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Douala : L’universitaire Thomas Atenga parle de la politique africaine de François Hollande

Publié par + Aug 8th, 2012 et classé dans Actualités, Société. Suivre toutes les réponses pour cet article par le flux RSS 2.0. Vous pouvez laisser une réponse via le formulaire ci-dessous ou par un trackback de cet article sur votre site



« Les africains ne doivent pas rêver. La politique africaine de la France ne changera pas avec l’arrivée du socialiste, François Hollande. Pour sortir du paternalisme qui la lie à la France, l’Afrique doit renouveler son équipement mental ». Voilà en substance ce que Thomas Atenga a laissé entendre ce mardi 7 août 2012 à l’Institut Français de Douala. Devant une kyrielle d’étudiants, journalistes, curieux et hommes politiques à l’instar de Banda Kani, le politologue camerounais a animé une conférence-débat sur le thème : « La politique africaine de François Hollande ». A ses côtés, Gilbert Ndzana, coordonnateur du Club du Mardi à l’Institut Français de Douala, jouait le rôle de modérateur.

La montée de la Chine impose la reconfiguration de la politique occidentale en Afrique notamment celle de la France, selon Thomas Atenga, qui a fustigé l’attitude des africains. Eux qui s’inscrivent dans la posture de « victimes consentantes ». Plus encore, ajoute t-il, les africains donnent l’impression de laisser le soin aux autres de décider de leur propre avenir. Citant Fabien Eboussi Boulaga, Thomas Atenga estime que c’est en cela que réside le véritable « cataclysme de l’homme africain ». Analysant le « jeu d’intérêts » dans l’Afrique actuelle, il ressasse les nouveaux types de colonisation auxquels l’Afrique fait désormais face, à savoir : la colonisation de peuplement avec la Chine, celle du commerce avec l’Inde et celle du pétrole à moindre coût avec les Usa. Face à l’arrivée de ces nouveaux « partenaires », la France qui n’entend pas rester les bras croisés, est dans une phase de questionnement sinon de « redéploiement ». Concrètement, la différence entre la droite et la gauche française est que la droite est « brutale » dans ses méthodes alors que la gauche « dissimule » sa manière de faire, a martelé le chercheur camerounais.

Ainsi dit, l’Afrique peut-elle vivre sans la France et inversement ?, se demande un participant lors de la seconde partie de la rencontre. « Ce n’est pas évident dans un monde de plus en plus complexe. Il faut, certes, diversifier les partenaires ; mais c’est aux africains de tirer leur épingle du jeu », a rétorqué Thomas Atenga. Outre sa contribution personnelle, Banda Kani a posé une question pour le moins embarrassante : « Ne faut-il pas décoloniser les intellectuels africains ? » Car, a précisé l’homme politique, les pareils débats sont l’œuvre des officines occidentales. Réponse de Thomas Atenga : « Il ne faut pas voir la théorie de la complotite partout.

Les intellectuels font leur travail qui est d’éveiller les consciences. » Autre question d’un participant à cette conférence-débat : « au de-là des mots et des théories, quelles solutions proposeriez-vous pour sortir l’Afrique du carcan français ? Et l’universitaire de répondre : « il n’y a pas de “prêt-à-penser” ou de “prêt-à-faire”. Nous donnons les clés et tant mieux si elles peuvent transformer les mentalités des uns et des autres. En réalité, chacun doit bien faire ce qui est à son niveau pour le développement de l’Afrique ». En conclusion, l’homme de science n’a pas occulté d’inviter les jeunes africains à être des « acteurs agissants » et à surfer sur la « diplomatie citoyenne » qu’il définie comme « ce qui peut se faire par les citoyens eux-mêmes sans l’intervention de l’Etat ».

Ancien journaliste de Le Messager au Cameroun et de Panapress en France, Thomas Atenga a soutenu en 2004, une thèse de Doctorat en science politique à l’université de Paris I en France. Sa thèse était consacrée aux rapports entre les pouvoirs et la presse au Cameroun et au Gabon depuis les années 1990. Il enseigne dans de nombreuses universités notamment à l’université de Douala (Cameroun), à l’université de Nantes (France), à l’université de Kinshasa (République Démocratique du Congo), etc. Auteur de nombreux ouvrages tels Cameroun-Gabon : La presse en sursis, Au bord du fleuve (roman) pour ne citer que ceux-là, Thomas Atenga a mis sur pied un programme de recherche sur : « Les médias et transformations de l’espace public en Afrique ». Ce programme bénéficie de la collaboration d’autres chercheurs tels que : E. Adjovi de l’Agence internationale de la Francophonie et Marie-Soleil Frère de l’Université Libre de Bruxelles en Belgique.

© Camerbe : Par Simon Ngono

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