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Congo-Brazzaville: les entreprises se plaignent de «harcèlement administratif»


Ecrit Par le 18 Aug 2017 Publié dans la categorie: Congo Brazzaville, Economie


Vue du boulevard du général de Gaulle à Pointe-Noire au Congo. © Creative commons CC BY-2.0 David Stanley

Vue du boulevard du général de Gaulle à Pointe-Noire au Congo.
© Creative commons CC BY-2.0 David Stanley

L’Union patronale et interprofessionnelle du Congo (Unicongo) dénonce des « intrusions harassantes des services de police dans les entreprises [qui] assombrissent le climat des affaires », dans une lettre au Premier ministre dont RFI a obtenu copie. Ces critiques du principal syndicat des chefs d’entreprise du pays interviennent alors que le Congo-Brazzaville fait face à une grave crise économique liée à la chute des cours du pétrole.

C’est un véritable fichage policier que décrit le président d’Unicongo dans sa lettre au Premier ministre. Les diplômes, les cartes, les photos personnelles sont demandées aux chefs d’entreprises. Des documents contrôlés plusieurs fois, par différentes instances. Le syndicat patronal évoque des pratiques « insolites » et doute même de leur légalité.

Si le président d’Unicongo, Christian Barros, n’a pas souhaité commenter plus avant cette missive, le président de la Chambre de commerce, d’industrie d’agriculture et des métiers (CCAIM) de Pointe-Noire, Sylvestre Didier Mavouenzela confirme les faits.

Mutliplications des contrôles

Pour lui, ces tracasseries administratives nuisent à la productivité des entreprises. « Certaines administrations viennent nous demander des pièces qui relèvent d’autres administrations. Et, en même temps, les administrations pour qui c’est de leurs compétences continuent aussi à faire des contrôles », rapporte Sylvestre Didier Mavouenzela.

Et pour un chef d’entreprise, « le temps que vous consacrez à répondre aux contrôles, c’est du temps que vous ne consacrez pas à travailler pour la productivité de votre entreprise », insiste le président de Chambre de commerce de Pointe-Noire.

Des tracasseries qui interviennent de plus dans un contexte de grave crise économique au Congo-Brazzaville, du fait de la chute des cours du pétrole, qui constitue 60% des recettes du pays. Brazzaville affiche une dette qui avoisine aujourd’hui les 120 % de son PIB, et le FMI a annoncé l’envoi d’une mission, fin août, en vue de la négociation d’un programme d’ajustement budgétaire.

Crise économique

Ce mardi 15 août, Denis Sassou-Nguesso a lui-même reconnu la gravité de la crise, tout en tentant de rassurer sur les perspectives. « Notre pays connaît des difficultés réelles. Vous devez le savoir, personne ne doit les dissimuler. Ces difficultés étaient au départ financières et gagnent aujourd’hui le champ économique en général », a alors déclaré le chef de l’État.

« Le président a lancé la mobilisation générale en faveur de de l’économie. Ce message doit être compris par le secteur privé, mais aussi par les pouvoirs publics », estime Sylvestre Didier Mavouenzela, qui juge que « dans une période comme celle-là, les entreprises ont besoin de moins de tracasseries et de stabilité fiscale ».

Sur le plan fiscal, justement, Unicongo s’était déjà plaint aux autorités de contrôles trop récurrents. « Des consultations sont en cours », affirme Didier Mavouenzela, qui précise que le Premier ministre est « attentif » à ce sujet. Contacté par RFI, le Premier ministre n’était pas disponible pour répondre à ce sujet.

 

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