Widgetized Section

Go to Admin » Appearance » Widgets » and move Gabfire Widget: Social into that MastheadOverlay zone

Controverse à Douala: La grève fait une victime collatérale à l’Hopital Laquintinie

Ecrit Par le 25 Apr 2012
Publié dans la categorie: Actualités, Faits Divers, Société

Hôpital Laquintinie de Douala hier mardi 24 avril 2012. Il est 11 heures. Les gens vont et viennent. Fuyant la canicule, des médecins contractuels et infirmiers en grève depuis lundi dernier sont à l’abri sous un arbre. Devant eux, des pancartes posées à même le sol. Comme nous l’annoncions dans notre édition d’hier, ils réclament l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail. «Nous voulons l’application de la convention collective des hôpitaux de première catégorie et leurs statuts et règlement intérieur… L’amendement du statut particulier des corps des fonctionnaires de la santé publique», revendiquent-ils. Aussi exigent-ils une motivation et le renvoi de l’âge de départ à la retraite fixé à 50 ans (pour les infirmiers) et 55 ans (pour les médecins) à 60 ans.

Rendu à son deuxième jour, leur manifestation a pourtant failli tourner au vinaigre. Pendant que les grévistes papotent, un taxi sortant de l’hôpital s’arrête net devant ces derniers. A l’avant de la voiture, outre le chauffeur, un homme visiblement âgé, une dame toute en larmes. A l’arrière on peut apercevoir deux jeunes filles. La première, à moitié habillée (soutien gorge et pagne), les yeux fermés est couchée sur les cuisses de l’autre. «Vous avez tué ma fille. Où vais-je aller avec elle maintenant?» se lamente la dame. Et d’ajouter: «Quand nous sommes arrivés aux urgences, les infirmiers nous ont carrément ignorés. Maintenant ma fille est morte, rendez-la moi». Cette femme qui vient de perdre son enfant accuse les grévistes. «Madame, nous avons le droit de faire la grève et nous avons mis en place un service minimum dans tous les secteurs. Vous êtes arrivée ici avec votre fille déjà morte. Que vouliez-vous qu’on fasse? Nous avons certes des blouses, mais nous ne sommes pas Dieu», riposte la vice-présidente régionale du syndicat des personnels médico-sanitaires du Cameroun (Synpems), Nathalie Likane. Une réaction insupportable pour l’homme assis à l’avant du taxi. «Ne m’énervez pas madame. Dégagez de là», lance-t-il nerveusement.

Selon un témoin qui a requis l’anonymat, «la jeune femme était déjà morte quand on l’a amenée. Il y avait du sang dans la voiture. Des jeunes infirmiers sont d’abord venus prendre son pouls, puis ils sont ressortis du véhicule sans dire mot. Comme la femme criait à tue-tête, le médecin (Henry Essome Ndlr) est venu voir. Après l’avoir auscultée à l’aide de son stéthoscope, il a demandé à la famille ce qu’il peut faire avec un cadavre». Version que confirment les infirmiers rencontrés.

Selon Dr Soca, major du pavillon gynécologie, la défunte aurait accouché «ce matin, mais pas ici à Laquintinie. Il y a eu des complications mais la famille a perdu trop de temps avant de la conduire à l’hôpital. On vient maintenant avec un cadavre. Nous ne sommes que des médecins, nous n’avons pas le pouvoir de ressusciter les morts».

N’eut été l’intervention des infirmiers qui ont demandé à la famille éplorée de partir des lieux, le médecin aurait essuyé un lynchage. A l’heure où nous quittions l’hôpital Laquintinie, la grève se poursuivait toujours. Et la vice-présidente du Synpems d’annoncer la fin du service minimum ce mercredi si leurs doléances ne sont toujours pas prises en compte.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>