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Double scrutin de septembre 2013: La nouvelle carte municipale du Cameroun


Ecrit Par le 7 Oct 2013 Publié dans la categorie: Politique


Le texte signé Befe Ateba porte à la connaissance des médias publics et privés que: «Conformément aux dispositions de la loi n°2012/001 du 19 avril 2012 portant Code électoral, modifiée et complétée par la loi n°2012/017 du 21 décembre 2012, la publication des résultats des élections législatives et municipales du 30 septembre 2013 par les médias ne doit avoir lieu qu’après la proclamation définitive desdits résultats dont la compétence statutaire relève respectivement de la Cour suprême statuant en qualité de Conseil constitutionnel et de la commission communale de supervision». Il prévient tout professionnel de médias dérogeant à cette règle, qu’il s’agit là d’une atteinte grave à la législation en vigueur et sera de ce fait sanctionner sans indulgence.
Respectueux de la légalité républicaine, votre bihebdomadaire La Météo, se propose dans cette édition, de dresser la nouvelle carte municipale du Cameroun, conformément aux résultats rendus publics par les commissions communales de supervision en fin de semaine dernière. En effet, selon l’article 193 du code électoral, les différentes commissions communales de supervision des élections avaient 72 heures, après les opérations de vote, pour rendre publics les résultats. Chose faite et depuis jeudi dernier, les résultats des municipales sont disponibles. Sur les 35 partis politiques en lice au départ, seul une dizaine siégera dans les 360 conseils municipaux que comporte le pays. Nous vous offrons dans cette édition, l’intégralité des résultats des municipales, sous réserve de l’évacuation du contentieux électorale.

Municipales 2013: Ces barons qui ont mordu la poussière chez eux

Candidats ou membres de commission de campagne, plusieurs pontes du régime n’ont pas eu la main heureuse lors des dernières consultations électorales.

Selon des informations parvenues à La Météo, c’est une ambiance morose qui plane sur le lamida de Rey Bouba, Région du Nord, depuis la semaine dernière. Aboubakary Abdoulaye, le maître des lieux, ne s’est pas encore totalement remis de la déculottée à lui infligée par Célestin Yandal, tête de liste à Touboro pour l’Union nationale pour la démocratie et le progrès (Undp) aux municipales du 30 septembre. Selon les résultats rendus publics par la commission communale de supervision des élections, le parti de Bello Bouba sera à la tête de l’exécutif de cette mairie pour les cinq années à venir. Une municipalité qui jadis était considérée comme bastion intouchable du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), parti au pouvoir.

En effet, les différents lamibé qui se sont succédés à Rey Bouba, ont toujours entretenu des relations étroites avec le régime de Yaoundé, dictant leur loi sur l’ensemble du département du Mayo Rey et imposant une consigne de vote en faveur du parti au pouvoir. Une alliance qui a toujours marché. Mais cette fois, Aboubakary Abdoulaye, détenteur du trône depuis quelques années, membre du politique du Rdpc, vice-président du Sénat, président de la Commission régionale de campagne du Nord et de la commission départementale de campagne du Rdpc dans le Mayo Rey, n’a pas pérennisé la tradition.

Le parti du flambeau ardent a perdu à Touboro, l’une des quatre communes de ce département. Le président du conseil d’administration de la Maetur n’est pas le seul chef traditionnel à avoir perdu dans le Grand Nord.

A l’Extrême-Nord, Ayang Luc, lamido de Doukoula dans le Mayo-Danay, a subi une véritable humiliation dans son territoire de commandement. L’unique exécutif communal de l’arrondissement revient au Mouvement pour la défense de la République (Mdr) de Dakole Daïssala. Président de la commission régionale de campagne pour l’Extrême-Nord et membre du bureau politique du Rdpc, l’inamovible président du Conseil économique et social n’a rien fait pour que le parti de Paul Biya puisse gagner la mairie de son village. Dans cette déconvenue, il était accompagné du ministre des Sports et de l’Education physique, Adoum Garoua, président de la commission communale de campagne à Doukoula. Les deux hommes prouvent ainsi qu’ils ne sont que des «pigistes» aux cotés de Paul Biya.

Zacharie Perevet, tête de liste du Rdpc aux municipales à Koza dans le Mayo Tsanaga, a également connu un échec cuisant. Pour les populations de cette partie du pays qui ont préféré voter l’Undp, c’est un personnage qui ne pense qu’à lui-même et dont le discours identitaire ne passe plus. Il se murmure que le ministre de l’Emploi aime véhiculer un message pour un front contre les musulmans. Il en a eu pour ses frais cette fois.

Dans la Région château d’eau du Cameroun, le lamido Mohamadou Hayatou et le milliardaire Mohamadou Abbo Ousmanou (président de la commission régionale de campagne dans l’Adamaoua), ont une fois de plus plié l’échine devant l’Undp. Ngaoundéré I et II, Tibati, Tignère et Galim-Tignère restent sous le contrôle de la formation politique de Bello Bouba.

Le constat est pathétique et fait froid au dos. Tous les présidents de commission régionale de campagne dans le Grand-Nord ont perdu dans leur circonscription électorale d’origine. Ayang Luc dans l’Extrême Nord, Aboubakary Abdoulaye dans le Nord et Mohamadou Abbo dans l’Adamaoua. Un état des lieux qui laisse planer le doute sur la véritable valeur politique de ces apparatchiks qui pullulent dans les couloirs du sérail. Car, il n’y a pas que dans le septentrion que les barrons se sont fait humiliés.

Méridionale. 

Dans le Nyong et Kellé, Catherine Bakang Mbock née Ngo Deby a complètement perdu la face. Présidente de la commission départe-mentale de campagne du Rdpc, le ministre le plus ancien au poste dans le gouvernement actuel, a laissé l’Union des populations du Cameroun (Upc) reprendre plusieurs communes au Rdpc. Sur huit mairies, le parti du crabe en a raflé cinq, à savoir, BotMakak, Boumnyebel, Makak, Matomb et Eséka.

Et, apprend-on, à Eseka justement, l’on retiendra cette image de Catherine Bakang Mbock dépitée, affalée sur une chaise à l’annonce des résultats, la fuite du député sortant Jean Calvin Libock qui, arrivé dans une RAV 4 couleur champagne, est reparti dans le véhicule du proviseur de Biyouha, pour éviter les quolibets et insultes de la population.

A Bafang, la commune dirigée depuis 2002 par le Rdpc est passée aux mains de l’Union des mouvements socialistes (Ums) dont le président, Pierre Nkwemo conduisait la liste. Une défaite à mettre à l’actif de François Xavier Ngoubeyou, président de la commission départementale de campagne du Rdpc dans le Haut-Nkam et Christophe Eken, président de la commission communale de campagne du Rdpc à Bafang. Deux personnalités dont l’assise politique est sujette à caution dans ce département. Pour une bonne frange de la population de Bafang, François Xavier Ngoubeyou et Christophe Eken ne sont que des politiciens du décret. C’est en réalité grâce à un acte du chef de l’Etat qu’ils se sont fait un nom dans le landerneau.

A Bamenda, malgré les nombreux efforts déployés par Paul Atanga Nji, président de la commission départementale de campagne du Rdpc dans le Mezam, la capitale régionale du Nord-Ouest a une fois de plus voter pour le Social démocratic front (Sdf). Le parti de John Fru Ndi sera à la tête des communes de Bamenda II et Ill. A Bamenda I, il y a partage des sièges.

Sur les berges du Wouri, le célèbre Oumarou Fadil n’a pas pu conserver la mairie de Douala Ill. Il s’est fait battre par le Sdf. L’on soutient sous cape qu’il serait lui-même à l’origine de sa propre déroute. Il se serait mis à dos bon nombre de ses camarades du parti.

Leçons.

Dans la Sanaga Maritime, les résultats annoncés au lendemain du scrutin indiquent que l’Upc a remporté avec une majorité relative à Edéa 1er. Ainsi, sur les 25 sièges de conseillers municipaux en jeu, le parti des crabes vient en tête avec 18 conseillers municipaux. Le Rdpc, son principal challenger, vient avec 4 conseillers municipaux. Un score incompréhensible dans les couloirs du Palais des congrès à Yaoundé, siège du Rdpc, dans la mesure où, étaient membres de la Commission départementale de campagne, Geneviève Tjoues, Joseph Mboui, Hans Nyetam Nyetam, Louis Yinda. Et selon certaines sources, n’eût-été la perspicacité et le doigté de Louis Bapes Bapes, le syndrome Upc allait se propager dans la Sanaga-Maritime comme dans le Nyong et Kélé.

Dans le Noun, région de l’Ouest, Theodore Nsangou, président de la Commission communale de campagne à Koutaba, a fait piètre prestation face à l’Udc. Battu à plate couture, il se murmure dans les coulisses que le directeur général de EDC abhorre la tunique du Rdpc en journée, mais serait l’un des meilleurs soutiens du parti d’Adamou Ndam Njoya, une fois la nuit tombée.

Au final, il y a lieu de reconnaître que le double scrutin a quelque peu modifié le paysage politique camerounais. Avec le vote biométrique, les tripatouillages d’habitude légion, ont considérablement diminué. A cet effet, l’on a assisté à un véritable who is who. Chacun a pu démontrer sa force et les médiocres ont fait étalage de leurs faiblesses.

Surtout, Paul Biya qui constitue très souvent le fonds de commerce et l’épouvantail de ces politiciens du dimanche, n’était pas d’actualité. Il était question pour chacun de faire son bilan et de convaincre l’électorat local. Sur ce point, beaucoup ont été recalés. Conséquence: les tricheurs sont désormais mis à nu. Et ça, Paul Biya s’en souviendra lors de la prochaine distribution des cartes.

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