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Recrutement: 10 000 personnes pour 600 places

Publié par Mar 15th, 2010 et classé dans Actualités, Economie, Societe. Suivre toutes les réponses pour cet article par le flux RSS 2.0. Les réponses sont actuellement fermées, mais vous pouvez effectuer un trackback depuis votre propre site.

La branche camerounaise de la multinationale Maersk, dans l’objectif de renforcer ses effectifs au sein de ses différentes représentations en Afrique centrale, a organisé une séance de recrutement tous azimuts. Le point de départ de cette initiative était le passage obligatoire pour tous les postulants à un test psychotechnique de 12 minutes dans une salle de conférence de l’hôtel Sawa qui compte environ 110 places assises. Avec un appel à candidature libre et ouvert, « si vous êtes titulaire du baccalauréat ou d’un diplôme universitaire et capable de réfléchir et d’agir avec confiance et faire face à des lourdes responsabilités, alors vous avez de quoi vous joindre à nous entre 9h et 16h ». Les organisateurs n’ont pas vu venir le « tsunami humain », car c’était sans connaître les réalités du chômage au Cameroun que de passer pareille annonce en ligne.

Dès 7 heures, la cour de l’un des fleurons en hôtellerie de la région du Littoral, a été prise d’assaut par des milliers de jeunes dont l’âge oscillait entre 20 et 35 ans. L’hôtel Sawa, progressivement, ressemblait à un campus universitaire à la rentrée. Selon un responsable de Maersk, qui a requis l’anonymat, l’entreprise « ne s’attendait pas à une telle participation ». Selon certaines indiscrétions, 600 places étaient à pouvoir mais là, « nous avons près de 10.000 personnes. Nous sommes débordés », souligne cet agent de Maersk venu superviser le test. Au milieu de ce capharnaüm, l’entreprise ne sait plus à quel saint se vouer. Les candidats sont « trimbalés » entre l’hôtel Sawa et l’immeuble siège sis à la place de l’Udeac (2 km environ, Ndlr). C’est dans ces navettes qu’une jeune dame visiblement atteinte d’hypoglycémie, s’est évanouie. Car plusieurs d’entre eux ont l’estomac sous les talons. «Depuis le matin, personne n’a pu mettre quelque chose sous la dent. C’est la mort d’une personne qui va peut-être faire bouger ces gens de Maersk», dira un candidat à la vue de ce spectacle pour le moins invraisemblable. Fort heureusement, plus de peur que de mal, elle a repris connaissance par le concours de ses compagnons d’infortune. Mais très fatiguée, elle a dû abdiquer.

Organisation

Selon Yvette qui réside à Yaoundé, « on ne doit pas traiter les gens de la sorte, fussent-ils des chômeurs ». Et de poursuivre, « c’est déplorable qu’une entreprise de cette trempe, ne puisse pas être proactive, au point de trouver une solution intermédiaire même si nous sommes dix mille », reproche-telle. Effectivement, des manquements criards dans l’organisation, dans la communication ont été relevés. Dans un premier temps, on vous demandait la carte d’identité nationale (CNI), ensuite la photocopie de la CNI et finalement on parlait d’une inscription sur un format A4 où «l’on mentionne son nom et son numéro de téléphone ! » « Malgré tout ce tohu-bohu, pense Arthur, considérant cette myriade de personnes, l’entreprise aurait gagné en crédit, si elle avait communiqué ; quitte à nous demander de partir. Maintenant, je me demande comment nous rentrerons en possession de nos CNI ».

A 17 heures, seuls quelques privilégiés parviennent à accéder à la salle des conférences, et, sporadiquement, quelques CNI sont dispatchées. Dans la cour de l’hôtel, le scénario est impressionnant, des jeunes sont désespérément assis sur le gazon, d’autres, chaussures en mains sont déboussolés, ils ne savent pas où se trouvent leurs pièces d’identités. Sandrine, la vingtaine, avec une mine patibulaire, est convaincue qu’elle rêve. En effet, sa CNI est introuvable. « Je reste persuadée que cette histoire est un canular. C’est inimaginable pour un mastodonte comme Maersk. Je suis déçue de constater qu’elle a mal à son organisation », déclare-t-elle dépitée. La distribution des pièces d’identité n’est pas différente du marché aux puces de « Mokolo » ou de « Nkololoun » pendant les heures de pointe. Il est 17h45mn, quand la responsable du test prend un microphone pour dire à l’adresse des candidats qui pour la plupart ne la suivent pas : « le test est annulé, parce que vous êtes indisciplinés ». Si l’on n’a pas enregistré des heurts, la glace de la porte d’entrée de la salle de conférence a été brisée face à la pression des jeunes déterminés à passer le test.

Pouvoirs publics interpellés

La présence de ces dix mille jeunes personnes (provenant des quatre coins du Cameroun), traduit à n’en pas douter, la problématique de l’emploi dans ce pays. Pour 600 places, on a dix mille postulants qui bravent le soleil et la pluie. Les pouvoirs publics doivent un tant soit peu s’interroger sur la question et y trouver des solutions efficaces et adéquates.

Jacques Willy Ntoual, Le Messager

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1 Réponse pour “Recrutement: 10 000 personnes pour 600 places”

  1. kas says:

    on doit tout simplement chasser cette boîte de notre pays, ce sont des incapables

Commentaires fermés

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