Piloté par l’Office monétique de l’Afrique centrale, le projet prend corps avec la production du premier exemplaire.Une naissance pour inaugurer l’année 2009. L’Office monétique de l’Afrique centrale (OMAC) ne pouvait rêver mieux. Il était 16h35 le vendredi 9 janvier dernier lorsque le bébé a poussé le premier cri. La première carte électronique conçue et produite par l’OMAC produisait ses effets dans un guichet automatique de la BICEC, avec la sortie des billets de banque flambant neufs.
La grossesse a duré trois ans. Trois ans que la BEAC, à travers l’OMAC, son bras séculier dans cette opération, expérimente ce support moderne de paiement. Pour accueillir le nouveau né, trois témoins ont apposé leurs noms sur le registre : Benedict Belibi, délégué général de l’OMAC, le DG de la BICEC et le représentant du gouverneur de la BEAC. CT présente le mode d’emploi du nouvel instrument.
Qui émet cette carte ?
Elle est émise par l’Office monétique d’Afrique centrale qui a reçu mandat de la BEAC de superviser le projet de mise en place de la monnaie électronique dans l’espace Cemac. La banque centrale s’occupant elle-même de la gestion de la monnaie fiduciaire et scripturale. L’OMC a reçu mission depuis 2005 de moderniser les systèmes de paiement en Afrique centrale. La fabrication de cette carte peut être considérée comme l’aboutissement heureux de ce projet qui arrime la CEMAC à la modernité. L’émetteur est donc l’OMAC alors que chaque client en est le porteur.
Qui peut l’utiliser ?
Elle peut être utilisée par tout client d’une banque légalement reconnue au sein de la communauté qui en fait la demande. Mais, pour l’instant, seuls les clients de la BICEC peuvent en faire usage. Cette banque, sans publicité, est la seule, selon l’OMAC, qui est « à niveau ». Pour le moment, c’est elle seule qui peut la traiter. Toutes les banques de la sous région sont donc obligées de s’arrimer aux standards internationaux pour l’exploiter. L’objectif recherché étant qu’elle soit utilisée dans les six Etats. Dans un avenir proche, elle fonctionnera indifféremment au Cameroun, au Gabon, au Tchad, en Guinée Equatoriale, au Congo, en RCA. Deux centraux de traitement connecteront toutes ces banques. La construction de celui de Libreville est achevée. Le second est prévu à Douala.
La carte est-elle sécurisée ?
C’est une carte à piste et à puces avec hologramme. Selon le fabricant, elle répond à la norme EMV (Europay/Mastercard/Visa). Les spécialistes laissent entendre que cette carte sécurisée et personnalisée a été conçue avec les recettes de la dernière technologie (Sagem 4 de carte bancaire) en la matière. Spécificité de ce passeport électronique ? Le premier exemplaire a été pressé, comme les prochains, dans les ateliers de personnalisation de Yaoundé, situés dans un endroit qui reste secret pour des raisons de sécurité, mais visités par CT.
Et maintenant?
L’OMAC se consacre à l’industrialisation et à la vulgarisation de cette carte fabriquée par les ingénieurs camerounais, sous la direction de Bendict Belibi, par ailleurs SG de l’APECAM qui pilote cette réforme. L’OMAC va s’employer à l’immédiat à la démocratiser, à la faire connaître et à la mettre à la disposition de tous les titulaires de compte. Les pourparlers avec les différentes autorités de certification et certaines multinationales telles que Visa, Master Card sont engagés afin que le titulaire de chaque carte Cemac ou Omac puisse l’utiliser partout dans le monde entier. Une véritable révolution. La Cemac vient de franchir un bond technologique.
Cameroon-Tribune : Brice MBEZE











