L’ONG Transparency international a publié, hier,un nouveau rapport qui interpelle les chefs d’entreprises à travers le monde.
Les entreprises doivent s’opposer à la corruption pour encourager un développement économique durable. Ce phénomène mondial, pratiqué à une grande échelle sous la forme de pots-de-vin, de cartel d’entente sur les prix et d’abus d’influence sur les politiques publiques, coûte des milliards et entrave le cheminement vers une croissance économique durable. Telle est la substance du nouveau rapport mondial sur la corruption en 2009 publié par l’ONG Transparency international (TI). A cet effet, une conférence de presse a réuni hier, au siège du Groupement inter patronal du Cameroun (Gicam), la presse, les chefs d’entreprises, les membres de TI Cameroun dont le directeur exécutif Léopold Nzeusseu.
Ayant pour thème « la corruption et le secteur privé », ce rapport montre comment les pratiques de corruption forment une force destructrice qui affaiblit les bases d’une compétition équitable, étouffe la croissance économique et en fin de compte, oblige l’entreprise à se saborder elle-même. Un constat se dégage : au cours des deux dernières années, les entreprises ont dû, à la suite de pratiques corrompues, s’acquitter d’amendes qui leur ont coûté des milliards de dollars. D’autres dégâts collatéraux s’ajoutent au coût financier, comme l’atteinte au moral des salariés et la perte de confiance parmi les consommateurs et les partenaires commerciaux potentiels.
Le rapport fait état de nombreux cas de cadres dirigeants, d’actionnaires majoritaires et d’autres intervenants de l’entreprise qui abusent du pouvoir qui leur a été confié à des fins personnelles, et ce, au détriment des propriétaires, des investisseurs, des salariés et de la société dans son ensemble. Dans les seuls pays en développement et en transition, les sociétés qui sont de connivence avec les politiciens corrompus et les fonctionnaires d’Etat ont accordé jusqu’à 40 milliards de dollars (près de 20 000 milliards de Fcfa) par an en pots-de-vin.
Pour la présidente de TI, Huguette Labelle, il est essentiel d’encourager une culture basée sur l’intégrité de l’entreprise si l’on veut protéger l’investissement, accroître les succès commerciaux et assurer une stabilité que recherchent de la même manière les pays pauvres et les pays riches. A l’en croire, les sociétés qui ont mis en place des programmes de lutte contre la corruption ainsi que des lignes de conduite éthiques subissent moitié moins d’incidents de corruption et sont moins susceptibles de perdre des opportunités commerciales que les autres sociétés. L’intégrité de l’entreprise va, bien au-delà de simples bénéfices ou retours sur investissement. Le secteur privé a un rôle crucial à jouer dans la prévention des conséquences de la corruption, en agissant avec transparence et responsabilité à chaque fois qu’un profit se présente.
Eric Vincent FOMO, Cameroon Tribune











