La balade fait presque flipper. Le point culminant, c’est lorsque les barques abordent le lieu de « mariage » entre les fleuves Sanaga et Mbam… La pleine magie d’Ebebda, que le ballet de plongées qu’offrent les creuseurs de sable contribue à rendre encore plus envoûtante… La tentation de se laisser aller aux plaisirs exotiques est très grande. Mais la conscience du devoir l’emporte finalement, au sein de l’équipe du ministère des Travaux publics, conduite par le conseiller technique n°1, Bouba Hamadou, représentant le ministre Bernard Messengue Avom, à la réception provisoire des travaux de réhabilitation du pont d’Ebebda, le plus long ouvrage d’art du Cameroun, avec ses plus d’un kilomètre. C’était lundi dernier, sur le chantier récemment achevé.
Autour de la semelle de la 25e pille, il reste des installations qui donnent un aperçu du travail qui a été effectué ici. Une sorte de barrière de fer permet de chasser les eaux autour du « pied » pachydermique. Les experts de l’entreprise Razel, maître d’œuvre des travaux qui ont duré environ 20 mois, expliquent que cette partie de l’ouvrage était particulièrement endommagée, et qu’il a fallu colmater de graves fissures qui l’avaient attaquée. De manière générale, c’est un peu de cela qu’il a été question sur l’ensemble du pont. Les principales interventions ont concerné la prévention des corrosions, la réparation et la protection du béton et des armatures, la protection générale des bétons. Ces travaux qui font partie d’un programme commun Cameroun-coopération allemande, ont aussi concerné trois autres ouvrages, notamment les deux viaducs de Bangangté et le pont sur le Noun, pour un montant d’environ 4,2 milliards de francs CFA. De source proche du ministère des Travaux publics, une deuxième phase du programme devrait être mise en œuvre dans les prochains mois, pour la réhabilitation de deux ponts dans la zone d’Edéa. Une bonne nouvelle qui n’occulte cependant pas les problèmes récurrents des ouvrages d’art, parents pauvres de l’entretien routier au Cameroun.
L’attention qu’on accorde généralement aux routes n’est de toute évidence pas la même pour les ponts, viaducs et autres ouvrages d’art. Et, pour ne rien y arranger, ils subissent sans relâche les agressions des usagers, précipitant ainsi leur vieillissement. Surcharges, agressions directes, conduite dangereuse, etc., ne sont pas rares. Pour le pont d’Ebebda, vieux de plus de 25 ans, les conséquences de ces actes d’incivisme sont aujourd’hui un souvenir. Les experts lui donnent d’ailleurs 20 à 30 ans de garantie, après les travaux qui ont été provisoirement été réceptionnés lundi. Cette échéance, comme l’a expliqué le chef de la mission de contrôle technique, ne sera possible que si on intègre à sa gestion un aspect protection du patrimoine routier.
Serges Olivier OKOLE. Cameroun Tribune











