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Drame d’Eséka: Le Groupe Bolloré visé par des plaintes pour homicides volontaires au tribunal de Nice (France)

AfricaPresse.com

Ecrit Par le 14 Feb 2017 Publié dans la categorie: A La Une, Actualités, Société


Accident de train d'Eseka

Accident de train d’Eseka

Les plaignants mettent en cause la gouvernance du secteur du transport ferroviaire par l’État du Cameroun et le groupe Bolloré, actionnaire majoritaire du chemin de fer camerounais.
Selon Le Nouvel Observateur du 14 février 2017, le groupe Bolloré est visé par des plaintes, notamment pour «homicides volontaires», déposées en France par des représentants des victimes de la catastrophe ferroviaire du 21 octobre 2016. L’accident avait fait 79 morts et au moins 550 blessés près de la gare d’Eséka, à 200 kilomètres au Sud de Yaoundé, la capitale du Cameroun. Le train accidenté, rappelle le magazine, appartenait à la Camrail, une filiale camerounaise, à 77,4%, du groupe Bolloré.

À en croire Maitre Stéphane Enguéléguélé, l’avocat des plaignants, le Syndicat Professionnel des Conducteurs de Train du Cameroun (SPCTC) et le Comité de Libération des Prisonniers Politiques (CL2P) (organisation d’opposition camerounaise basée en France) vont déposer, cette semaine, des plaintes contre X, notamment pour des «faits d’homicides volontaires et de mise en danger de la vie d’autrui». Pour le magazine, même si la plainte est déposée contre «X», c’est clairement la Camrail et le Groupe Bolloré qui sont visés.

«Ces plaintes vont être déposées auprès du tribunal de Nice, d’où est originaire une des victimes françaises tuées dans l’accident de train, ainsi que de Saint-Nazaire, où vivait la victime française blessée dans la catastrophe», a précisé Me Stéphane Enguéléguélé.

Des plaintes pour «homicides involontaires» avaient déjà été déposées début février au tribunal de Nanterre (France), juridiction du Groupe Bolloré. Mais le parquet de Nanterre s’était dit incompétent, car les victimes françaises de l’accident ne dépendaient pas de sa juridiction.

Une nouvelle plainte visant la Camrail et le Groupe Bolloré sera déposée à Nanterre «sur le volet financier» du drame, indique l’avocat des plaignants. Le train, qui assurait la liaison entre Yaoundé et la capitale économique Douala, était bondé lorsqu’il a déraillé. Il circulait à une vitesse “anormalement élevée”, avait noté un haut responsable de l’entreprise Bolloré.

Benoît Assiga, expert ferroviaire, a été désigné le 11 novembre 2016, pour éclairer l’enquête conjointe Police-Gendarmerie mise sur pied par le Procureur général près la Cour d’appel du Centre dans le cadre des investigations portant sur la catastrophe. Selon son rapport, l’opérateur ferroviaire Camrail est «totalement et pleinement responsable» de la catastrophe ferroviaire meurtrière d’Eseka. Michel Calzaroni, chargé de la communication du groupe Bolloré, avait contrattaqué en affirmant que «l’expert qui a rédigé ce rapport est en conflit avec la Camrail qui l’a licencié». «Ses conclusions ne seront pas nécessairement reprises par le rapport définitif que nous attendons», a-t-il ajouté.

Une série de défaillances techniques et administratives par Camrail qui auraient contribué à l’accident. La filiale de Bolloré n’aurait pas respecté les limites en termes de capacité et de poids des wagons. Ainsi, peut-on lire, les plaignants mettent en cause «la gouvernance du secteur du transport ferroviaire par l’État du Cameroun» et s’interrogent sur «les conditions» dans lesquelles la Régie nationale des chemins de fer camerounais a été «privatisée», sur la concession «renouvelée» ainsi que sur «certaines obligations à la charge du concessionnaire [la Camrail] qui ont été manifestement méconnues».

Auteur:

Géraldine IVAHA

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