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Début audience dans le fond: Marafa enfonce Meva’a M’Eboutou et Atangana Mebara

Ecrit Par le 10 Aug 2012
Publié dans la categorie: Actualités, Opération épervier, Société

L’audience d’hier 09 août ne fut guère différente des trois précédentes du point de vue sécuritaire… barricades érigées sur les chaussées, cordons de protection, éléments cagoulés du Groupement polyvalent d’intervention de la gendarmerie (Gpig) brandissant des mitraillettes, fouilles corporelles, etc. En effet, il était très exactement 13 heures 30 minutes au tribunal de grande instance du Mfoundi siégeant en matière criminelle, lorsque la collégialité sous la conduite de Gilbert Schlick fait son entrée dans le prétoire archicomble. Vingt minutes avant, l’entrée triomphale des principaux accusés Marafa Hamidou Yaya en costume sombre, chemise rose clair avec une cravate bordeaux à pois, muni d’un attaché-case et d’une pile de documents.

Quant à Fotso Yves Michel, il est drapé dans un smoking gris assorti d’une chemise blanche et d’une cravate grise, escortés par des hommes en armes. L’ex-Adg de la Camair, va échanger des civilités avec son épouse, ses deux fils et sa tante. Ce sera autour de l’ancien patron de la territoriale, de recevoir une chaleureuse accolade de Christopher Fomunyoh. Pour la suite, les inculpés sont installés dans des sièges attenants le box des accusés, et dès l’entrée du collège des juges, ils furent invités à prendre place à l’intérieur du compartiment (box) à eux réservé. C’est sur ces entrefaites qu’est intervenue la lecture du rôle: Ministère public et Etat du Cameroun contre Marafa Hamidou Yaya, Fotso Michel Yves, Sandjon Julienne, Chapuis Jean-Louis, Assene Nkou, détournement des deniers publics et coaction de détournement des deniers publics.

Les trois premiers accusés sont présents depuis la première audience tandis que les autres ont pris la poudre d’escampette dès que l’épervier a commencé a plané sur leur tête. Les trois accusés présents ont choisi de déposer comme témoins sous serment, constate d’entrée de jeu le président du tribunal. Et Gilbert Schlick va lancer à l’attention de l’ex-ministre d’Etat, puisque vous avez dit que vous serez votre propre témoin, allons y conclura le juge. Aussitôt, la parole fut donnée aux avocats de l’Etat du Cameroun et plus précisément à Me Kenfack qui ne manqua pas d’attirer l’attention du tribunal sur le triple préjudice financier qu’aurait subi la défunte Camair du fait des accusés, après les objections des avocats de l’ex-Sgpr, en arguant que l’accusation devrait plutôt reposer sur le détournement présumé des 29 millions de dollars (environ 31 milliards Fcfa) destinés à l’achat du BBJ-2 présidentiel.

Le ministère public par la voix de son digne représentant abondera dans le même sens en indiquant que l’ouverture du dossier de la défunte Camair était pour le moment inopportune… Je partage pleinement cet avis tranchera Gilbert Schlick, ce n’est que lorsque nous aurons évalué l’entièreté des faits, que nous serons à mesure de dire qui mérite une indemnisation, à ce moment là, la Camair pourrait se constituer partie civile. C’est ainsi qu’il est demandé à l’ancien patron de la territoriale de sortir du box et d’accomplir les rituels du serment. De quelle obédience religieuse êtes-vous, lui demandera-t-on. Je suis musulman rétorquera t’il aussitôt… pouvez-vous poser la main droite sur le coran en jurant de dire la vérité et rien que la vérité? Je n’ai pas fait mes ablutions indiquera-t-il, il vous suffit juste de toucher insistera le juge Schlick, Monsieur le président, je ne suis pas à mesure de toucher le coran. Ok, jurez donc de dire la vérité et rien que la vérité…

Marafa se dévoile

Au terme des brèves consultations avec les conseils des accusés, c’est l’ancien bâtonnier Me Monthé qui se propose de mener l’exercice ô combien difficile, inhérent à l’examination-in-chief de son client. D’entrée de jeu, il fut demandé à l’intéressé de faire son autobiographie: «Je m’appelle Marafa Hamidou Yaya, fils de Yaya et de Salamatou, tous deux décédés…» Dites-nous votre parcours professionnel va poursuivre son conseil. Il rétorque, au Cameroun ou à l’étranger avant de s’exécuter. Après avoir achevé mes études de pétrole aux États-Unis, en Avril 1980, j’ai été recruté à Elf Serepca basé à Douala, en septembre de la même année. Je rejoins la Snh comme le tout premier cadre technique de cette entreprise, l’année d’après c’est-à-dire en 1981. J’ai été nommé chef service de l’exploration et de la production. J’ai assuré cette fonction pendant une dizaine d’années au cours desquelles mon équipe d’ingénieurs et moi-même avions réussi à faire croître la production pétrolière de 04 millions de tonnes à 09 millions de tonnes.

J’ai par la suite été nommé conseiller technique à la Snh en 1990, dans cette fonction, je m’occupais des relations avec les institutions de Bretton Woods. En 1992, j’ai été fait, Secrétaire d’Etat N°2 aux Finances, puis plus tard Conseiller spécial à la présidence de la République. En septembre 1997, j’ai été nommé Secrétaire général à la présidence de la République. En avril 2001, Ministre d’Etat, Secrétaire général à la présidence de la République. En juin 2002 cumulativement avec les fonctions de ministre d’Etat chargé de l’administration territoriale et de la décentralisation, poste que j’ai occupé jusqu’à ma sortie du gouvernement en décembre dernier. Pour le moment, dira-t-il, je suis redevenu un employé de la Snh en attendant ma retraite. Monsieur le ministre d’Etat, avez-vous des antécédents judiciaires, je n’ai aucun antécédent judiciaire va-t-il répondre.

Un Sgpr est un secrétaire…

Au cours de l’audience d’hier, l’ex-ministre d’Etat est resté constant dans ses allégations, tout comme lors de la cross-examination des précédentes audiences consacrées aux débats sur la forme. Il a formellement démenti avoir instruit à Michel Meva’a M’Eboutou le virement des 29 millions de dollars à GIA, car a-t-il admis, seuls 2 millions de dollars américains méritaient d’être versés à Boeing, par l’entremise de GIA en guise de déposit pour bloquer le BBJ-2 en fabrication dans les chaînes de l’entreprise à Seattle. Déjà, d’entrée de jeu, l’intéressé n’a pas manqué de dire au tribunal que le projet d’acquisition d’un avion pour les voyages du président de la République existait des années avant son arrivée, du fait de la vétusté du Pélican, qui au cours des déplacements présidentiels était à l’origine de nombreux désagréments (nuisances sonores, interdictions de survol, etc.).

Le plus grave étant le péril permanent que ce vieil aéronef représentait pour la sécurité de Paul Biya. Au sujet de l’opportunité d’associer la Camair à l’achat d’un avion présidentiel, l’ex-ministre d’Etat a indiqué que c’est une vieille tradition, car a-t-il dit, lorsqu’il avait fallu acquérir le Pélican en 1978, c’est la Camair qui avait de prime abord piloté ledit dossier. Répondant à ceux qui pensent que c’est lui alors Sgpr qui aurait facilité la nomination de son alter ego à la Compagnie nationale des transports aériens, il précisera en substance qu’un Secrétaire général à la présidence de la République n’est rien d’autre qu’un secrétaire, que le terme général est mis à dessein pour faire penser au titulaire du poste, qu’il est quelqu’un, alors qu’il n’en est rien.

Les deux avions: YD407 et YD408

La réunion que j’ai convoquée à la présidence de la République n’a à aucun moment servi d’alibi à un quelconque virement de fonds à GIA, l’objectif final était l’obtention d’une lettre de crédit, puisque le BBJ-2 coûtait 65 millions de dollars, c’est à GIA qu’il revenait de lever les fonds auprès des banques américaines en vue de financer l’acquisition du BBJ-2. Interrogé par Me Monthé à propos de la non livraison du BBJ-2 en septembre 2001, Marafa affirmera que tout avait été mis en place. Il citera en guise d’illustrations les procès-verbaux de dépositions du colonel Mitlassou et du commandant Ndoungué qui ont affirmé avoir vu l’aéronef (BBJ-2 dans les chaînes à Seattle). Cet avion (BBJ-2 YD407) dira-t-il n’a pas été remis au Cameroun du fait de la réticence des banques à financer le projet, après les attentats du 11 septembre, et la chute de l’industrie de l’aéronautique. Toutefois, Boeing nous a confirmé que le prochain aéronef (BBJ-2 YD408) sera à nous. Mais dès l’arrivée de mon successeur au Secrétariat général de la présidence de la République, cette option a été totalement écartée, eu égard qu’il a entrepris de faire récupérer les 31 milliards de dollars à GIA, par une autre entreprise dénommé APM, qui devait, fait curieux, sécuriser ces fonds dans son propre compte.

Quelques extraits de l’examination-in-chief

Me Monthé: Monsieur le ministre d’Etat, dans ce dossier, il est question des 31 millions de dollars versés à GIA, avez-vous instruit au Minfi de verser l’argent à cette société?

Marafa: Monsieur le président, ce n’est pas moi qui ai demandé au ministre Meva’a de verser 29 millions de dollars américains à GIA, il était plutôt question de verser 02 millions de dollars de déposit pour bloquer l’avion, je n’ai à aucun moment imaginé que le ministre Meva’a verserait l’argent par virement à cette structure, j’ai en tout cas remarqué qu’il n’a pas reçu d’instructions venant de moi dans ce sens… je ne lui ai pas donné l’accord, je n’ai non plus reçu l’accord de quiconque

Me Monthé: Est-ce vous qui avez donné les coordonnées de GIA?

Marafa: Je ne connais pas GIA, c’est le Dg de la Camair qui les lui avait communiqués, j’ai découvert ces codes pour la première fois dans les correspondances entre le Minfi et le Dg de la SNH

Me Monthé: Monsieur le ministre, parler nous des délais de 72 heures, êtes-vous celui qui a instruit au Minfi de transférer les fonds dans ce délai?

Marafa: Le délai des 72 heures concernait les 02 millions de dollars et jamais les 29 autres millions, que le Minfi a viré unilatéralement dans les comptes de cette structure alors que l’option de la lettre de crédit avait été arrêtée.

Me Monthé: Qui est Yves Michel Fotso pour vous?

Marafa: Yves Michel Fotso est un ami que j’ai connu en 1993, en effet, c’est ma secrétaire qui m’a informé alors que j’étais secrétaire d’Etat aux finances que quelqu’un avait commandé une voiture pour un préfet, et qu’il refusait de payer les droits de douane, il s’agissait du milliardaire Victor Fotso que je ne connaissais que de nom à l’époque, étant donné que ce véhicule était affecté au préfet du Koung-Khi j’ai ordonné qu’il le lui soit remis, c’est ainsi qu’un jour Victor Fotso est passé à mon cabinet pour me féliciter, m’a dit en passant qu’il aimerait que je fasse la connaissance de son fils Yves Michel, quelques jours plus tard celui-ci est passé et nous ne nous sommes plus perdus de vue.

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