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Finances publiques : Où est passé l’emprunt obligataire de l’Etat du Cameroun?

Publié par Sep 7th, 2010 et classé dans Actualités, Economie. Suivre toutes les réponses pour cet article par le flux RSS 2.0. Les réponses sont actuellement fermées, mais vous pouvez effectuer un trackback depuis votre propre site.

3 mois de la fin de l’exercice budgétaire, le lancement de l’opération devant permettre de compléter le budget 2010 reste attendue.
Dans la rubrique des ressources du budget 2010 de l’Etat du Cameroun, le gouvernement a prévu le lancement, à la bourse des valeurs mobiliaires de Douala (Dsx), d’un emprunt obligataire de 200 milliards de Fcfa. Cet argent qui devait compléter l’enveloppe budgétaire globale du pays arrêtée en recettes et en dépenses à 2570 milliards de Fcfa, devait servir au financement des projets structurants en cours d’exécution au Cameroun. Mais, alors que l’on s’achemine inexorablement vers la fin de l’exercice budgétaire 2010 et la préparation du budget 2011 qui sera adopté par l’Assemblée nationale en novembre prochain, le premier emprunt obligataire de l’histoire du Cameroun demeure attendu et suscite de plus en plus d’interrogation, notamment du point de vue de son effectivité cette année.
Pourtant, de sources proches du dossier, beaucoup d’avancées ont déjà été faites dans la préparation de cette opération. Il s’agit notamment du recrutement par appel d’offres de trois prestataires de services d’investissements (Psi), qui devront jouer le rôle d’interface entre les souscripteurs et la Dsx.

Pour cette opération, l’Etat, apprend-on de bonnes sources, a fait confiance à trois banques de la place, à savoir la Sgbc, la City Bank et Afriland First Bank. Ces intermédiaires de bourse, selon nos sources, ont déjà demandé et obtenu auprès du comité de pilotage de l’emprunt obligataire créé au ministère des Finances et présidé par le directeur général du Trésor, Hamadou Sambo ; toutes les informations statistiques et macroéconomiques permettant de constituer le dossier et de préciser les caractéristiques de l’emprunt obligataire de l’Etat du Cameroun.
Mais, à en croire nos sources, le déclenchement de l’opération proprement dite reste suspendu à un décret du chef de l’Etat, dont le projet est en souffrance depuis «plus de deux mois à la présidence de la République», révèle une source très bien informée. Laquelle explique : «Vous savez que pour signer les conventions avec des partenaires internationaux, le président de la République signe généralement un décret habilitant le ministre de l’Economie à signer au nom de l’Etat du Cameroun.

Pour l’emprunt obligataire, un décret habilitant le ministre des Finances à lancer l’opération pour le compte du gouvernement doit également être signé».
Ce blocage devient de plus en préjudiciable à l’opération dans la mesure où, en ce mois de septembre débutant, l’on est à trois mois seulement de la fin de l’exercice budgétaire. Une fin d’exercice marquée, apprend-on de sources autorisées, par de vives tensions de trésorerie, à cause de la mobilisation d’énormes ressources déjà consentie ou devant être consentie par les pouvoirs publics ; notamment pour l’organisation des cinquantenaires de l’Indépendance et de la Réunification (52 milliards de Fcfa), la mobilisation urgente de 20 milliards sur les 40 milliards nécessaires à l’organisation avant la fin de cette année du comice agro-pastoral d’Ebolowa, les préparatifs du cinquantenaire des armées prévu à Bamenda…

Budgets amputés
Ces dépenses ne pouvant pas être réglées par les recettes douanières et fiscales elles-mêmes en baisse, révèlent nos sources, le gouvernement a dû sérieusement amputer les budgets initiaux de tous les départements ministériels, allant jusqu’à des coupes de 60% comme cela a été le cas pour le ministère de la Recherche scientifique et de l’Innovation.
Dans cette même optique, l’enveloppe budgétaire du ministère des Travaux publics a été amaigrie de 47%, de même que celui du ministère des Finances. Aussi, bien que l’emprunt obligataire soit prioritairement destiné à financer les projets structurants, certaines sources avisées n’hésitent plus à y voir une bouée de sauvetage pour améliorer l’exécution du budget 2010, visiblement en difficulté. Traduction : une partie des retombées de cet emprunt obligataire pourrait être utilisé pour satisfaire certains besoins de fonctionnement de l’Etat.
Au demeurant, à trois mois de la fin de l’exercice, est-il encore possible de lever 200 milliards de Fcfa sur le marché financier du Cameroun ? A cette question, les experts répondent par l’affirmative, soutenant que l’opération peut être bouclée en un mois, à partir du moment où le décret habilitant le Minfi à lancer l’opération est signé par le président de la République. Les mêmes analystes pensent que le gouvernement se doit de lancer cette opération, s’il tient à respecter son engagement de démarrer certains projets structurants cette année.

En effet, si le financement du barrage de Lom Pangar dont le lancement des travaux est prévu en décembre prochain est déjà bouclé (160 milliards de Fcfa ont été mobilisés au cours d’une table ronde des investisseurs il y a un an à Yaoundé), le gouvernement est encore à la recherche de financements pour la construction du port en eau profonde de Kribi, dont le premier coup de pioche devrait être donné en novembre prochain, si l’on s’en tient au chronogramme du comité de pilotage de ce projet. Et puis, dans une récente interview à Cameroon Tribune, le Dg de Camairco, Van Elk, annonçait le vol inaugural de cette compagnie aérienne publique créée depuis 2005 pour le 28 mars 2011.
D’ici à ce décolage, il faudra trouver des moyens pour faire fonctionner (achats ou location des aéronefs, payement des salaires et autres charges) cette entreprise à capitaux publics. L’emprunt obligataire est certainement une réponse à toutes ces sollicitations.

Brice R. Mbodiam

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