« Trajectoire », le dernier album du chanteur est desservi par une étonnante absence de promotion.
Belka Tobis serait-il confortablement endormi sur ses lauriers ? On dirait bien. Un tour chez les disquaires de la place et l’on découvre presque avec surprise deux albums de l’artiste, sortis il y a environ six mois. Une compilation de ses plus grands succès. Et surtout « Trajectoire », son nouvel album. Le « chanteur de charme » est de retour dans les bacs depuis quelque temps, mais n’a visiblement pas trouvé le temps de le faire savoir. C’est vrai que la tentation est grande, après un album aussi heureux que « Attention femme mariée », de penser que le seul nom du chanteur peut faire courir.
Dommage que ça ne marche pas à tous les coups. Et « Trajectoire » pourrait bien finir comme album « confidentiel ». Un petit gâchis quand même. D’abord parce que, peu de gens verront la pochette avec le beau pantalon rose de Belka Tobis et ses chaussures assorties. Et aussi parce que les dix plages – huit titres, dont deux en version instrumentale – n’ont rien de déplaisant. Le chanteur surfe avec aisance sur la vague de son précédent disque. Ce sera donc encore un makossa très soft (Bii Mè, Kaat Kundé), des chansons langoureuses (Nelly, Femme au parfum d’été), où le chanteur laisse apprécier sa voix ; et un peu de folklore venu du pays bassa. On ne se refait pas !
Côté arrangements, Philippe Guez a été préféré à Toto Guillaume. Le résultat à l’oreille est tout sauf un profond dépaysement. Normal, le Français a roulé sa bosse dans les studios parisiens, accompagnant les succès de quelques noms connus de la musique camerounaise. D’Elvis Kemayo à Hoïgen Ekwalla en passant par George Seba, Philippe Guez jouit d’une expérience certaine et imprime sa marque en termes de confort d’écoute.
Mais après un carton, difficile d’échapper aux comparaisons. L’impression générale reste quand même que « Trajectoire » est un ton au-dessous de la précédente production. Cela dit, ce disque a sa propre tonalité, que l’artiste et son entourage gagneraient à bien vendre. Il n’est pas tard pour se rattraper.
Yves ATANGA. Cameroun Tribune











