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DES ÉTUDIANTS DE L’UNIVERSITÉ DE DOUALA QUI BOIVENT COMME DES “TUYAUX”

camerbe

Ecrit Par le 20 Apr 2012 Publié dans la categorie: Actualités, éducation, Faits Divers, Société


L’alcoolisme au sein des institutions supérieures et universitaires prend des proportions inquiétantes dans nos grandes cités. Elèves, étudiants, enseignants, chacun se saoule la gueule, et arrivent même parfois dans les amphis paumées, tout ceci sous le regard impuissant des autorités universitaires.” Taxi, université de Douala”. La voix du client, la vingtaine alerte, est nasillante. Il est ni assis, ni debout sur une poutre abandonnée à côté du cimetière de Deido à Douala, et éprouve de sérieuses difficultés pour monter à bord de la voiture jaune.

Les autres passagers compatissent à sa peine avant de se rendre compte de l’évidence. Le jeune homme pue l’alcool à 08 h du matin. Il s’efforce à parler avec une voix dormante et réussit tout de même à préciser sa destination: ” Université de Douala “. Les yeux sont rouges, ses poches remplies des capsules de bière gagnantes. Du coup, il devient une curiosité dans le taxi.

Plus loin au niveau de Camtel, c’est une jeune étudiante qui à son tour, regard fatigué interpelle le taximan en lui proposant de la déposer au campus dit Poulailler à Ndog Mbong de l’université de Douala. Les trois autres passagers tentent de la dévisager. Elle a pour tout vêtement, moins que ce qu’il faut pour couvrir la nudité: Un démembré collant et transparent, qui laisse entrevoir des mamelles flasques et sans soutien-gorge. Son pantalon “50 cents” est à la mode, un pantalon, tout aussi collant avec un trou au niveau de l’entre jambe. Un accoutrement jeune, qui laisse supposer que la dame est à la conquête d’une jeunesse qu’elle n’estime pas perdue. Il est à peu près 8h 15 ce mercredi.

Le reste du parcours est silencieux dans le taxi. Personne n’ose dire le moindre mot. L’air y est pollué. L’embouteillage et cette mauvaise atmosphère rendent les destinations plus longues et éprouvantes. La lenteur de la circulation endort le jeune homme et la jeune fille. A l’université de Douala, le chauffeur du taxi est obligé de recourir aux étudiants assis dans un débit de boisson ( Chez Thierry) pour déposer forcément les deux occupants devenus gênants avec leur parfum . Thierry le tenancier du débit de boisson lance dans un ton moqueur: “C’est la même scène tous les jours”.

Le taxi reprend le voyage qui s’anime soudain. A travers le rétroviseur, on aperçoit le jeune homme en train de vomir.

Les jours où les étudiants ont réunion, il est impossible qu’ils retournent dans les amphis lucide. Nombreuses sont les étudiantes ivrognent qui se font « sauter » sans difficulté nous affirme Maurice Djeuga de la Faculté des Sciences Juridiques et Politiques de l’université de Douala.

A la vérité, tout autour des batiments qui abritent les locaux de l’université de Douala ( Campus Cité-Cicam), on rencontre plusieurs débits de boisson.

Ces débits de boissons sont les lieux des confidences et de trahisons. Un jour, après les cours nous racontent Estelle Marcelle Tabue, les étudiants de l’Essec ont fait escale chez Tam Tam Bar, c’est là où, dans un accès de colère, deux étudiantes qui se partageaient le même copain se sont dévoilées. Ledit copain qui se trouvait avec eux n’a pas tardé à en être informé et la vérité a éclaté. Depuis lors, Tam Tam Bar est devenu célèbre à la cité Cicam à cause de cette cavale.

Les étudiants nous confient une source, achètent toujours leurs bières avec des capsules gagnantes et plus l’ambiance est folle, plus on en redemande. ” Théo “, un barman situé en face de l’université de Douala, affirme qu’il y a “des étudiants qui boivent comme des tuyaux, “. Pour Dr MP, 43 ans, enseignant de philosophie à l’université de Douala, il lui faut d’abord deux bouteilles de grande Guiness ” pour voir clair”.

Pour Mbonteh Akum, Enseignant psychologue à l’université de Buéa, l’alcoolisme est quelque chose d’inadmissible. Il pense qu’il faut interdire l’ouverture des débits de boissons devant les établissements scolaires et universitaires car, ces jeunes commencent par l’alcool, continuent par la cigarette et d’autres drogues.

© Camerbe : Yolande Tankeu

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