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Développement Urbanisation: Faut-il détruire, déplacer ou agrandir Yaoundé ?

Aurore Plus

Ecrit Par le 17 Jul 2012 Publié dans la categorie: Actualités, Société


I- Comment est née Yaoundé ?

Les Allemands, sous la conduite du lieutenant R-Kund qu’accompagnaient le lieutenant Tappenbeck, le zoologiste Weissenborn et le botaniste Braun partirent de Grand-Batanga (actuel département de l’Océan, région du Sud) le 15 octobre 1887. A la fin de cette année-là, l’expédition arriva sur le site de l’actuelle ville de Yaoundé et en 1888, le lieutenant Tappenbeck fonda la station de Yaoundé. Les Allemands auraient pu rester à Douala, première capitale du Cameroun, qu’ils occupèrent officiellement après la signature du traité germano-douala du 12 juillet 1884. Le climat de Douala, pluvieux, les moustiques et les escarmouches régulières avec les populations locales vont amener les Allemands à regarder ailleurs. Ils vont lorgner du côté de Victoria (actuelle Limbe), mais même là-bas les choses ne seront pas faciles avec le relief montagneux, l’hostilité des populations, le manque de cours d’eau navigables sur une longue distance. Tout ceci obligea les Allemands à faire de l’actuelle ville de Buea, département du Fako, dans lequel se trouve Limbe, leur nouvelle capitale après Douala. Finalement, ils vont choisir Yaoundé comme la future capitale du Cameroun puisque le major Hans Dominik arrivé d’Allemagne s’y fixe en 1894. Yaoundé est donc la troisième capitale du Kamerun allemand après Douala et Buea.

Pourquoi les Allemands ont choisi de s’installer définitivement à Yaoundé ? Il y a plusieurs raisons à cela : la douceur du climat, le site étant situé à 800 mètres d’altitude, le relief vallonné qui rappelait certains paysages de l’Allemagne impériale, l’accueil des autochtones qui, méfiants au départ dans leurs contacts avec les nouveaux maîtres devinrent leurs collaborateurs pour la conquête du reste du territoire qui allait devenir plus tard le Kamerun allemand. Il convient de signaler au passage la route en construction Yaoundé-Kribi en passant par Ngoumou, chef-lieu du département de la Mefou et Akono est la route allemande à quelques modifications près, créée par l’expédition partie de Grand-Batanga en octobre 1887. Quand les Français remplacent les Allemands en 1916 après la défaite de ces derniers dans la première guerre mondiale (1914-1918), ils maintiennent Yaoundé comme capitale du Cameroun oriental, la partie occupée par les Britanniques, le Southern Cameroons aura pour capitale Buea. Le Northern Cameroons britannique frontalier de l’actuelle région de l’Extrême-Nord aura pour chef-lieu Dikoa.

II- La vitrine hideuse et honteuse du Cameroun

Après les Français, Ahmadou Ahidjo arrive, puis Paul Biya. Sous l’actuel président de la République, la ville de Yaoundé va connaître un développement extraordinaire mais en même temps anarchique. Mais alors quelle capitale ! Les Camerounais sont de grands vantards, nombrilistes. Ils qualifient facilement les autres pays africains de petits pays, oubliant de reconnaître que leur capitale politique n’est qu’un gros village en dépit de ses quartiers huppés tels Santa Barbara, Koweït City, Bastos. Yaoundé n’a pas de routes dignes de la capitale du pays de Roger Milla, de Samuel Eto’o, de Henri Hogbe Nlend, de Paul Biya lui-même. Ce manque de routes créent d’insupportables bouchons, d’éternels embouteillages au point où il n’est pas facile d’honorer un rendez-vous avec sûreté. On peut partir d’un point à l’autre de la ville distante seulement de deux kilomètres et y passer une heure, au point où parfois le piéton est plus rapide que la voiture. Les autorités chargées de la gestion de la ville n’ont pas construit de nombreuses routes. En effet la capitale politique du Cameroun n’a pas des routes transversales et des bretelles comme Douala, la capitale économique de notre pays.

La route du quartier Nsam et celle qui va du stade omnisport au quartier sont des exemples d’embouteillages de Yaoundé. Les autorités auraient dû prévoir que le parc automobile allait augmenter et prendre ainsi des mesures conséquentes. Le parc automobile a augmenté de manière exponentielle mais les routes n’ont pas suivi.

En dehors du petit nombre de routes, celles existantes sont en très mauvais état dans certains quartiers de la ville. Pour votre curiosité allez faire un tour du côté de Mimboman-Lycée ou de Mimboman-école : c’est un désastre, une honte pour le Cameroun, un si grand pays. Sur la route de Mimboman-Lycée, le goudron ou ce qui en reste est si rongé qu’il faut faire attention quand on emprunte une moto de peur que les secousses provoquent la hernie. Peut-on trouver une telle route à Kigali, capitale du Rwanda ou à Dakar au Sénégal, ou à Abidjan en Côte d’Ivoire, ou à Luanda en Angola ou à Harare au Zimbabwe, que non ! La route de Mimboman-école n’a pas tout simplement de goudron. C’est vraiment une honte pour notre pays.

L’eau potable est une denrée rare à Yaoundé dans certains quartiers où elle est rationnée. Des quartiers comme Essos et Mimboman ont de sérieux problèmes d’approvisionnement en eau potable. Essos peut passer deux, trois quatre jours sans eau, ce qui oblige certains de ses habitants d’aller faire leur lessive dans d’autres quartiers. Et parfois quand l’eau arrive dans les robinets elle est imbuvable et n’est pas parfois conseillée pour la lessive ou la vaisselle, elle est tout simplement bonne à rien. Même s’il y a eu une légère amélioration d’approvisionnement en électricité de certains quartiers de Yaoundé, le constat reste amer. Il arrive des jours où dans certains quartiers, il faut allumer les ampoules autour de 17 heures pour ne pas rester toute la nuit dans la pénombre.

III- Des solutions ?

- Déplacer la ville de Yaoundé ?

Certains hommes politiques y pensent depuis les années 1980 et 1990. Il y a certaines personnes dans l’administration publique qui avaient pensé dans les années 1980 qu’on pouvait déplacer la capitale pour la ville de Bafia, chef-lieu du département du Mbam et Inoubou, ville située à 125 kilomètres de Yaoundé sur un axe route bitumée. D’autres ont plutôt choisi le site de Balamba, ce village situé sur la même route que Bafia à 77 kilomètres de Yaoundé. Le site est idéal, c’est le pays plat ou le plat pays comme les Belges désignent leur pays : pas de collines ni de massif forestier. C’est également cet endroit que le Sdf a choisi pour y bâtir la capitale du Cameroun s’il prend le pouvoir.

Face à la crise économique, l’Etat du Cameroun avait abandonné ce projet de transférer la capitale dans cette région. Aujourd’hui, c’est à l’ordre du jour. On dit qu’un responsable du ministère des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières aurait exhumé et relancer ce dossier. Le Cameroun veut-il faire comme le Nigeria voisin qui a abandonné Lagos avec ses embouteillages et ses plus de 10 millions d’habitants pour créer, Abuja, une nouvelle capitale au centre du pays dans une zone vide ? La Tanzanie a créé une nouvelle capitale Dodoma en laissant de côté Dar-es-Salam. L’ancien président sénégalais Abdoulaye Wade avait un tel projet en tête. Il faut le dire, le Cameroun n’a pas d’argent pour construire une nouvelle capitale et surtout Paul Biya a d’autres préoccupations en tête : les grandes réalisations de construction des barrages hydroélectriques, en centrale à gaz, en routes bitumées, etc.

Agrandir Yaoundé

En réalité, Yaoundé n’est pas saturée comme on le pense même si elle est peuplée de 2 millions d’habitants répartis sur 297 Km2 soit 6734 habitants au Km2 contre 2166 habitants au Km2 pour la ville de Douala qui abrite 2 millions d’habitants sur une superficie de 923 Km2 si l’espace manque au centre de Yaoundé, il y en a un dans les zones rurales de certains arrondissements. Et puis si l’Etat veut, il peut incorporer dans le département du Mfoundi qui abrite Yaoundé les arrondissements de Soa et de Mbankomo situés respectivement dans les départements de la Mefou et Afamba et Mefou et Akono. Yaoundé est indigne du Cameroun, les autorités en charge de la ville doivent trouver des solutions idoines, car ça ne fait pas honneur au Cameroun d’entendre les diplomates étrangers se plaindre de ces coupures, situation qu’ils avaient déjà vécue il y a quelques années et avaient menacé Paul Biya de quitter Yaoundé si le problème n’était pas résolu. Le marché de fûts est prospère ces derniers temps à Yaoundé, est-ce normal ?

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