Widgetized Section

Go to Admin » Appearance » Widgets » and move Gabfire Widget: Social into that MastheadOverlay zone

Remaniement ministériel : Le bouclier perdu de Jean-Baptiste Bokam

AfricaPresse.com

Ecrit Par le 10 Mar 2018 Publié dans la categorie: A La Une, Actualités, Cameroun, Edito de la semaine


EDITO

          En perdant son poste au gouvernement, l’ancien secrétaire d’Etat à la défense chargé de la gendarmerie perd aussi un bouclier et s’expose aux sollicitations de la justice.

L’opinion nationale ne s’est pas beaucoup appesantie sur ce fait. Pourtant, la sortie du gouvernement de Jean-Baptiste Bokam est, avec celle de Martin Belinga Eboutou, le principal fait marquant du remaniement ministériel du 2 mars dernier. Le remplacement de Jean-Baptiste Bokam à la tête du secrétariat d’Etat à la défense, chargé de la gendarmerie, le fameux SED, par Galas Yves Landry Etoga est anecdotique pour au moins deux raisons.

La première est que l’intéressé était et demeurait l’un des plus célèbres cumulards de la scène politico-économique camerounaise. En effet, en plus de coiffer la gendarmerie camerounaise depuis 2006, il était aussi le président du conseil d’administration (PCA) de la Banque internationale du Cameroun pour l’épargne et le crédit (BICEC). Deux hautes responsabilités qu’il avait conservées nonobstant les récriminations et les dénonciations de la société civile, de la classe politique et de la presse contre les cumuls de fonctions dans notre pays. Le fait le plus curieux ici étant que ce poste de PCA, il le tient depuis l’époque où cette banque s’appelait BICIC (Banque internationale pour le commerce et l’industrie du Cameroun) avant de devenir la BICEC à partir de 1997.

La deuxième est que cette sortie du gouvernement survient au moment où le procès du détournement de quelque 50 milliards de FCFA à la BICEC vide ses exceptions devant le tribunal de grande instance (TGI) du Wouri à Douala ; avec bientôt l’ouverture des débats au fond du dossier. Une affaire dans laquelle le PCA, désormais déchargé de ses fonctions politiques qui lui auraient assuré une certaine immunité, pourrait jouer finalement un grand rôle. Bien sûr qu’il n’est pas pour l’instant mis en cause dans cette affaire ; puisque le PCA n’est pas responsable de la gestion de la banque au quotidien. Il a lui-même déclaré en décembre 2017 lors d’une conférence de presse qu’il n’était en rien impliqué dans cette vaste affaire. Mais, nul ne peut, à l’heure qu’il est, prédire les rebondissements que pourrait avoir cette affaire tout au long de son déroulement qui peut s’étendre sur plusieurs mois, voire plusieurs années. Et surtout, il n’est pas exclu qu’il soit par exemple cité à comparaître comme témoin par l’un des nombreux accusés ou même par le ministère public ou la partie civile. En tout cas, si tel était le cas, il n’y aurait a priori plus d’obstacle pour que l’on voit cette personnalité devant la barre du TGI du Wouri.

De toutes les façons, les derniers événements montrent que toutes les cartes sont encore sur la table et que toutes les options restent ouvertes. Et si Jean Baptiste Bokam se retrouvait demain devant la barre du TGI du Wouri, ce ne serait pas un cas isolé, encore moins une première.

Entre 2006 et 2008, le colonel Edouard Etondé Ekoto a comparu comme accusé devant la même juridiction pour détournement de deniers publics au port autonome de Douala (PAD) dont il était le PCA au moment des faits. Il fut d’ailleurs condamné, y compris en appel avant d’être acquitté en 2014 à l’issue d’un pourvoi en cassation. Mais, il avait passé sept ans en détention.

En 2008, Louis-Claude Nyassa, PCA du Chantier naval et industriel du Cameroun et secrétaire général de l’Assemblée nationale à l’époque dut lui aussi comparaître devant le TGI du Wouri comme témoin du ministère public. Pendant plusieurs audiences il fut soumis aux interminables questions des différentes parties à ce procès en détournement de deniers publics.

Présenté comme malade et hospitalisé hors du pays au moment du remaniement ministériel du 2 mars dernier, Jean Baptiste Bokam risque de se rendre compte, à son retour au pays, qu’il n’a pas seulement perdu un poste de prestige, mais qu’il a aussi perdu dans la foulée un bouclier qui, en temps normal, l’aurait à coup sûr exempté des sollicitations de la justice.

AfricaPresse: Valery Tcheumtchwa

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *