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Création d’emplois: Les leçons de l’ambassadeur de Turquie au Cameroun

Le Messager

Ecrit Par le 7 Oct 2013 Publié dans la categorie: A La Une, Actualités, Cooperation Internationale, Economie


Omer-Faruk-Dogan

C’est une vraie leçon faite par Omer Faruk Dogan, ambassadeur de la République de Turquie au Cameroun. Vendredi 4 octobre 2013, le diplomate a profité de sa présence à une conférence de presse pour faire quelques propositions « concrètes » pouvant permettre au Cameroun d’impulser davantage la création d’emplois dans le pays. Ladite conférence de presse était donnée par l’Ong Youth employment services (Yes) Cameroon, en prélude au Sommet international de l’entreprenariat et la création d’emplois qui doit se tenir au Cameroun dans un mois (voir encadré). 

Le diplomate turc résume sa stratégie en trois principaux points. Le premier est qu’il faut que les Camerounais connaissent leur pays, ses potentialités, ses moyens ainsi que les poches de création d’emplois. La deuxième chose c’est qu’ils doivent connaitre la jeunesse de leur pays : ses besoins, ses ressources, ses capacités. Et enfin, le Cameroun doit orienter cette jeunesse et la former. « Ce sont les trois éléments fondamentaux pour développer l’entreprenariat, créer de l’emploi et ainsi développer le pays », souligne Omer Faruk Dogan. 

De nombreuses poches de créations d’emplois 

Prenons le premier facteur qui consiste à bien connaître le Cameroun. Ce pays est une véritable plaque tournante dans la sous-région Afrique centrale. Les importations de plusieurs pays dépendent du port autonome de Douala et bientôt de celui de Kribi. C’est donc une position stratégique qui offre au pays d’énormes possibilités de création d’emplois. Les secteurs logistique, entretien, transports, distribution… sont autant de poches possibles de création d’entreprises (entreprenariat), et donc de création d’emplois. 

Sur la connaissance de la ressource humaine et, partant, de la jeunesse qui représente plus de 60% de la population globale, le pays a un fort potentiel. « Le Cameroun a une jeunesse dynamique, intelligente, forte, qui pourrait transcender de nombreux obstacles de manière à en faire plutôt des avantages », indique l’ambassadeur turc. Cette jeunesse, explique-t-il, constitue une source indéniable de développement. Mais, il faut savoir où elle se trouve, quels sont ses besoins, quelles sont ses potentialités et surtout quelles sont ses capacités. 

Sortir du rêve 

Une fois ces deux premiers éléments bien déterminés, il faut donc passer à la troisième phase qui est la formation et l’orientation des jeunes. « On ne peut pas parler d’une insuffisance de capacités ou de moyens. Ce qui manque au Cameroun, c’est le changement des mentalités, l’orientation des ressources humaines, notamment les jeunes », suggère Omer Faruk Dogan. Précisant au passage qu’il ne s’adresse pas aux autorités administratives du pays, mais aux Camerounais dans l’ensemble, notamment aux médias qui devraient accentuer l’appui à l’orientation des jeunes vers l’entreprenariat. 

Ce sont autant de suggestions qui pourraient permettre au Cameroun, si elles sont prises en compte, de se développer rapidement en utilisant son « fer de lance », comme les gouvernants aiment souvent appeler la jeunesse camerounaise. L’ambassadeur de Turquie assure que son pays s’est résolument engagé à aider le Cameroun, avec qui les relations diplomatiques sont très récentes, dans cette voie. « Nous construisons beaucoup à travers le monde et le Cameroun devrait en profiter. Nous sommes prêts à assumer le statut de « partenaire privilégié » que l’opinion publique camerounaise nous a attribué, mais il faut sortir du rêve et poser des actes concrets », conclut-il. 

Alain NOAH AWANA 

Focal: Un sommet international pour la création d’emplois

 

Gilbert Ewehmeh, directeur exécutif de l’Ong Yes Cameroon, a expliqué les contours du premier sommet international sur l’entreprenariat et la création d’emplois, prévu pour se tenir au Cameroun du 18 au 22 novembre prochain. Placé sous le thème « améliorer et booster les initiatives pour l’emploi des jeunes », cette rencontre se déroule dans le cadre de la célébration de la 6e édition de la semaine mondiale de l’entreprenariat. Le sommet, a-t-on appris, va rassembler des membres du gouvernement, des décideurs, des missions diplomatiques, des chefs d’entreprises, des leaders de la société civile, des académiciens, des étudiants et des jeunes sans emplois. Tout ce parterre de personnes venues aussi bien du Cameroun que d’autres pays, vont participer à diverses activités à Yaoundé et à Bamenda. Il s’agira, entre autres, des sessions plénières, des ateliers, des concours de business plan, des expositions ainsi que des diners d’affaires. D’après le directeur exécutif de Yes Cameroon, ce sommet international, le premier du genre au Cameroun, est une réponse urgente aux problèmes de chômage des jeunes dans le pays. Le sommet compte ainsi présenter des initiatives innovatrices de création d’emplois, partager la meilleure pratique en offrant des formations sur les qualités requises pour l’employabilité, et développer des décisions politiques rentables dans le domaines du travail. 

A.N.A

Sous-emploi: Le Cameroun complètement largué
 

Malgré de nombreux « efforts » du gouvernement, la situation de l’emploi des jeunes au Cameroun reste préoccupante. Les statistiques démontrent que, contrairement aux discours officiels, rien n’avance. 

Beaucoup de Camerounais ont encore en tête ces propos de Paul Biya : « les progrès de notre économie, stimulée par la mise en œuvre de nos grands projets et notre révolution agricole, se traduiront immanquablement par de nouvelles opportunités d’emplois. Tenez par exemple : pour l’année 2013, 200 000 emplois seront créés dans le secteur formel. C’est pour notre jeunesse un encouragement à étudier sérieusement pour aborder, dans les meilleures conditions possibles, la compétition qui sera rude ». C’était lors de son traditionnel message à la jeunesse le 10 février 2013. Il y a moins de 10 mois donc, Paul Biya promettait à sa jeunesse, le « fer de lance de la Nation », la création de 200 000 emplois. De quoi créer l’émulation parmi les jeunes. Mais, un peu plus de 10 mois après, difficile de dire si l’on a atteint cet objectif. En tout cas, les jeunes continuent de subir les affres du chômage au quotidien. 

Mais, la promesse du président de la République, pour de nombreux observateurs avertis, avait paru très électoraliste. La création de 200 000 emplois, en une seule année alors qu’on n’en a pas créé autant dans le secteur formel au cours de la dernière décennie, semblait utopique. Pour mieux comprendre, il faut noter que le secteur formel regroupe l’ensemble des unités de production qui possèdent des numéros de contribuable et/ou tiennent une comptabilité formelle, selon le plan comptable de l’Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du droit des affaires (Ohada). Or, au Cameroun, à peine 10% des entreprises respectent ces critères. Alors question : comment auraient-elles pu créer, rien que pour cette année, environ 200 000 emplois ? Seul Paul Biya peut donner sa réponse. 

Le mal empire 

Et c’est là que l’on peut penser, comme l’ambassadeur de la République de Turquie au Cameroun, qu’il faut arrêter de « rêver », et même de faire rêver les Camerounais. Le gouvernement a de la peine à trouver des solutions concrètes au chômage et au sous-emploi dans le pays. Préférant surfer entre déclarations propagandistes et promesses creuses. Pendant ce temps, le mal ne fait qu’empirer. Selon les statistiques récentes du Bureau international du Travail (Bit), le taux de chômage est estimé à 13,1% tandis que celui du sous-emploi avoisine les 70%. Et comme on le sait, seul le secteur privé – formel – est capable de pouvoir juguler une telle situation. Mais, qui dit secteur privé entend également création d’entreprises. Sauf que dans le pays, l’entreprenariat, surtout des jeunes, est plombé par un système qui ne lui permet pas de se développer. 

Le Cameroun fait partie des pays en Afrique où créer une entreprise reste encore une gageure. Même s’il faut reconnaître certaines avancées, à travers certaines initiatives et mesures, il n’en demeure pas moins qu’il reste difficile pour l’ensemble des Camerounais de créer une structure : en dehors des difficultés et lenteurs administratives, il y a la forte fiscalité que les organisations patronales décrient souvent. Les créateurs d’entreprises préfèrent donc évoluer, pour la plupart, dans l’informel. Pour les jeunes, à qui il est souvent demandé de l’ingéniosité, c’est encore pire : sans appui, sans accompagnement, la plupart sont découragés avant même d’avoir tenté quoi que ce soit. 

Alain NOAH AWANA

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