C’est avec ravissement que le public de Douala a pris part aux délicieux spectacles qui bouclaient la tournée mondiale annuelle du célèbre bassiste camerounais.
Il a réussi à soulever des icônes. Alors que l’orchestre de Richard Bona interprétait la dernière chanson du spectacle de samedi dernier, c’est debout, les deux bras en l’air, en esquissant quelques pas de danses, qu’Etienne Mbappé, va finir le concert. Sourire aux lèvres, cet autre grand bassiste de renommée internationale va rester sans voix. Aladji Touré pour sa part, bien qu’ému, a pu trouver assez d’énergie pour souffler, à la fin du spectacle : “C’est le sommet ! C’est un spectacle d’enfer que Bona vient de nous offrir. Par rapport à son dernier spectacle auquel j’ai assisté, il s’est encore amélioré. Et quand on imagine que cet immense bassiste, adulé dans le monde entier, est camerounais, notre frère, notre ami qu’on côtoie régulièrement, on ne peut qu’être très fier “.
Lorsque Richard Bona, arborant un blue jean, polo blanc longue manche et une jaquette grise, débarque sur la scène à 20h50mn samedi dernier à la salle Douala Bercy, c’est un tonnerre d’applaudissements qui l’accueille. ”Te Misea” chanson tirée de son second album allume l’étincelle qui enflamme la salle. Le public, déjà conquis, se consume. Comme pour calmer ce feu qui n’arrête de se répandre, l’artiste alterne entre blues, ballades, jazz et la world music etc. Les titres ” Kivu”, ” Suninga “, ” M’bemba mama “, ” Calçabao de Copacabana “, etc issus de ses quatre albums sont rapidement dévorés par un public particulièrement gourmand. Il ne tarde d’ailleurs pas à faire “des disques demandés “. Richard Bona, qui semble posséder la salle, cède avec bonheur aux caprices de ses fans. Quelques titres hors play list sont interprétés.
Transe
Mais c’est avec le titre ” Esoka bulu ” (night whisper) que le public de Douala Bercy va vibrer jusqu’au plus profond de son âme. Avec un doigté dont il a seul la maitrise, Richard Bona qui semble entrer en transe transmet son émotion à son public et provoque une harmonie symphonique issue des ses multiples voyages en Inde, en Chine, au Japon, etc. Et comment ne pas mentionner la prestation, de haut vol, d’Etienne (clavier), Jean Philippe Maillard (guitare), des deux musiciens américains aux cuivres et la particularité d’un Robert (batterie), qui a agencé une orchestration endiablée de la batterie, arrachant au passage un tonnerre d’applaudissements. Pendant l’interlude qui dure dix minutes, Richard Bona abandonne sa guitare. Il veut visiblement montrer au public qu’il est aussi excellent vocaliste.
Sur un de ses titres, une ballade, Bona, de sa voix fluette et nasale va chanter, tour à tour, sur quatre voix. Et à l’aide de son micro et d’une pédale (un sampler), va enregistrer au fur et à mesure qu’il chante. De sa bouche, il imite les sons de guitare (bass, bien sûr), piano, batterie pour finir par produire une harmonie symphonique
Le public, lui, est ivre de bonheur à la fin du spectacle. Le lendemain, samedi 19 décembre, Richard Bona, accompagné de Charlotte Dipanda et Grâce Decca, a remis ça au Saint John’s Palzza à l’occasion d’une soirée de gala de charité organisée par le Lions club orchidée de Douala et sponsorisé par Mtn. Ici, ce sera la même euphorie chez les fans. Le bassiste n’était pas à la traîne de cette émotion : ” C’est mon dernier spectacle de l’année que je viens de le réaliser chez moi au Cameroun “, a confié à la fin de son spectacle celui qui vient de faire la ”une” du ” Bass musician magazine ” du mois d’octobre-novembre 2009 (l’unique titre de renommée international consacré à la bass).
Eric Roland Kongou, Mutations











