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« Un mort demande et obtient un titre foncier Affairisme : Cavaye pousse ses pions dans la filière riz »

La surpopulation et des conditions de vie indignes restent des plaies inguérissables.

“ Depuis une dizaine de jours avant les évènements du dimanche 29 juin, certains détenus menaçaient d’organiser une évasion massive. Ils ne comprenaient pas que la mesure de clémence du président de la République, pour certains condamnés, ne bénéficient pas à tout le monde ”. Assis derrière son bureau, Joseph Tsala Amougou, le régisseur de la prison centrale de Douala, refait le film de la terrible journée de dimanche dernier : “ Je suis rentré vers 13h05 de Yaoundé où je participais à une réunion des responsables d’établissements pénitentiaires. Deux heures de temps environ avant le début des mouvements ”, raconte-t-il. La suite des évènements est connue de tous. 15 prisonniers ont trouvé la mort le même jour et 2 autres tôt dans la matinée de lundi. Au total 17 détenus, qui tentaient de s’évader, ont été abattus à l’extérieur des murs de la prison.
Hier mardi encore, le climat était tendu. Des hommes en tenue veillent au grain à l’extérieur, armés jusqu’aux dents. Un véhicule de police est garé à l’angle de la rue du Centre de jeunesse de New-Bell et de mairie locale. Pendant qu’un pick-up de couleur verte de la gendarmerie se montre juste en face de l’établissement carcéral : “ Allez ! Circulez plus vite. Ne vous arrêter pas là ”, intiment les forces de l’ordre aux passants. Les commerçants approuvent : “ Qui sait s’il n’y a pas des évadés parmi nous ? C’est bien de sécuriser le secteur ”.
A l’intérieur de la prison, les gardiens qui assurent la sécurité depuis la porte qui donne accès au hall, sont beaucoup plus méticuleux quant au contrôle des pièces d’identité des visiteurs. Parmi ces derniers, des journalistes qui viennent faire des recoupements à la source. C’est-à-dire auprès du régisseur : “ Comment cela a pu être possible ? Qu’est-ce qui s’est vraiment passé ? Et les armes, comment se retrouvent-elles à l’intérieur de la prison de New-Bell ? ”. A toutes ces préoccupations, Joseph Tsala Amougou répond inlassablement : “ Le problème de la prison centrale de Douala est aussi vieux que le monde. Il est connu de tous. C’est d’abord la mauvaise éducation des pensionnaires que nous encadrons. C’est aussi la société qui envoie par le biais de la justice des gens en prison alors que leurs conditions d’accueil ne sont pas réunies. ”
Pour l’heure, c’est tout New-Bell qui retient son souffle. Dans la crainte de nouvelles évasions. En effet, les conditions de sécurité ne sont pas encore réunies dans le pénitencier. De même le châtiment infligé aux premiers abattus n’a pas dissuadé les autres. Comme l’affirmait un détenu victime des émeutes de février 2008, “ quand on met quelqu’un en prison au Cameroun c’est pour qu’il meurt. Or chacun veut fuir la mort. ” Dans les mêmes conditions, les mêmes causes ne tarderont pas à produire les mêmes effets.

Par Jean-Célestin EDJANGUE, Le Messager

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