Cet espace attire des commerçants des différents marchés de Yaoundé à cause de ses prix relativement bas.
La place du marché de Nkometou grouille de monde ce dimanche 18 janvier 2009. Il n’est que 9 h, mais certaines femmes qui constituent la majorité des commerçants s’apprêtent déjà à rentrer chez elles. Celles qui ont encore de la marchandise appellent les potentiels clients en langue Eton. Sur la route qui borde le marché, des voitures sont garées. Toutes les malles arrière sont ouvertes. Un signe qui montre que la voiture est disponible pour transporter les marchandises. Les clients du marché de Nkometou sont en majorité des femmes. Celles-ci se faufilent aisément entre les vivres étalés sur les sacs à même le sol. Le marchandage entre vendeurs et consommateurs est relativement de courte durée. Sabine, une habituée des lieux, est commerçante de fruits et tubercules au quartier Nkolmessen à Yaoundé. Dans ce marché situé à quinze kilomètres de la capitale politique, elle s’active à faire ses derniers achats, principalement des papayes. Pendant ce temps, un homme charge la quinzaine de régimes de bananes qu’elle vient d’acheter dans la malle arrière d’une voiture.
Sabine trouve son compte dans cette activité commerciale qu’elle mène depuis plusieurs années. Pour ce jour, elle a effectué des achats d’une valeur de 26 000Fcfa. Comparé aux années antérieures, cette dernière note une légère hausse des prix au marché de Nkometou. “ Je fais mes achats ici tous les dimanches depuis plus de cinq ans. Mais les denrées deviennent de plus en plus chers à cause des consommateurs individuels. Ceux-ci sont de plus en plus nombreux à fréquenter ce marché. Et ils ne marchandent pas assez comme les revendeurs, du coup, les vendeuses augmentent les prix, et c’est nous qui subissons, car on achète en plus grande quantité ”, raconte Sabine. Les produits qui abondent dans ce marché sont principalement constitués de tubercules. Macabo, manioc, patates… se vendent en sceaux, en sac ou en tas. Ici, un sceau de 15 litres de macabos est proposé à 2500 Fcfa. Le même coûterait 3500 Fcfa dans les marchés de Yaoundé. Le sceau de patates est proposé à 1800Fcfa, contre 2500 Fcfa dans les marchés de la capitale. A Nkometou, le demi sac de manioc quant à lui est disponible à 1800Fcfa contre 2200 Fcfa à Yaoundé. Le Sceau de maïs de 15 litres revient à 3500Fcfa au lieu de 4000 Fcfa dans les marchés de Yaoundé.
Deux raisons expliquent ces ventes à bas prix. “ Beaucoup d’entre nous vendent les fruits de leurs récoltes champêtres, et elles ne se déplacent pas de très loin pour arriver au marché. Ce sont en général des autochtones ”, explique une vendeuse de patates. Et d’ajouter : “ Ces vivres coûtent bien moins cher à une certaine heure de la matinée. A cette heure ci (9h30 Ndlr), il se fait déjà tard. Les mamans du village sont déjà rentrées. Les vivres sont déjà de seconde ou de troisième main. Et ça revient plus cher. Pour faire de bonnes affaires, Il faut être là dès 6 heures ”, explique-t-elle. Des commerçants de Yaoundé se déportent également dans ce marché qui ne s’ouvre que le dimanche, pour y faire du commerce. C’est le cas de Blaise, vendeur de poisson sec. “ Je préfère vendre ici le dimanche parce que c’est un jour d’approvisionnement dans la zone. De ce fait les ventes sont plus considérable qu’à Yaoundé ”, conclut-il.
Par Edith DJUIDJE (Stagiaire). Le Messager











