Un nouveau dispositif permet à la douane de déterminer en temps réel la position géographique d’une marchandise en transit sur le territoire camerounais. La chasse aux fraudeurs est ouverte
Avec l’entrée en vigueur des accords de partenariat économique, les recettes douanières vont s’amenuiser comme une peau de chagrin. Les statistiques données par les responsables du ministère de l’économie font état de 100 milliards de Fcfa de perte chaque année pour ce qui est du Cameroun. D’où l’impératif pour la douane camerounaise, de maximiser ses recettes. Ceci passe par une traque permanente des opérateurs économiques véreux, et autres importateurs véreux, ceux qui réussissent le pari de faire entrer leurs produits sur le territoire camerounais sans avoir payé les droits de douane. Bien plus, certains importateurs font passer leurs marchandises pour des produits en transit c’est-à-dire exemptés des droits de douane. Une fois la cargaison sortie de l’espace portuaire, il est revendu sur le marché camerounais. Il y’avait donc un impératif de surveillance des marchandises sorties du port de Douala. Le ministère des finances via la direction générale des Douanes vient de mettre sur pied un système de suivi et de contrôle des marchandises sous douane sur le territoire camerounais. “ C’est une trouvaille révolutionnaire qui va permettre à la douane de vérifier l’effectivité de sortie du territoire camerounais d’une marchandise déclarée en transit, cela va aussi permettre à la douane de savoir à temps réel, où se trouve tel conteneur sorti de l’espace portuaire… ” Explique un inspecteur des douanes. Cette surveillance des marchandises sous douane sur le territoire camerounais sera fait à l’aide d’un système de géolocalisation de type Global Positionning System (Gps). Ce dispositif sera piloté par la direction générale des Douanes, et devrait déterminer en temps réel la position géographique du moyen de transport et de sa cargaison du territoire douanier national grâce à des relevés électroniques, selon une instruction du ministre des Finances Essimi Menye. La couverture géographique concerne les itinéraires homologués et les points de référence. Le dispositif mobile est constitué de matériels mobiles (embarqués sur le moyen de transport) et fixes, et celui en charge du suivi des mouvements de marchandises consistera en la centralisation et à l’analyse des informations renvoyées par les points de référence. Le nouveau système vise à certifier la sortie du Cameroun des marchandises prises en charge par le Gps. On attend les résultats.
Menve’ele et Natchigal : les conflits de compétence obstruent les barrages
Qui de la présidence de la République ou du ministère de l’Energie et de l’eau est chargé de la gestion du secteur de l’énergie électrique au Cameroun ? Mieux, qui doit en répondre en cas de carence constatée ? Ce questionnement n’est pas dénué de fondement. Les plaintes du ministre de l’Energie et de l’eau à sa hiérarchie directe sont assez significatives du double emploi observé dans le déploiement des acteurs en charge de ce secteur d’activité, et surtout dans la gestion des grands projets énergétiques à l’instar des barrages hydroélectriques de Menve’ele et Nachtigal. Illustration : “J’ai l’honneur de vous faire tenir pour la haute information de monsieur le Premier ministre, chef du gouvernement, les copies des correspondances que le ministre chargé de mission à la présidence de la République, président du comité de pilotage du secteur énergie, m’a fait parvenir et par lesquelles, il convoque la 17e séance plénière du Cpe dont ci-joint l’ordre du jour qui fait redondance avec les activités suivies au quotidien au ministère de l’Energie et de l’eau. Mon principal collaborateur, à savoir le directeur de l’électricité qui suit au quotidien l’ensemble des projets en revue n’est pas invité ”. Cette correspondance du ministre Jean Bernard Sindeu adressée au Premier ministre au mois de janvier 2008 illustre à souhait la cacophonie au sommet de l’Etat pour ce qui est de la conduite des travaux de deux ouvrages. Réagissant à cette correspondance, Inoni Ephraïm crée une cellule – auprès du projet d’aménagement hydroélectrique de Memve’ele – rattachée au ministère de l’Energie et de l’eau. A la réalité, la Présidence, la Primature et des membres du gouvernement se disputent la gestion de ces projets. Et les conflits de compétence et les tacles irréguliers ont en effet fini d’installer un malaise profond entre les acteurs chargés de gérer ce secteur d’activité. “ L’émiettement des comités et des responsabilités dans le cadre des projets d’aménagement hydroélectrique (Lom-Pangar, Nachtigal ou de Memve’ele) est le symbole des enjeux souterrains et des batailles larvées entre les composantes d’un puzzle censées travailler à accroître l’offre d’énergie électrique au Cameroun. ” regrette un cadre de Aes Sonel. Conséquence de ces batailles souterraines, les deux projets prennent du retard.
Apport en énergie
Le barrage de Menve’ele qui à terme fournira 200 Mw dans le réseau accuse déjà un énorme retard si l’on s’en tient au chronogramme défini en 2005 par le comité de suivi du projet hydroélectrique et l’ingénieur conseil Coyne et Bellier. Alors que le projet devait être terminé en 2011, on en est encore qu’au stade de balbutiements. Les plus optimistes soutiennent que le projet ne sera prêt dans le meilleur des cas qu’à l’orée 2013. Et le manque à gagner est considérable : 200 Mw de moins dans le réseau électrique, d’importantes rentrées financières issues de la vente de cette énergie (six potentiels acheteurs parmi lesquels la Guinée Equatoriale avaient manifesté leur intention d’acquérir une bonne partie de la production).
Plus de 140 milliards de Fcfa sont nécessaires pour la réalisation de cet ouvrage. Le projet devrait en principe se faire sur le modèle du “ Built Operate and transfert). La part du Cameroun sera financée par la Beac. Pour ce qui est du barrage de Nactchigal, c’est depuis 2006 que les travaux de cet ouvrage étaient prévus pour démarrer. Différentes études, notamment sur l’impact environnemental ont déjà été réalisées de même que la consultation des populations des régions riveraines du projet. De l’avis des observateurs ce projet du barrage de Nachtigal sur la Sanaga est sans doute le plus porteur d’espoir sur les perspectives de développement du secteur de l’énergie au Cameroun. Les experts estiment la capacité de production du barrage de Nachtigal entre 350 et 400 Mw. L’on attend toujours le démarrage des travaux de réalisation de cet ouvrage. L’aménagement du barrage du Nachtigal est évalué à 250 milliards de francs. Le projet de Menvé’élé coûtera 142,3 milliards de francs. Un véritable pactole que des lobbys tapis à la présidence de la république, au premier ministère ou au ministère de l’Eau et de l’énergie rêvent de contrôler le pactole.
Par Léopold CHENDJOU. Messager











