Les aéroports internationaux de Douala et de Yaoundé-Nsimalen présentent un tableau sombre : les accès aux zones réservées béantes, sans aucun contrôle ; les présences non autorisées dans les parties sensibles des aéroports ; une désinvolture qui frise l’insouciance chez les responsables chargés de la mise en œuvre des mesures de sécurité ; des trafics d’influences et des arnaques de toutes sortes ; des emprises aéroportuaires envahies par les populations avec la complicité de certaines autorités ; des conflits de compétence entretenus à des fins inavouées ou pour des intérêts égoïstes ; une insécurité grandissante pour les usagers des aéroports du fait de la porosité ; des sociétés de gardiennage privées qui exercent sans agrément, des missions régaliennes dévolues à la police et à la gendarmerie sur les aéroports ; les réticences voire le refus de se soumettre aux formalités d’inspection, filtrage… Introduisant la première réunion ordinaire du comité national de sûreté de l’aviation civile pour l’année 2010, Maïgari Bello Bouba ministre d’Etat, en charge des Transports (MINTRANS), a crevé l’abcès. Se refusant d’être complaisant, Bello Bouba pense que si le Cameroun peut se réjouir d’avoir une bonne réglementation en sûreté de l’aviation civile, il y a lieu de reconnaître par contre, que les textes devant constituer le référentiel dans la mise en œuvre des mesures de sûreté sur les plates formes aéroportuaires, ne sont jamais respectés. Pour justifier les insuffisances et manquements du Cameroun en ce qui concerne la mise en conformité du système national de sûreté de l’aviation civile du Cameroun avec les normes de l’organisation de l’aviation civile internationale (OACI), le ministre d’Etat, ministre des transports évoque l’incident relatif au cambriolage d’un aéronef militaire français, survenu le 13 décembre 2009 à l’aéroport international de Yaoundé-Nsimalen.
Pour la petite histoire, on se rappelle que pendant que cet avion était en stationnement sur l’aire de trafic, un cambrioleur s’y est introduit à travers l’une des issues de secours et, selon le commandant de bord et son équipage, a emporté divers effets dont un ordinateur portable. Face à un tel laxisme doublé d’indolence, le chef de l’Etat a pris des mesures de représailles allant jusqu’à relever de leurs fonctions, certains responsables en charge de sécurité. « Cet acte démontre à suffisance la faiblesse des dispositifs de sûreté mis en place dans cet aéroport et même sur l’ensemble des plates formes aéroportuaires camerounaises » avoue Maïgari Bello Bouba. Après la concertation du 14 août 2009 à l’issue de laquelle de fortes recommandations ont été faites, le MINTRANS avoue qu’il est souhaitable pour le Cameroun de respecter les engagements pris dans le cadre de l’accord de financement du projet de renforcement de la sécurité aérienne en Afrique de l’Ouest et du Centre (PRSSAC), qui a commandé l’organisation tous les deux ans, d’un exercice de gestion de crise sur chacune des plates formes du projet.
Tolérance zéro
Interpellant et mettant les membres du comité national de sûreté de l’aviation civile devant leurs responsabilités, le ministre d’Etat, ministre des transports affirme que l’ère des recommandations sans suite est révolue. L’urgence soumet le Cameroun à un changement radical des mentalités ; car il s’agit pour le Cameroun de se mettre au pas des exigences de la communauté internationale en matière de sûreté de l’aviation civile, s’il ne veut pas être mis au banc de touche. Dans le registre des défis qui interpellent le Cameroun, il y a celui de certifier impérativement ses aéroports afin de permettre leur fréquentation par des compagnies étrangères. « Nous invitons le comité à faire un diagnostic sans complaisance des aéroports et à proposer de véritables solutions afin de restaurer l’image que mérite le Cameroun dans le domaine de la sûreté de l’aviation civile » explique Bello Bouba pour qui, rien ne sera plus comme avant car tout le monde sera astreint aux mêmes mesures de contrôle. « Nous avons le devoir de mettre en sécurité, les camerounais qui voyagent, ceux qui vont dans les aéroports accompagner ou accueillir leurs parents ; les étrangers qui viennent visiter notre pays. Nous devons agir au-dessus de toute contrainte » conclut-il.
Par souley.onoholio | Le Messager











