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Emmanuel Etoundi Oyono: « Il est à tout le moins peu compréhensible que le dragage soit donné à un armateur »

Publié par Mar 10th, 2010 et classé dans Actualités, Economie, Societe. Suivre toutes les réponses pour cet article par le flux RSS 2.0. Les réponses sont actuellement fermées, mais vous pouvez effectuer un trackback depuis votre propre site.

Empêché pour des raisons de tenue de mon Conseil d’Administration, et tout en m’excusant, j’ai l’honneur de soumettre à l’Auguste Juridiction de Paris les déclarations suivantes :

1°) Le Parc à bois du Port de Douala a été concédé à la Société d’Exploitation des Parcs à Bois du Cameroun (SEPC) du Groupe Bolloré.

Ce parc dispose d’un important quai devant normalement accueillir des navires embarquant le bois. Mais seules les barges accèdent dans la zone pour aller tirer le bois et l’embarquer dans les navires en escale au terminal à containers : autre concession du Groupe Bolloré dont les navires sont affranchis du paiement des taxes.

Il résulte de ce qui précède que la Société de Dragage de la Côte d’Afrique (SDCA) du Groupe Bolloré qui a la charge de draguer les darses et les pieds de quais ne draguant pas les pieds de quai du parc bois pour subtilement empêcher les navires du Groupe Bolloré à escaler au quai du parc à bois ; chose qui prive le Port de Douala de substantielles taxes devant résulter de leur séjour sur le quai du parc à bois dont le groupe a le monopole de l’exploitation.

2°) La Société de Dragage de la Côte d’Afrique (SDCA) du groupe Bolloré, pour faire le dragage des darses et des pieds de quai dont elle est attributaire du marché, a signé avec le Port un contrat d’affrètement de cette drague « Chantal Biya » : propriété du Port Autonome de Douala. Cet engin ne donne lieu à aucun paiement au Port Autonome de Douala alors qu’il est exploité par le Groupe Bolloré. Le port a également affecté à la SDCA son personnel travaillant avec cette drague. En d’autres termes, c’est le personnel du Port avec la drague du Port que le groupe Bolloré (SDCA) « travaille » et au surplus, c’est le Port qui paie à la SDCA alors que curieusement, c’est le Port (drague et son personnel) qui fait en réalité le travail. Cela est d’autant plus incompréhensible que le « dragage » n’est pas une activité devant être privatisée au regard des textes qui régissent le Port Autonome de Douala.

3°) La SDCA du groupe Bolloré, bénéficiaire du dragage des darses et des pieds de quai est aussi l’entreprise qui fait le sondage sur la base duquel elle se fonde pour aller draguer alors que ces activités doivent être indépendantes et faites par les prestataires différents et indépendants. En effet il était observé que les cartes faites par la Sdca l’étaient davantage pour l’amener à draguer sans réelle nécessité de dragage, mais l’intérêt bien compris de se faire payer d’un dragage fictif. Il suffit de recourir à la lecture des fiches des mouvements des navires pour s’en convaincre. Les navires à grand tirant d’eau escalant au Port alors que la côte était annoncée « ensablée » pour le sondage de la SDCA.

4°) Sur un plan technique, il est à tout le moins peu compréhensible que le dragage soit donné à un armateur. En effet, le port vit de taxes sur les navires qui entrent. Un armateur qui drague indexe son coût de dragage sur les factures de taxes de navires que lui réclame le Port pour neutraliser par compensation la réalisation des recettes portuaires attendues ; c’est ce qui est arrivé au Port de Douala qui s’est retrouvé exsangue du fait des compensations résultant des factures de taxes sur les navires du Port et des factures de dragages présentées par les armateurs au Port et très souvent faites en fonction des intérêts des armateurs soucieux de revaloriser le coût du dragage pour se soustraire au paiement de taxes dues par leurs navires au Port de Douala.

Il n’est pas spécieux de rappeler que je reste disposé à prendre à part à toute autre audience pouvant se tenir subséquemment à la date du 15 décembre 2009 au cas où mon emploi de temps me le permettrait.

Je prie Monsieur le Président de la Juridiction de croire à l’assurance de mon profond respect.

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