Des tensions entre les syndicats de transporteurs et le Bgft à Ngaoundéré menacent d’hypothéquer les activités de gestion du fret.
Le torchon brûle toujours malgré la rencontre presque avortée entre l’Inter-Syndicale de l’Union pour le Transport et le Bureau de Gestion du Fret Terrestre pour l’Adamaoua, dont Aladji Bobbo en est le chef. Malgré la présence d’une mission du Bgft dépêchée de Douala aux fins de s’enquérir des multiples griefs formulés contre cette structure dans la région et d’apaiser les tensions des différents transporteurs de la ville, la guéguerre persiste. Hamadou Djika, coordonnateur national de l’Inter-syndicale et Alhadji Issa Maroua, transporteur, sont formels “les choses doivent changer. Tous les syndicats sont égaux et maintenant nous sommes à l’ère du pluralisme. Les textes qui octroyaient tous les droits au Sntrc, seul interlocuteur du Bgft sont caducs. Nous existons aussi. Nous voulons tout d’abord siéger au conseil d’administration et de gestion du Bgft et ensuite, il faudrait que le Ministre revoie les textes du Bgft car la plupart ne sont plus d’actualité ” clament-ils courroucés.
Seulement, la rencontre proposée par M. Dalhatou et Ovono Noah Louis François du Bgft il y a quelques semaines n’a pu avoir véritablement lieu. Car les membres de l’Inter-Syndicale Union pour le transport, une fusion de trois syndicats ne veulent s’adresser qu’à leur hiérarchie c’est-à-dire directement à Gounoko Haounaye, Ministre des Transports. Toutes choses qui visiblement ont heurté les mandataires.
Parmi les multiples revendications, “la suppression de plusieurs frais illégaux que nous continuons de payer à ce jour. Notamment la commission du réseau de communication et d’assistance en cours de route qui s’élève à 2000 Fcfa. Depuis 1993, explique Hamadou Djika, le projet n’a jamais été réalisé et la venue des téléphones portables a tout modifié. Les communications se font à travers nos téléphones. Cet argent doit nous être restitué et le plus dur est que l’on nous coupe toujours ces frais.
Aussi, les frais de la commission d’information qui s’élève à 500 Fcfa et les frais de la commission calculée sur la base de 500 Fca par tonne de marchandise doivent être revus à la baisse. Nous voulons que ces frais soient proportionnels aux recettes. Un audit serait également la bienvenue à cette structure qui s’enrichie dans notre dos depuis 15 ans ” indique Hamadou Djika, membre très actif de l’Inter-Syndicale Union pour le transport.
Toutes choses qui font sourire les membres du Bgft, car soutient M. Dalhatou “Il y a un gros problème de compréhension des textes et un problème de personnes. S’ils disent que les textes sont caducs, c’est qu’ils renient même l’autorité du Ministre des Transports. Nous ne faisons qu’appliquer les ordres de la hiérarchie. S’ils demandent la modification des textes, la personne la mieux indiquée est le Ministre des Transports, pas nous “.
Amalgame
Ovono Noah, l’autre mandataire indique ” nous ne comprenons pas cet acharnement sur le chef de bureau du Bgft pour l’Adamaoua et nous avions l’impression que c’est un problème de personne. ” Le Bgft à sa création en 1994 est venu répondre d’abord aux besoins des transporteurs camerounais. Mais aussi aux besoins des transporteurs Tchadiens et Centrafricains qui n’avaient que pour seul interlocuteurs que le Ministère des transports. Dans ces deux pays, existaient déjà des relais de l’Etat notamment le Bnft (bureau National de Fret Tchadien) et celui de la Centrafrique. C’est alors que par décret présidentiel, le Bgft a vu le jour. M. Dalhatou explique qu’ ” un seul syndicat existait, celui le Syndicat National des transporteurs Routiers du Cameroun (Sntrc).C’était notre seul interlocuteur et bien évidemment il siège au conseil d’administration au même titre que Camrail. ”
Cet état de chose irrite davantage les transporteurs parce que selon eux, Camrail ne devrait pas siéger au conseil car la régifercam à été liquidé et par conséquent le siège de la régifercam devrait revenir aux autres syndicats et non à Camrail. Ce que la commission réfute par d’autres arguments : ” Ce n’est pas de notre devoir d’apprendre les textes aux transporteurs, M. Djika, coordonnateur de ce syndicat était à l’origine de la création du Bgft et membre du Sntrc, peut-être fait-il semblant d’ignorer les textes, la Camrail a été remplacé par la société Régifercam par un contrat de concession, c’est-à-dire que la Camrail prend tous les passif et actif de cette Société. Ce qui est tout à fait compréhensible “.
Somme toute, les querelles autour de ce géant gâteau demeure, le syndicat des transporteurs campe sur sa décision, le Bgft ne doit plus avoir un seul interlocuteur qui est le Sntrc, car selon Hamadou Djika, le Sntrc étant le seul syndicat à représenter les transporteurs celui-ci s’accapare des parts de marché et ne redistribue qu’aux adhérents de son syndicat.
Claudia Engouté. Mutations











