisir est libre…

Comment vous est venue l’idée de constituer le groupe les Sans Visas ?
Avant de partir du Cameroun, j’étais déjà un meneur d’hommes : il y avait des musiciens avec lesquels je travaillais déjà comme Mouasso Elamè, Thomson, etc. Donc, j’avais déjà un groupe. Dans les concerts scolaires, je ne chantais que mes chansons. Quand j’ai pu émerger je suis venu ici et j’ai rencontré le jeune Sylvain, un brave garçon, un intellectuel, élève à Libermann. Je lui ai proposé de créer un groupe les Sans visa de petit pays pour marquer mon rapatriement, car je suis parti en France avec un visa qui ne me permettait pas de rester. Pour cela, j’ai donc intitulé le groupe « Sans Visas », c’était en 1994-1995

Comment y entre t-on ? Faut-il payer pour en faire partie ?
Non, pas du tout. Il fallait passer par le chef d’orchestre. Donc, tout le monde s’adressait à Sylvain Ngondi. Parmi les ténors, il y avait Henri Dina, Jeannot Hen’s, Moussio, Jojo, etc. Tous ces enfants, comme Njohreur, venaient dans l’espoir d’intégrer le groupe. Il n’y avait rien à l’époque. Pas de télévision, de conservatoire, et ce groupe faisait rêver les jeunes. La preuve, c’est qu’à une certaine époque certains se faisaient appeler Petit Pays, même des gens comme Hugo Nyamè, qui est la coqueluche aujourd’hui. D’ailleurs, j’en profite pour l’encourager vivement. Il n’est pas très doué, mais il ira loin…

On a constaté que les membres du groupe vivent chez vous.
Certains sont venus habiter à la maison, comme Njohreur et Sammy Diko, puisque moi j’étais avec Maria à Paris et je faisais des allers et retours. Je les entretenais quand ils étaient malades. Il fallait les soigner et les nourrir.

Actuellement, combien de personnes habitent chez vous ?
Je ne sais pas, puisqu’ils sont nombreux.

Ça ne s’est pas toujours très bien passé avec certains Sans visa. Quelles sont, par exemple, vos relations avec Sergeo Polo ?
Lui, il n’a pas été vraiment avec moi, mais il a profité des avantages du groupe. Parce que je me souviens lorsque Njohreur est parti sans dire au revoir, il s’est associé à ce petit et ils ont mis sur les affiches de l’album « les Sans visa de petit pays », puisque Njohreur sortait de là. Cela avait choqué le producteur Karimou avec lequel j’avais un contrat, je lui dit de laisser et cela a ainsi pu leur profiter.
Pourquoi Njohreur s’en est-il allé sans dire au revoir, y a-t-il eu un problème ?
Il n’est pas seul dans son cas, plusieurs ont fait comme lui. L’autre (Samy Diko) aussi. Mais Njohreur s’est rattrapé, il est revenu de temps en temps, mais l’autre, non. Il sait ce qu’il a fait et je pense qu’il le dira un jour.

Qu’a t-il fait de si grave ?
Je ne peux pas vous dire, le temps vous le dira. Mais, sachez juste que ce qu’il a fait lui empêche de venir vers moi. Les gens ne le savent pas, mais…Le soleil a toujours l’habitude de tout faire ressortir au clair. Un jour, vous le saurez. Sinon, moi je crois que je leur ai fait du bien. C’est ma mission d’aider les jeunes. Ils sont venus vers moi, ils n’avaient pas où habiter. Ils étaient les employés de la maison, d’ailleurs le chef d’orchestre ne voulait même pas d’eux. Mais moi j’ai insisté pour qu’ils restent, car ils n’avaient pas d’ouverture. Je les ai donc aidés et je les ai poussés avec mon esprit. J’ai imposé leur présence au chef d’orchestre, afin qu’ils s’imprègnent un peu de la musique et, passant par là, ils ont décollé petit à petit. Je ne me suis pas arrêté là, la preuve est qu’il y a aujourd’hui Mathématique, Moni Eka, 007 et même Prince Elysée qui arrive dans quelques semaines…

Est-ce que c’est vous qui décidez quand chacun sort son album ?
Oui, parce que, parfois, j’estime qu’ils ne sont pas encore matures. Quand ils sortent un album j’essaie de donner un petit coup de pouce pour que cela s’installe vite, car, vous savez, le marché est dur.

Est-ce vous qui les produisez ?
Oui.

Est-ce que vous ne les exploitez pas un peu ?
Je ne pense pas qu’il y ait un problème d’argent entre nous, car tout est bien réparti et ils connaissent les réalités du métier, parce que tout est clair au départ.

Quel est, à présent, votre point de vue sur certains artistes, par exemple, Papillon qui vient de fêter ses 20 ans de carrière ? Y étiez vous ?
Il ne m’a pas invité.

Avez-vous des problèmes avec lui ?
Non, pas du tout ; c’est un jeune frère .Lorsqu’il a eu des problèmes à l’époque, il m’a téléphoné et j’ai répondu présent. Lorsqu’il a voulu aller en France, c’est moi qui ai fait des démarches pour lui obtenir des papiers. (L’air moqueur) A l’époque il n’y avait pas Manu Dibango pour le faire. Donc, si Papillon est allé en France pour la première fois, c’est grâce à Petit pays. C’est grâce à moi qu’il a découvert les rues de Paris, les belles femmes et qu’il a pu manger des glaces. Je l’ai aidé de tout cœur, car je voulais donner un coup de main à un jeune frère…

Avec qui vous entendez vous finalement au Cameroun sur le plan musical : K-tino par exemple ?
Je m’entends avec tout le monde, mais je les vois moins. Parce que c’est cela ma nature. Je ne supporte pas trop la collaboration.

Parce que vous voulez être le seul à briller, n’est-ce pas ?
Non ! Cela me gène juste un tout petit peu

Et sur le plan international : Koffi Olomide ?
Olomidé, c’est un grand frère, c’est un ami. Quand on se retrouve, on s’amuse comme des fous. On s’appelle très souvent, mais on ne se voit pas beaucoup, car il sait comment je suis. Je préfère les gens qui ne sont pas du métier. Je ne supporte pas des bêtises, des gens qui vont me dire que l’on aille à des endroits parce qu’il y a des nanas ou à boire. J’aime des gens qui réfléchissent et qui me donnent des idées.

Dans un reportage que nous avons réalisé dans votre domicile, vous avez parlé de l’Inde. Vous auriez dépensé, selon vos propos, plus de 400 millions de F.CfA. Qu’êtes vous allé faire en Inde, étiez vous malade ?
(surpris) Je n’ai jamais dit cela…

Vous l’avez dit. Tout le monde vient de suivre ce reportage…Qu’êtes vous allé faire en Inde ?
Est-ce qu’il faut être malade pour aller en Inde ? J’y étais parce que je voulais découvrir certaines choses. Il y a eu des choses qui se sont passées, que j’ignorais, et il a fallu que je dépense beaucoup d’argent, plus de 400millions pour me retrouver.

Comment pouvez vous dépensez autant d’argent, s’agit il de choses mystiques ?
(L’air mystérieux). Ce sont des choses de la vie qui existent dans ce monde.

Est-cela qui vous a conduit vers le Pasteur TB Joshua au Nigeria?
Que s’est il passé chez TB Joshua ?

C’est à vous que je pose la question. C’est vous qui y étiez…
Je voulais rencontrer ce grand homme de Dieu, j’étais curieux et Dieu merci, j’ai réussi à gagner son estime. Aujourd’hui, il est mon ami. On s’entend bien et on se téléphone. J’ai compris pendant, que j’étais avec lui, que c’est un homme de Dieu qui marche avec la force divine.

Qu’avez-vous ressenti, quand il vous a imposé les mains, a t-il retiré des démons en Vous ?
(Agacé). Avez-vous vu ces démons ? Et selon vous, pourquoi ces démons m’ont laissé me rendre chez lui ? J’ai vu Joshua dans un cadre général, je l’ai vu aussi dans un cadre privé. Je vais vous dire, j’ai fait pareil pour le président Paul Biya, je me suis levé un matin et j’ai décidé d’aller le rencontrer. Je suis donc allé à Mvoméka, on m’a logé, nourri et je l’ai vu plus tard avec sa charmante épouse.

Est-ce après avoir été chez Joshua que vous commencez à imposer les mains aux autres ?
Il existe des gens qui pensent que si je les touche, elles trouvent solution à leur problème. Cela date d’avant ma rencontre avec Joshua. Avec sa rencontre, cela s’est plutôt amplifié, mais ce n’est pas mauvais.Vous savez, le royaume de Dieu ne vient pas de manière à frapper les regards. Dieu utilise qui il veut comme médiateur pour aider les autres. Enfin, je pense que je vais aider les gens dans ce pays, je le sens en moi et c’est mon histoire.

Entretien mené par
Thierry Ngogang

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