Widgetized Section

Go to Admin » Appearance » Widgets » and move Gabfire Widget: Social into that MastheadOverlay zone

Développement des infrastructures : Christine Lagarde donne raison à Louis Paul Motaze

Le Messager

Ecrit Par le 14 Jan 2016 Publié dans la categorie: Actualités, Politique


Louis-Paul-Motaze
Priorisation des projets d’infrastructures, discipline budgétaire rigoureuse, intégration sous-régionale renforcée, amélioration du climat des affaires, résilience de l’économie… Les grandes leçons de la visite de Christine Lagarde au Cameroun.

Le séjour de Christine Lagarde au Cameroun a été tout sauf une villégiature. Pour un marathon qui a duré 72 heures entre Yaoundé, capitale politique du Cameroun et Douala sa pendante économique, la directrice générale du Fonds monétaire international (Fmi) a élaboré sur toutes les questions qui touchent la stabilité macro-économique de la sous-région Afrique centrale. Dès son arrivée à Yaoundé le 7 janvier, la Dg du Fmi a planté le décor d’une visite hautement importante pour l’avenir de la zone Cemac, du moins sur le plan économique. Discipline budgétaire, résilience économique, intégration sous-régionale, amélioration du climat des affaires, infrastructures. Tout y est passé.

La patronne du Fonds a entamé sa visite au Cameroun par différentes concertations avec les hautes autorités du pays. De son tête-à-tête avec Alamine Ousmane Mey, le ministre des Finances du Cameroun, le 7 janvier dernier, l’ancienne ministre de l’Economie de la République française retient qu’ils ont « évoqué la situation de l’économie camerounaise, les défis auxquels est confronté le pays, la résilience de l’économie camerounaise et la nécessité d’appliquer une discipline rigoureuse, à la fois en matière de revenus et en matière de dépenses ». Une rhétorique du Fmi, bien connue, sur la rigueur dans la gestion des affaires économiques au Cameroun. Mais qui va bien au-delà du seul Cameroun et concerne toute la sous-région Afrique centrale.

Au sujet de cette sous-région Afrique centrale, la Dg du Fmi a fait un gros plan sur la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (Cemac) pour dresser la situation dans cette zone et les perspectives d’avenir. C’était au cours de la table ronde qu’elle a menée vendredi 8 janvier avec les ministres des Finances de la Cemac sur le thème « Faibles cours du pétrole et financement des infrastructures ». Christie Lagarde relève que « les cours du pétrole ont chuté de 70% depuis juin 2014, dégringolant d’un sommet de 120 dollars le baril à moins de 32 dollars aujourd’hui. Naturellement, les effets de cette chute se font sentir dans cette partie de l’Afrique, l’activité est au ralenti et les tensions budgétaires s’accentuent ». Car, selon de récentes statistiques, le pétrole représente aujourd’hui environ 70% des exportations de la Cemac et plus d’un tiers de ces recette budgétaires. « Il va de soi que la chute des cours constitue un énorme défi », souligne Lagarde. Prioriser les projets

D’autres défis majeurs attendent les pays de la Cemac pour une croissance forte et inclusive. Christine Lagarde structure l’atteinte de cet objectif sur la croissance autour de trois priorités : Dépenser mieux, percevoir davantage et mobiliser la région dans son propre intérêt. Premièrement, la patronne du Fmi demande aux pays de la Cemac de dépenser selon les priorités. Car « un ensemble approprié de projets d’infrastructures complémentaires est à l’évidence une condition préalable à toute croissance durable et inclusive. Cependant, dans un environnement de tensions budgétaires croissantes, il importe d’accorder une attention accrue aux priorités », argue Christine Lagarde, qui reconnaît que « la sélectivité dans le développement des infrastructures-basée sur leur bien-fondé économique et leur rentabilité- peut aider à orienter ce travail ».

A ce niveau, la Dg du Fmi rejoint le ministre camerounais de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat). Juste après son installation comme Minepat dans le gouvernement Yang III réaménagé le 2 octobre 2015, Louis Paul Motaze avait en effet insisté le 6 octobre lors de son installation, mieux son retour au Minepat sur la nécessité de prioriser le développement des infrastructures. Dans une interview accordée à nos confrères de la Crtv-Poste national, le Minepat avait annoncé une révision totale de la stratégie gouvernementale en matière de développement des infrastructures. « Le président de la République, vous le savez, a lancé à la fois le plan d’urgence et la Can. Il faudrait donc que l’on se consacre en priorité sur ces deux projets. Ce d’autant plus que nous avons une floraison de projets qui rencontrent des difficultés. Par conséquent, il faudrait donner une définition aux grands projets.

Ce n’est pas parce que les bailleurs de fonds ont accordé des financements qu’on va lancer des projets, pour se rendre compte par la suite, qu’il n’y a ni fonds de contrepartie, les indemnisations ne sont pas là, le décret d’expropriation n’est même pas encore signé… », avait-il indiqué. Avant de constater que « du coup, 3 projets sur dix marchent. Je préfèrerais une situation où on a dix projets et tous les dix marchent plutôt que d’avoir plusieurs projets qui ne marchent pas (…) Il faut désormais s’assurer que toutes les conditions sont réunies pour qu’un projet soit lancé. Il faut que l’on se concentre désormais sur un certain nombre de choses. »

Le Cameroun, engagé depuis quelques années dans de vastes chantiers, a du mal à financer d’autres projets. La situation sécuritaire dans la partie septentrionale et à l’Est du pays, couplée à une baisse des recettes budgétaires (notamment pétrolières) engendrent une insuffisance des ressources financières qui empêche le gouvernement à honorer sa contrepartie (qui est parfois de 15%). Résultat : on signe des conventions de prêts, que l’on commence à rembourser sans que le projet ait abouti ou même commencé. Il ne serait donc pas judicieux que le pays continue de s’endetter pour certains projets, alors que ceux déjà engagés ne sont pas arrivés à terme.

Mobiliser les ressources intérieures

Dans sa deuxième indication, Christine Lagarde conseille de « percevoir davantage ». La Dg du Fmi explique que, pour atténuer les tensions budgétaires, il faut également mieux mobiliser les ressources intérieures. Il faut donc agir résolument pour élargir l’assiette des recettes non pétrolières. « Il y a de bonnes nouvelles en la matière, car les recettes non pétrolières au sein de la Cemac se sont améliorées l’an dernier pour atteindre 15 % du Produit intérieur brut régional. Cela dit, il est encore possible d’aller au-delà du niveau indicatif régional de 17% », espère-t-elle. Pour y arriver, la numéro un du Fmi prescrit qu’il faut « réduire l’utilisation généralisée des exonérations fiscales et douanières discrétionnaires dans la région. Les pays de la Cemac gagneraient en outre à améliorer la coordination et la coopération intergouvernementale en matière de politique fiscale ».

Et troisièmement, le Fmi recommande aux pays de la sous-région de se mobiliser dans leur propre intérêt. Lagarde fait remarquer que le commerce intracommunautaire représente moins de 5 % des échanges commerciaux de la Cemac. « Il est possible de faire plus et un travail concerté permettra de produire des synergies évidentes », croit-elle. En mettant à profit les nouveaux projets d’infrastructures, tels que le port en eaux profondes et les barrages hydroélectriques au Cameroun, la Cemac pourrait, selon elle, étendre sa portée bien au-delà des frontières nationales de ses pays-membres. Elle pourrait aussi exploiter les vastes marchés des consommateurs du Nigéria et de l’Afrique de l’Est et, partant, impulser l’essor du secteur privé et la diversification économique. Pour cela, il faudrait agir sur deux fronts : le climat des affaires et l’intégration régionale. « Il ressort de nos analyses qu’en facilitant le paiement des impôts et le commerce intracommunautaire, le climat des affaires serait considérablement amélioré. Pour améliorer au mieux le climat des affaires, il faut renforcer l’intégration régionale. Le dispositif de gouvernance actuel doit devenir plus efficace à travers la rationalisation du processus décisionnel », conclut-elle.

Le Messager : Alain NOAH AWANA Et Achille KAMGA

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *