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Administration provisoire de la CBC: Les Fotso victimes de l’acharnement de Teodoro Obiang Nguéma Mbasogo ?

Publié par Nov 11th, 2009 et classé dans Actualités, Afrique, Cooperation Internationale, Economie, Finance. Suivre toutes les réponses pour cet article par le flux RSS 2.0. Les réponses sont actuellement fermées, mais vous pouvez effectuer un trackback depuis votre propre site.

yves_fotsoLa nouvelle de la mise sous administration provisoire querellée de la Commercial Bank of Cameroon (CBC) a mis la majorité des camerounais dans l’émoi. Moins par le contenu de cette décision à discorde que par la voie opaque qu’elle a empruntée. Avec la complicité de certains camerounais, prêts à porter l’estocade contre le Groupe Fotso, en échange des espèces sonnantes et trébuchantes. Pour le bonheur de la logique expansionniste et hégémoniste de Téodoro Obiang Nguéma Mbasogo. Après l’affaire Air Leasing contre la Guinée Equatoriale il y a quelques mois, voici venue l’affaire de l’Administration Provisoire à problèmes de la CBC, pilotée par une COBAC soupçonnée d’être à la solde de la Guinée Equatoriale. Au regard des dérives observées, la COBAC serait-elle aux ordres ? Enquête !

Pour la majorité des camerounais, la mise sous administration provisoire de la CBC n’est ni plus ni moins que la conséquence d’un règlement d’un compte en provenance de Malabo. Cela, au regard de ces nombreuses divergences qui opposent depuis quelques années Malabo aux intérêts multiformes du Groupe Fotso. En effet, tout est parti de l’affaire de la Commercial Bank – Guinée Equatoriale (CBGE) dont les origines remontent à l’année 2003. Cette année-là, le Groupe Fotso, dans sa stratégie de croissance et d’expansion, avait décidé de s’implanter en République de Guinée Equatoriale pour accompagner le développement économique de ce pays. C’est ainsi qu’après s’être assuré que la Commercial Bank – Guinée Equatoriale (CBGE) remplissait toutes les conditions requises, le Ministère des Finances de la République de Guinée Equatoriale avait saisi la COBAC qui avait rendu un avis conforme, en vue du démarrage effectif des activités de la CBGE, en qualité de Banque Commerciale. Aussi, l’ensemble des investissements nécessaires, tant en matériels qu’en ressources humaines furent-ils réalisés par le Groupe à travers sa filiale, la CBGE.

Contre toute attente et à la surprise générale, celle-ci fut notifiée à la dernière minute d’une décision souveraine de l’Etat Guinéen décidant de stopper l’ouverture de la Banque en se défendant alors de ce qu’il n’était pas question de laisser s’installer une deuxième banque à capitaux camerounais sur le territoire de la Guinée Equatoriale. On y sentait manifestement une collusion mafieuse entre Paul Kammogné Fokam d’Afriland First Bank et la famille présidentielle en Guinée Equatoriale. Les différentes négociations menées avec l’Etat équato-guinéen n’ayant pas abouti, le Groupe Fotso, conformément aux termes de la Convention d’Etablissement signé entre les parties, et compte tenu de ce que la COBAC s’était pliée à la volonté de l’Etat de Guinée Equatoriale n’avait pas d’autres choix à explorer. En conséquence, respectueux des procédures et ayant épuisé toutes le voies de recours à l’amiable, le Groupe s’est vu obligé de recourir à l’arbitrage de la Cour Commune de Justice et d’Arbitrage de l’OHADA. D’où la décision rendue et notifiée le 12 juin 2009 aux deux parties, donnant entièrement raison au Groupe Fotso. Une chose étonnante va pourtant se produire : à la veille des auditions décisives devant conduire au rendu de la sentence arbitrale attendue, et pendant que les différentes parties sont dans l’attente des conclusions des missions d’inspections qui se sont déroulées dans les différentes entités, l’opinion publique va découvrir le 28 novembre 2008, dans les colonnes du Journal à scandales camerounais, Aurore Plus, une annonce tapageuse faisant état de la faillite de la CBC, fleuron du Groupe Fotso et la mise sous Administration Provisoire de cette institution bancaire par la COBAC au cours de ses assises tenues le 26 novembre 2008 à Libreville au Gabon barre.

Bref ! Des informations barrant ainsi la Une de ce journal. Plus curieux encore : durant ces assises, aucune décision allant dans ce sens n’a jamais été prise. Bien plus, le journal se vantera même de « puiser ses informations à bonne source ». Non sans devoir publier, au fil de ses éditions suivantes des extraits de documents émanant de la COBAC, en l’occurrence un certain « Rapport du 26 Novembre 2008 ». En clair, le journal, manifestement mis en mission va se réfugier derrière l’Organe de Contrôle et de Régulation pour « confirmer la faillite de la CBC » et présenter la CBC comme « centre du blanchiment d’argent et de financement du terrorisme ». La COBAC va laisser faire, confirmant la logique d’une cabale destinée à fragiliser le Groupe Fotso et à détruire l’image de son PCA : Yves-Michel Fotso. Elle ne songera nullement à formuler un démenti, ni un rectificatif, si tant est que son rôle consistait à protéger prioritairement les intérêts, voire la vie et la survie des banques de la sous-région en général. A l’évidence, on est en droite ligne d’affirmer que cette publication était en liaison avec l’affaire opposant le Groupe Fotso à la Guinée Equatoriale.

Le but visé était notamment de convaincre le tribunal arbitral de la non viabilité du Groupe Bancaire, et plus précisément de relativiser l’octroi en sa faveur de dommages et intérêts estimés exorbitants. En dépit de cette campagne pernicieuse, et sur la base des auditions menées, la Cour Commune de Justice et d’Arbitrage d’Abidjan va se prononcer en faveur du Groupe Fotso. Malgré cette perspective inscrite courageusement par cette instance arbitrale, l’Etat de Guinée Equatoriale ne s’est pas caché de sa détermination à s’y opposer, à user de tous les moyens ‘’non-conventionnels’’ pour rendre son exécution impossible. Le gérant du journal Aurore Plus se chargera d’ailleurs de distiller cette perspective dans son entourage et dans certains plateaux de télévision au Cameroun. Et pour s’en convaincre, il n’y a qu’à évoquer cette réunion tenue le 23 juin 2009 à Malabo, sur convocation du Chef d’Etat de Guinée Equatoriale et à laquelle vont se bousculer le Gouverneur de la BEAC, le Secrétaire Général de la COBAC flanqué de son Adjoint, le Président de la Commission Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC), ainsi que le Président de la Cour Communautaire de Justice de la CEMAC. Une réunion compliquée, ayant naturellement abouti à l’instruction d’obtenir du Groupe Commercial Bank la renonciation à l’exécution de la sentence arbitrale sous la menace de mettre sous Administration Provisoire l’ensemble de ses entités bancaires et financières du Groupe Fotso. Le cas échéant, l’Etat de Guinée Equatoriale retirerait de la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC) l’ensemble de ses avoirs monétaires aujourd’hui estimés à près de 60% des dépôts.

Faisant fi de toutes ces manœuvres de coulisses visant la déstabilisation du Groupe, l’opinion publique va être prise de cours par le revirement soudain de la position du Secrétariat Général de la COBAC ayant conduit les Commissaires, lors de leur réunion du 30 juin 2009 à Douala, à décider de la mise sous Administration Provisoire de deux entités du Groupe, en l’occurrence, la Société Financière Africaine (SFA) et de la Commercial Bank – Tchad (CBT) pour diverses raisons allant toutes dans le sens « de la gestion qui ne peut plus être assurée de façon normale » à de « graves menaces de la situation financière pour la survie de l’entreprise » en passant surtout par « l’absence de crédibilité du Plan de restructuration adopté par le Conseil d’Administration ». Les décisions ainsi prises vont paraître d’autant plus surprenantes que les plans de restructuration de chacune de ces entités, préalablement soumis à l’appréciation du Secrétariat Général, avaient fait l’objet de plusieurs échanges avec des émissaires de la COBAC avant d’être jugés acceptables, étapes après lesquelles elles ont été soumises aux différents organes délibérants pour adoption avant validation et quitus pour mises en œuvre. Pendant qu’on s’étonne encore de ces décisions, on va assister parallèlement à un durcissement de ton, s’agissant de la Commercial Bank of Cameroon. Avec notamment, la remise en cause des plans de restructuration précédemment convenus et faisant état de nouvelles exigences, etc. couronnées de menaces de mise immédiate sous Administration Provisoire de l’ensemble des entités du Groupe Fotso qui ne l’étaient pas encore. Mis au parfum de la situation, informé des diverses manœuvres en coulisses, l’Etat Tchadien a décidé de s’opposer à la décision prise à l’encontre de la Commercial Bank of Tchad (CBC), car jugée non justifiée vu l’ensemble des engagements pris au travers du plan de restructuration adopté avec l’aval des représentants de l’Etat et en présence de l’observateur de la COBAC .

A l’analyse des faits et autres nouvelles exigences de la COBAC, il apparaitra que les déboires des entités du Groupe Fotso seraient en grande parties liées à son principal promoteur : Yves Michel Fotso. Et pour cause ? Il n’a pas accepté d’abandonner le droit à l’exécution de la sentence arbitrale contre la Guinée. En conséquence, sa tête serait désormais « mise à prix » d’autant que les entités ont été sommées de procéder à « la mise à l’écart de Monsieur Yves Michel FOTSO du Conseil d’Administration et des organes sociaux ». Un acharnement d’autant plus surprenant que, même dans des circonstances de défaillances avérées de certaines Institutions, l’autorité de régulation sanctionne les dirigeants responsables, et non les promoteurs qui, eux, ne disposent d’aucun pouvoir de gestion. Pris dans cette logique, les Fotso paient ainsi le prix de leur insolence: celle d’avoir voulu tenir tête à Obiang Nguéma et son ami Fokam Kamogne. Le Président de la Guinée Equatoriale aura réussi même le pari d’obtenir d’Antoine Tsimi une très risible “tierce opposition” à l’exécution de la sentence attribuant 50 milliards au Groupe Fotso, qui a du reste déjà obtenu l’exequatur” pour l’exécution de sa créance. Quel sera donc le prochain épisode de cette bataille de titans? Difficile de savoir. En attendant, le bon sens commandera sans doute la levée au plus tôt de cette mesure aussi illégitime qu’inutile de mise de la CBC sous administration provisoire qui n’est en réalité que l’exécution d’un “contrat maffieux” par des personnes ayant perdu toute crédibilité dans le monde de la finance.

Pour le reste, il est désormais certain que le Compte rendu qui a été fait pour qu’Essimi Menyé laisse faire les choses est un faux, dixit la RCA et le Tchad. Malheureusement l’argent rendrait la vue même à un aveugle. Ce qui se passe, disent-ils avec la Cobac, est une honte pour les institutions de la sous-région. La RCA et le Tchad devraient ainsi réagir et surtout démentir le fait que les décisions aient été prises à l’unanimité. En ce qui concerne la position du Ministre des Finances du Cameroun, il y a des interrogations, car des informations de la Primature indiquent que des ordres contraires à la position annoncée par la COBAC auraient été donnés à cette personnalité. Toutefois, dès vendredi dernier, des informations qui circulent font état des manœuvres déployées pour faire annuler la sentence arbitrale. Des libanais seraient allés à Abidjan et à Paris proposer d’importantes sommes d’argent pour réaliser cette perspective. Une sorte d’Administration provisoire internationale certainement en vue.

Au total, il reste à regretter qu’une affaire opposant le Groupe Fotso à un Etat de la sous région, fût-il devenu voyou, la République de Guinée Equatoriale en l’occurrence, en soit arrivé à des manœuvres ayant conduit en fin de semaine dernière à la mise sous Administration Provisoire de la CBC, puis de la CBCA, tout en contribuant à vouloir par tous les moyens, et avec la complicité de bien de camerounais, dont Essimi Menye, le ministre des finances ou Antoine Ntsimi, le Président de la Commission de la CEMAC, à vouloir jeter le discrédit sur un Groupe qui s’est constitué, avec régularité, rigueur, et surtout beaucoup de sacrifices et qui s’efforce de s’arrimer à la pointe de l’innovation pour la recherche de produits adaptés à la réalité des économies de la sous région Afrique Centrale dans laquelle il opère. Une perspective qui n’enchante pas la Guinée Equatoriale de Teodoro Obiang Nguema Mbasogo. Affaire à suivre…

Monsieur Anselme Olivier Amatakana est Journaliste et ancien cadre à la BEAC

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